La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, espère que l’élection de Paul St-Pierre Plamondon et du Parti québécois (PQ) permette un renforcement de la collaboration entre Québec et la métropole.
Mme Martinez Ferrada a rappelé que la circonscription de M. St-Pierre Plamondon, Camille-Laurin, est voisine du campement Notre-Dame et en a profité pour l’inviter à agir sur l’enjeu de l’itinérance.
«On a besoin de solutions durables, de logements et d’une implication accrue du réseau de la santé pour accompagner nos citoyens les plus vulnérables, ceux qui sont dans la rue», a-t-elle lancé lors d’une conférence de presse au lendemain de l’élection.
Lorsqu’il a évoqué ses priorités dans sa première journée en tant que premier ministre élu mardi, Paul St-Pierre Plamondon a justement placé la question de l’itinérance au cœur de ses priorités.
Il s’est dit prêt à sortir le chéquier pour réduire de moitié le nombre de personnes en situation d’itinérance sur le territoire québécois. On parle notamment de convoquer un grand «rendez-vous» rassemblant tous les acteurs du milieu et de débloquer une somme de 100 millions de dollars par année pour les banques alimentaires de la province.
Bravo à PSPP et à Fréchette
La mairesse de Montréal s’est dite à collaborer dès maintenant avec le gouvernement de M. St-Pierre Plamondon, pas seulement au bénéfice de ses concitoyens, mais «pour l’ensemble du Québec».
Commentant une conversation téléphonique tenue plus tôt dans la journée avec le premier ministre élu, Mme Martinez Ferrada s’est dite sure de voir un partenariat viable avec Québec.
Si elle a félicité le nouveau premier ministre pour son élection, Mme Martinez Ferrada a aussi tenu à souligner le travail de Christine Fréchette, qui a annoncé mardi sa démission comme cheffe de la CAQ, après avoir échoué à faire élire un seul député à l’Assemblée nationale et avoir été défaite dans sa circonscription.
«Elle a porté un peu plus loin les ambitions, les rêves et les combats de tant de femmes. Je veux saluer son message d’aujourd’hui où elle dit à toutes les jeunes femmes qui envisagent une carrière en politique [d’oser]», a-t-elle lancé.
Lundi soir, Mme Martinez Ferrada avait déjà félicité le chef péquiste, se disant «prête à travailler avec le gouvernement du Québec lorsque l’intérêt des Montréalais est en jeu».
«Sur l’itinérance, l’habitation, le transport collectif et nos infrastructures, les défis exigent une collaboration forte, lucide et constructive entre nos gouvernements», avait-elle insisté dans une publication relayée sur les réseaux sociaux.
L’arrivée au pouvoir de M. St-Pierre Plamondon met fin à huit ans de gouvernement caquiste. Alors qu’il a fait élire 59 députés d’après les données préliminaires sur l’élection de lundi, il formera un gouvernement minoritaire.
Les demandes de Montréal
Pendant la campagne électorale, en août dernier, Mme Martinez Ferrada avait interpellé les partis en lice pour présenter ses demandes.
Elle avait identifié trois «grandes crises» ébranlant la qualité de vie et la prospérité de la métropole: une crise humaine en lien avec l’itinérance, le logement, la santé mentale et les dépendances, une crise des infrastructures et de la mobilité et une crise d’enjeux majeurs de sécurité.
«Montréal fait sa part. On a investi davantage, on a adapté nos services, on soutient les organismes de première ligne. Mais force est de constater qu’une large partie des réponses à ces crises relève du gouvernement du Québec», avait relevé la mairesse de la métropole.
La mairesse avait ajouté qu’il n’était pas normal que les Montréalais doivent «compenser chaque fois que les ressources ne sont pas au rendez-vous».
Itinérance et logement
Pour endiguer la crise de l’itinérance, Soraya Martinez Ferrada demandait la création de 3200 places en hébergement d’urgence, ouvertes 24/7 et financées de façon récurrente, dont 500 places saisonnières et trois centres d’urgence spécialisés en santé mentale et dépendances d’ici l’été 2027, 2000 logements de transition avec accompagnement.
Elle souhaitait aussi obtenir «45 % des enveloppes des programmes d’habitation allouées à Montréal, afin que le financement reflète l’ampleur des besoins dans la métropole».
Infrastructures et mobilité
Pour faire face aux multiples enjeux concernant les infrastructures et la mobilité dans sa ville, Soraya Martinez Ferrada demandait un financement «stable, prévisible et suffisamment flexible».
Elle souhaite en effet maintenir et développer ses infrastructures d’eau pour protéger les Montréalais contre les pluies extrêmes et les inondations, moderniser les actifs «vieillissants» de la Société de transport de Montréal (STM) pour préserver la fiabilité du réseau, développer un projet structurant de transport collectif pour l’Est de Montréal et «assurer la pleine participation de Montréal et de la STM à la planification et à la conception des grands projets de transport collectif».
Sécurité
Estimant que les enjeux de sécurité auxquels est confrontée Montréal ont le potentiel de nuire à son attractivité, la mairesse Martinez Ferrada demandait que soient reconduits les investissements en sécurité publique et urbaine et «une plus grande prévisibilité des parcours migratoires», en plus de la levée des restrictions visant Montréal.
«Ça veut dire plus de policiers pour assurer la sécurité 24/7 dans des secteurs qui ont des grands besoins [...] On demande plus de moyens en cybersécurité pour protéger nos jeunes ciblés sur les réseaux sociaux», plaidait-elle.
«Pour que les gens continuent de venir travailler, étudier, visiter et profiter de Montréal, ils doivent se sentir en sécurité. Nous avons perdu énormément de gens à Montréal», déplorait Mme Martinez Ferrada.
En lien avec le rayonnement de la métropole, elle veut aussi que le centre-ville soit reconnu d’un statut particulier et un soutien accru à la culture montréalaise, au Palais des congrès et à l’attraction de «grands événements internationaux».
