Le chef du Parti conservateur du Canada (PCC), Pierre Poilievre, demande au gouvernement fédéral de supprimer toutes les taxes fédérales sur le diesel jusqu’à la fête du Canada, le 1er juillet, dans le cadre d’une série de revendications formulées en amont du budget fédéral qui sera présenté le 5 novembre.
Dans une lettre adressée au premier ministre Mark Carney, M. Poilievre soutient que la suspension à la pompe de la taxe de vente harmonisée (TVH) sur le carburant jusqu’à l’été et la suppression définitive du règlement sur les combustibles propres permettraient aux Canadiens de faire des économies, qui leur permettraient de servir à l’achat de produits alimentaires ou de jouets pour Noël.
Il demande également au chef libéral de réduire ce qu’il qualifie de dépenses «inutiles» et «inflationnistes», ajoutant que le gouvernement devrait alléger la bureaucratie. Le gouvernement fédéral s’est engagé à réduire les effectifs de la fonction publique de 10 % d’ici la fin de l’exercice 2028-2029, ce qui entraînera la suppression d’environ 40 000 emplois.
La lettre appelle également le gouvernement Carney à tenir ses promesses de réduire à la fois le ratio dette/produit intérieur brut (PIB) et le ratio déficit/PIB.
M. Poilievre affirme que tenir sa parole en matière de réduction de la dette et du déficit en pourcentage du PIB est le strict minimum que le premier ministre Carney peut faire.
Le chef conservateur a tenu dimanche une conférence de presse aux côtés de la Fédération canadienne des contribuables. Il s’est exprimé devant un camion sur lequel était affiché le «Compteur de la dette du Canada».
«Carney avait promis des prix abordables, mais tout coûte plus cher depuis son arrivée. Carney est déconnecté de la réalité, ses dépenses sont hors de contrôle et les Canadiens n’ont plus d’argent», a-t-il déclaré.
Au milieu de la conférence de presse, l’affichage du «Compteur de la dette du Canada» s’est éteint et le personnel s’est empressé de le réparer.
Le Bureau de la directrice parlementaire du budget (DPB) prévoit que le gouvernement fédéral n’atteindra pas son objectif budgétaire consistant à maintenir une tendance à la baisse du ratio déficit/PIB; au contraire, il s’attend à ce que ce ratio augmente en 2027-2028 et en 2029-2030.
Le DPB prévoit également un déficit de 63,3 milliards $ pour l’exercice 2026-2027, en baisse par rapport à la prévision de 71,8 milliards $ figurant dans ses perspectives de juin. Il estime que le déficit annuel atteindra un pic de 70,2 milliards $ l’année suivante.
M. Poilievre estime que le gouvernement Carney affiche le déficit le plus élevé jamais enregistré en dehors de la pandémie de COVID-19, ainsi que le niveau de dépenses le plus élevé en pourcentage du PIB depuis la crise de la dette des années 1990.
Pour le chef conservateur, M. Carney a contribué à faire grimper le coût des dépenses de base, que les gens n’ont plus les moyens d’assumer.
«Vous aviez promis l’abordabilité. La réalité est que tout est plus cher depuis votre arrivée au pouvoir. Bien que vous ne puissiez pas contrôler ce qui se passe en dehors du Canada, vos décisions au niveau national n’ont fait qu’empirer les choses», peut-on lire dans la lettre.
Le ministre fédéral des Finances et du Revenu national, François-Philippe Champagne, a déclaré que le budget qu’il déposera jeudi aux Communes présentera «les prochaines étapes de notre plan visant à bâtir un Canada plus fort, plus résilient et plus abordable».
Le prochain plan budgétaire sera le deuxième présenté sous la direction de M. Carney et intervient alors que l’économie canadienne est confrontée à de forts vents contraires liés aux droits de douane américains et à d’autres forces géopolitiques.
Depuis son entrée en fonction, M. Carney s’est efforcé de réorienter les dépenses fédérales, en les détournant du fonctionnement quotidien de l’État pour concentrer les emprunts sur un programme d’infrastructures ambitieux.
L’économie canadienne a fait preuve d’une certaine résilience au deuxième trimestre, mais la croissance subit de nouvelles pressions depuis l’échec des négociations commerciales avec les États-Unis en août.
«Votre budget devrait faire économiser de l’argent aux Canadiens, protéger leurs emplois et mettre le Canada d’abord», a dit M. Poilievre dimanche.
