Politique

La directrice parlementaire du budget s’inquiète du niveau d’endettement du gouvernement Carney

«Il y a indéniablement de nouveaux risques lorsque l’on s’engage dans cette voie.»

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La directrice parlementaire du budget, Annette Ryan, se prépare à comparaître devant un comité parlementaire, sur la colline du Parlement, à Ottawa, le mardi 16 juin 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Justin Tang La directrice parlementaire du budget, Annette Ryan, se prépare à comparaître devant un comité parlementaire, sur la colline du Parlement, à Ottawa, le mardi 16 juin 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Justin Tang)

La directrice parlementaire du budget du Canada exprime ses inquiétudes quant au niveau d’endettement du pays, alors que le gouvernement fédéral s’apprête à présenter son budget dans un peu plus d’une semaine.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

La directrice parlementaire du budget a publié mardi ses dernières prévisions économiques, qui tablent sur un ralentissement de la croissance du PIB réel du pays et attribuent la responsabilité de cette situation à la guerre tarifaire menée par les États-Unis contre le Canada. Ces perspectives laissent également présager des difficultés pour la dette du gouvernement fédéral et le coût de son service, puisqu’elles prévoient une hausse du ratio de la dette par rapport au PIB au cours des prochaines années.

La baisse du ratio du déficit par rapport au PIB constitue l’un des piliers budgétaires du gouvernement fédéral. Toutefois, selon Annette Ryan, les frais liés au service de la dette représentent «la composante des dépenses gouvernementales qui connaît actuellement la croissance la plus rapide».

«Le terme “pilier” peut sembler fort pour dire que ces dépenses seront maîtrisées, mais gardez à l’esprit […] que le gouvernement a un programme très, très expansionniste», a expliqué Mme Ryan à Vassy Kapelos, animatrice de l’émission Question Period sur CTV, lors d’une entrevue qui sera diffusée dimanche, lorsqu’on lui a demandé ce que cela signifiait pour la santé financière du gouvernement.

Elle a également cité les projets des libéraux concernant les pipelines et le train à grande vitesse comme exemples de dépenses de grande envergure.

«Et dans les deux cas, ils dépensent beaucoup et empruntent beaucoup», a-t-elle soutenu.

«Je tenais donc à souligner ce point, car ces “ancres” s’apparentent davantage à des feux de circulation qu’à une ancre qui maintient les dépenses à un niveau bas.»

—  Annette Ryan, directrice parlementaire du budget

Le gouvernement fédéral classe ses dépenses de deux façons : les dépenses en immobilisations et les dépenses de fonctionnement. Le mois dernier, le premier ministre Mark Carney a affirmé que son gouvernement était en bonne voie pour équilibrer son budget de fonctionnement d’ici 2027-2028, soit un an plus tôt que ce qu’il avait initialement promis.

Mme Ryan prévoit toutefois que le gouvernement fédéral manquera cet objectif d’un an.

Développant la métaphore des feux de circulation plutôt que celle des ancres, elle a expliqué qu’il semblait que le gouvernement fédéral n’hésitait pas à donner le feu vert aux dépenses en immobilisations, tandis que les dépenses de fonctionnement, plutôt que de se voir attribuer un feu rouge, se situaient davantage au niveau du jaune.

«Les recettes sont en forte hausse», a soutenu la directrice à Vassy Kapelos. «Les dépenses de fonctionnement sont elles aussi en forte hausse.»

«En ce qui concerne cette ancre, nous avons procédé à une évaluation dans notre rapport et avons essentiellement conclu qu’elle n’assure qu’une discipline budgétaire limitée, puisqu’elle n’empêche pas les dépenses», a-t-elle poursuivi.

Évoquant le déficit en pourcentage du PIB, Mme Ryan a indiqué que l’emprunt public au cours des cinq prochaines années devrait augmenter — et se concentrer en fin de période —; ainsi, bien que le déficit se soit « légèrement amélioré » cette année, il sera plus grave d’ici cinq ans.

Lorsque Mme Kapelos lui a demandé si cela l’inquiétait, Mme Ryan a répondu qu’elle «tenait à signaler aux parlementaires qu’il s’agit là d’un sujet de préoccupation certain».

«Cela concerne les dépenses de défense; vous obtenez donc un actif lié à ces dépenses en espèces, qui sera comptabilisé à mesure qu’il s’amortira», a-t-elle expliqué. «Mais une grande partie de cet argent — un écart de 400 milliards de dollars — ira aux sociétés d’État, aux prêts et aux fonds spéciaux qui échappent de peu au contrôle parlementaire.»

«Dans la mesure où le gouvernement fait preuve de transparence et de responsabilité, je pense que cela atténue ce niveau d’inquiétude», a-t-elle ajouté. «Mais il y a indéniablement de nouveaux risques lorsque l’on s’engage dans cette voie.»

Annette Ryan a déclaré qu’en tenant compte de tous ces éléments, la première chose qu’elle examinera dans le budget fédéral du 5 novembre sera le déficit, et plus précisément son évolution à moyen terme.

Avec des informations de Stephanie Ha pour CTV News