Ébranlée par la «misère humaine» dans les rues du Québec, Pauline Marois ne se gêne pas pour qualifier la hausse de l’itinérance de «crise humanitaire». Et ça se passe chez nous, déplore l’ex-première ministre.
En entrevue sur les ondes de Noovo Info, Mme Marois avance qu’il était temps qu’un gouvernement fasse de l’itinérance sa priorité.
En effet, le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon a révélé vendredi - en guise du première annonce du Parti québécois (PQ) depuis son arrivée au pouvoir - un déblocage de 28 M$ d’urgence dédiés à la lutte contre l’itinérance cet hiver. Sur cette somme, près de 18 M$ sont destinés à la région métropolitaine de Montréal.
Un geste salué par Mme Marois, qui se dit «fière» d’avoir milité pour que la lutte contre l’itinérance devienne un «projet d’envergure».
«Je suis très contente que le premier ministre ait agi rapidement et qu’il comble les besoins de court terme. Ça reste un signal important», a-t-elle lancé.
Or, il y aura toujours du chemin à faire. Mme Marois s’est dite choquée de voir de jeunes femmes enceintes en situation d’itinérance.
«On n’accepterait jamais que quelqu’un de notre entourage vive ce que vivent les itinérants», a-t-elle ajouté. «Il faut se révolter là-dessus et se battre surtout. Je suis fière, car je crois que le message a bien passé.»
L’ancienne première ministre déplore que les derniers gouvernements n’ont pas réalisé d’intervention majeure, alors que l’itinérance a explosé pendant la pandémie de COVID-19 et que l’on ait «nié» la crise du logement.
PSPP accuse la CAQ d’avoir créé la crise de l’itinérance
On estime qu’environ 12 000 personnes vivent actuellement en situation d’itinérance au Québec. En campagne électorale il y a quelques semaines, le PQ a indiqué qu’il avait comme objectif de réduire ce nombre de moitié au cours des quatre prochaines années.
Le dernier dénombrement, réalisé en avril 2025, a montré que l’itinérance visible au Québec avait augmenté de 20 % par rapport à 2022. Des hausses ont été observées dans les 13 régions étudiées.
Lors de l’annonce à l’Accueil Bonneau, à Montréal, le premier ministre St-Pierre Plamondon s’est permis de critiquer l’ancien gouvernement, l’accusant d’avoir «créé une crise du logement de toute pièce».
Il a ajouté «qu’on est devant des causes assez profondes, notamment une crise du logement qui s’est développée en l’espace d’une décennie, mais qui fait en sorte que des aînés ne sont plus capables de payer leur loyer, donc ils se retrouvent dans la rue».
Il a comparé la situation à «un jeu de chaises musicales, où il n’y a pas assez de chaises pour le nombre de personnes et ça crée des drames humains épouvantables».
À voir dans la vidéo.
- Avec de l’information de Julien Denis

