Le respect de l’affichage et du service client en français n’est pas encore tout à fait parfait dans le Grand Montréal, mais on s’y rapproche, selon les résultats d’une enquête de l’Office québécois de la langue française (OQLF) mené en 2025.
Des enquêteurs de l’OQLF ont visité des commerces de trois grandes artères du grand Montréal, soit ceux du boulevard Taschereau, du boulevard des Laurentides et du Quartier latin.
«Il s’agit de la première opération dans ce secteur et de cette envergure», a fait savoir à Noovo Info François Laberge, porte-parole et conseiller en relations publiques pour l’OQLF.
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Le but? Vérifier si la nouvelle réglementation relative à la nette prédominance du français dans l’affichage extérieur des commerces de grandes artères commerciales était respectée. L’opération visait également à évaluer la conformité de la langue de service, des factures et des terminaux de paiement dans les commerces visités - qui doit être le français comme le prévoit la Charte de la langue française.
Les résultats? Globalement, le service en français était disponible dans 98% des commerces visités. L’OQLF ajoute que le français occupait un espace «nettement prédominant» dans 92% des affichages extérieurs, et que les factures et les terminaux en français présentaient des taux de conformité qui étaient respectivement de 89% et de 87%.
«Au total, 217 entreprises présentaient au moins un élément à corriger, ce qui correspond à un taux de 23 %», précise-t-on dans les chiffres.
Boulevard Taschereau
L’OQLF a visité 470 commerces du boulevard Taschereau (Rive-Sud) lors de son enquête. Ce sont 80% des commerçants qui ont été qualifiés de «conforme».
Des lacunes ont été soulevées chez seulement 4% des commerçants pour la langue de service, chez 8% pour l’affichage public extérieur, chez 9% des commerçants pour les factures et chez 11% pour les terminaux de paiement.
«Le boulevard Taschereau a le plus grand pourcentage de commerces ne pouvant offrir le service en français», précise l’OQLF dans son bilan.

«Les entreprises doivent s’assurer que le personnel qui est en contact avec le public a une connaissance du français suffisante pour répondre aux demandes de la clientèle. Il est important qu’il y ait toujours un ou plusieurs employés capables d’informer et de servir le public en français. C’est sur ces éléments que les analyses ont porté», a précisé François Laberge.
En réaction, le président-directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud, Jean-François Lévesque, a qualifié les résultats de l’enquête de l’OQLF de «très positifs» et «reflètent l’engagement des entreprises de la Rive-Sud envers le français».
«Nous ne sommes pas surpris de cette mobilisation, puisque nous observons depuis longtemps une volonté réelle des entreprises de faire des affaires en français. Cela dit, l’ampleur des résultats demeure impressionnante et mérite d’être soulignée, d’autant plus qu’ils s’inscrivent dans des milieux d’affaires variés et en pleine croissance», a ajouté M. Lévesque.
Boulevard des Laurentides
Concernant le boulevard des Laurentides à Laval, ce sont 417 commerces qui ont reçu la visite d’un inspecteur de l’OQLF en 2025.
«L’opération de surveillance a permis de constater que les commerces du boulevard des Laurentides ont le taux de non-conformité global le plus important», précise l’OQLF dans la présentation des résultats, ce taux étant de 25%.
La plus grande part de lacunes soulevées par l’OQLF se retrouve au sein des terminaux de paiement avec 14% de non-conformité.

Quartier Latin
«Les commerces situés dans le Quartier latin affichent les taux de conformité les plus faibles en matière d’affichage public extérieur, de factures et de terminaux de paiement», précise l’OQLF dans le résumé de son enquête.
Dans le Quartier latin, ce sont 109 commerces qui ont été visités. Le taux de conformité global aux règles en matière de langue française est de 76%.

L’OQLF précise avoir communiqué avec les commerces non conformes afin de les informer des exigences de la Charte de la langue française et de les accompagner dans la mise en place de mesures de correction. «Dans les cas de manquements mineurs, une intervention de sensibilisation a été effectuée, alors que, dans les autres cas, des corrections ont été exigées des commerces non conformes», conclut-on.

