Politique

Les nouveaux droits de douane sont des coups de semonce, dit un sénateur américain

«Je pense que le président s’en sert probablement comme d’un moyen de pression.»

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Le sénateur de l'Iowa, Chuck Grassley (à gauche), discute avec le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, à Des Moines, le 14 août 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Kelly Geraldine Malone Le sénateur de l'Iowa, Chuck Grassley (à gauche), discute avec le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, à Des Moines, le 14 août 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Kelly Geraldine Malone)

Le sénateur de l’Iowa, Chuck Grassley, estime que la menace du président américain Donald Trump d’imposer de nouveaux droits de douane sur toute une série de produits canadiens devrait «servir de signal d’alarme pour le Canada».

«Je pense que le président s’en sert probablement comme d’un moyen de pression», a mentionné M. Grassley, vendredi, lors d’un entretien avec La Presse Canadienne à la Foire d’État de l’Iowa, à Des Moines.

Bien que ce républicain de longue date ait été un fervent défenseur du programme de Donald Trump au Capitole, il n’a cessé d’exprimer son soutien au libre-échange malgré le durcissement progressif de la politique tarifaire du président.

M. Grassley croit qu’il n’y a rien de mal à ce que le Canada et les États-Unis mènent des négociations difficiles, mais qu’on ne peut pas les laisser discréditer l’accord commercial trilatéral connu sous le nom d’ACEUM.

«Ces négociations ne peuvent pas servir à détruire l’ACEUM», a soutenu M. Grassley.

Les responsables canadiens ont intensifié les négociations commerciales avec leurs homologues américains ces dernières semaines, après que Donald Trump eut signé un décret visant à imposer des droits de douane de 50% sur une série de produits canadiens à compter du 19 août.

Les impacts de nouveaux droits de douane sur la gestion de l’offre inquiètent l’industrie laitière C’était au tour de représentants de l’industrie agroalimentaire de rencontrer la première ministre Christine Fréchette. Au cœur des discussions, la gestion de l’offre, un soutien essentiel à la stabilité financière des producteurs agricoles.

L’administration Trump affirme que ces nouveaux droits de douane constituent une réponse aux interdictions provinciales visant les alcools américains, au système canadien de gestion de l’offre dans le secteur laitier et aux quotas imposés sur certains véhicules américains.

Plusieurs provinces ont retiré les alcools américains de leurs rayons l’année dernière après que Donald Trump eut imposé des droits de douane sur les produits canadiens.

Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, qui était également présent vendredi à la foire de l’Iowa, a qualifié les discussions avec le Canada de «constructives», mais n’a donné aucun signe laissant présager qu’un accord pourrait voir le jour dans les jours précédant l’entrée en vigueur des nouveaux droits de douane.

Contrairement à la plupart des autres droits de douane instaurés par M. Trump, ces nouveaux droits ne prévoiraient aucune exemption pour les marchandises conformes à l’ACEUM.

L’ACEUM a été négocié sous la première administration Trump pour remplacer l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Ces négociations, parfois houleuses, ont constitué un test décisif pour Ottawa, mais les trois pays sont finalement parvenus à un accord.

L’administration Trump a affirmé en juillet qu’elle ne prolongerait pas l’ACEUM pour 16 années supplémentaires. Cela a déclenché un processus d’examen annuel continu qui se poursuivra pendant une décennie, à l’issue de laquelle l’accord expirerait si les trois pays ne s’entendaient pas sur une prolongation.

M. Trump a semé le doute sur l’avenir de l’accord, le qualifiant d’«obsolète» et affirmant qu’il avait peut-être fait son temps.

Le Mexique et les États-Unis ont entamé des négociations officielles sur l’ACEUM, mais aucune discussion de ce type n’a encore débuté entre Ottawa et Washington.

Selon les observateurs politiques, les dernières menaces tarifaires de M. Trump visent à contraindre le Canada à s’asseoir à la table de négociations.

M. Grassley affirme depuis longtemps que l’ACE doit rester en vigueur. Il a souligné vendredi que M. Trump souhaitait «peaufiner» légèrement l’accord et a accusé le Canada de ne pas respecter ses engagements au titre de l’ACEUM concernant l’accès au marché des produits laitiers.

«Je pense que nous allons entretenir des relations très amicales avec le Canada et que nous devrions entretenir des relations amicales avec le Canada, a indiqué M. Grassley. L’ACEUM devrait se poursuivre.»

M. Grassley s’est joint à M. Greer et à Kelly Loeffler, administratrice de l’Agence fédérale pour les petites entreprises, à la Foire de l’État de l’Iowa.

Cette foire attire un million de visiteurs en dix jours, ce qui en fait une étape incontournable pour les responsables politiques espérant remporter des voix avant les élections de mi-mandat de novembre.

Alors que M. Greer s’entretenait avec les médias locaux, les habitants et les acteurs influents du secteur agricole, la question de l’état d’avancement des négociations commerciales avec le Canada a été régulièrement abordée.

Tout en réitérant les critiques de l’administration concernant les déficits commerciaux et le système canadien de gestion de l’offre, il a également déclaré qu’il y aurait toujours des échanges commerciaux entre le Canada et les États-Unis.

Le ministre du Commerce Canada-États-Unis, Dominic LeBlanc, et Janice Charette, négociatrice en chef du Canada, restent à Washington ce week-end pour poursuivre les négociations.

Kelly Geraldine Malone

Kelly Geraldine Malone

Journaliste