La tragédie de Côte-des-Neiges réveille de douloureux souvenirs pour les membres du collectif PolySeSouvient - un important groupe de défense du contrôle des armes à feu - qui réitère jeudi l’urgence d’interdire au Canada les nouvelles ventes de carabines semi-automatiques SKS.
«On ne peut passer à côté des similitudes avec la fusillade de masse à Polytechnique», a affirmé le groupe jeudi dans un communiqué. «À cette époque tout comme aujourd’hui, des armes disponibles légalement ont été utilisées pour commettre de multiples assassinats ou tenter de le faire. De même, la haine envers les femmes et la violence ont été rendues possibles par l’accès à des armes puissantes.»
«Nous sommes aux côtés de la communauté de Côte-des-Neiges et de tous les Montréalais qui sont en deuil, sous le choc et indignés par cette violence effroyable.»
— PolySeSouvient
La police n’a pas encore identifié le type d’arme utilisée par le tireur qui a ouvert le feu lundi dans le quartier Côte-des-Neiges, mais des images circulant sur Internet montrent qu’il semblait s’agir d’un SKS.
PolySeSouvient est d’avis qu’il est «indéfendable» que le SKS reste une arme à feu légale, accessible à toute personne titulaire d’un simple permis de possession d’arme. «Le Canada autorise toujours l’achat et la circulation d’armes d’assaut de type militaire au sein de nos communautés. Quels que soient les autres facteurs en jeu, cette attaque n’aurait pas pu avoir lieu sans l’accès à une arme à feu puissante».
«Le Canada doit mettre fin à cette mascarade dès maintenant. Les événements du 22 juin ne laissent aucune place à l’excuse : les armes conçues pour la guerre n’ont pas leur place entre les mains de civils.»
— PolySeSouvient
Armes à feu : un régime à revoir?
Depuis mai 2020, Ottawa a interdit environ 2500 types d’armes à feu au motif qu’elles n’ont leur place que sur un champ de bataille. Il n’a toutefois pas interdit le SKS qui a pourtant été utilisé pour tuer des policiers et lors d’autres fusillades très médiatisées ces dernières années.
Ottawa affirme mener actuellement un vaste examen du régime canadien de classification des armes à feu.
PolySeSouvient réclame un «calendrier précis et accéléré» pour les consultations et les mesures réglementaires concernant les SKS déjà en circulation.
«Le rythme actuel est indéfendable et aucun échéancier n’a été annoncé, a dénoncé PolySeSouvient. Ces armes restent largement disponibles, sont régulièrement associées à des actes de violence et font l’objet d’une indulgence qu’elles ne méritent pas.»
Ottawa a mis en place un programme d’indemnisation destiné aux propriétaires d’armes à feu interdites qui remettent ou désactivent leurs armes. «Dans l’état actuel des choses, les propriétaires qui déclarent leurs armes à feu interdites dans le cadre du programme de rachat peuvent utiliser l’argent public pour acheter un nouveau SKS», déplore PolySeSouvient.
La fusillade de lundi a coûté la vie à Mohamed Lamine Benredouane, un policier de 34 ans, ainsi qu’à Michel Moshe Mizrahi, un citoyen de 68 ans. Le tireur a été abattu. Une policière a aussi subi des blessures sérieuses.

