Politique

«Matante Christine»: Julie Snyder critique Éric Duhaime et défend la première ministre Fréchette

«Matante Julie est bien tannée qu’on affuble les femmes de railleries triviales.»

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Julie Snyder pose à son arrivée à la cérémonie des Prix Olivier, à Montréal, le dimanche 29 mars 2026. Julie Snyder pose à son arrivée à la cérémonie des Prix Olivier, à Montréal, le dimanche 29 mars 2026. (Graham Huf/La Presse canadienne)

Certains propos tenus la semaine dernière par le chef conservateur Éric Duhaime à l’encontre de Christine Fréchette sont inacceptables pour Julie Snyder.

Mercredi, la productrice a soutenu dans une publication sur les réseaux sociaux que M. Duhaime s’était montré indigne d’un candidat à la fonction de premier ministre en affublant Mme Fréchette du qualificatif de «matante».

«Je sais que tu as déjà traité de “mononcle” François Legault et ce n’est pas mieux non plus; mais historiquement les femmes subissent plus de commentaires blessants de ce genre que les hommes», dénonce Mme Snyder.

«Matante Julie est bien tannée qu’on affuble les femmes de railleries triviales. Éric, traiter notre première ministre de “matante”, ce n’est pas digne de quelqu’un qui aspire à la plus haute fonction», poursuit-elle.

Au moment d’écrire ces lignes, la publication avait récolté un millier de commentaires, la très grande majorité appuyant la prise de position de Julie Snyder.

Des élus de la CAQ dénoncent les propos d’Éric Duhaime

La semaine dernière, de nombreux élus caquistes avaient fustigé la sortie d’Éric Duhaime.

«Ça manque totalement d’élégance [...] C’est inadmissible de traiter un premier ministre de cette façon au Québec», a lancé Martine Biron, ministre responsable de la Condition féminine et de l’Éducation supérieure, dans les couloirs de l’Assemblée nationale.

«Matante Christine»: des élus de la CAQ dénoncent les propos d’Éric Duhaime Des élus caquistes se sont indignés jeudi des propos du chef conservateur Éric Duhaime, qui a surnommé la première ministre «matante Christine» lors du lancement de sa campagne dans Bellechasse la veille.

Le ministre des Affaires municipales, Samuel Poulin, estime que c’est en raison de propos comme ceux-ci qu’Éric Duhaime «ne sera jamais premier ministre au Québec». «Les propos qu’il a tenus à l’endroit des femmes sont inacceptables. Vraiment, un très mauvais atterrissage en Chaudière-Appalaches».

Pour la ministre du Sport, Kariane Bourassa, ce genre de propos n’aident pas à attirer des femmes en politique.

«Je pense qu’en 2026, on est ailleurs. Ça n’élève pas le débat (...) Des commentaires comme ceux-là, je pense que ça nuit à la cause des femmes», a-t-elle affirmé en mêlée de presse jeudi dernier à l’Assemblée nationale.

Lors d’une entrevue accordée aux médias de Québecor jeudi, M. Duhaime s’est défendu de l’utilisation du terme, soulignant qu’il s’en était servi pour désigner le «paternalisme des politiciens».

Sans présenter d’excuses comme le demandent les troupes caquistes, il s’est engagé à ne plus utiliser le terme.

«J’utilisais l’expression mononcle François à l’époque quand monsieur Legault était là. Il semble que matante, ça passe moins bien», a-t-il dit lors de l’entrevue.

Éric Duhaime a refusé la demande d’entrevue de Noovo Info.

La députée conservatrice Maïté Blanchette Vézina a réagi et a accusé la CAQ de vouloir détourner l’attention des réels enjeux.

«La véritable indignation qu’on devrait avoir aujourd’hui, c’est que Christine Fréchette ne connaît pas la dette du Québec. Elle est première ministre et a été ministre de l’Économie», a répliqué la députée de Rimouski.

Avec de l’information de Julien Denis pour Noovo Info