Le chef libéral, Charles Milliard, a fouetté ses troupes réunies en Conseil général samedi en présentant sa formation politique comme étant la seule résolument fédéraliste face à un Parti québécois qui veut la séparation du reste du Canada et la Coalition avenir Québec qui est dans le «camp du Noui».
«Sur la question référendaire, les caquistes tergiversent. Certains se disent dans le camp du Non. D’autres sont de fiers souverainistes», a-t-il lancé aux quelques centaines de militants libéraux réunis au Delta de Sherbrooke.
Le chef libéral faisait référence au fait que le ministre Jean Boulet a dit récemment qu’il serait partisan du Non dans l’éventualité d’un troisième référendum alors que son collègue Mathieu Lacombe voterait plutôt Oui.
«Sur une question aussi fondamentale que l’avenir de notre nation, il ne peut pas y avoir de camps du Noui», a raillé Charles Milliard.
Il n’a pas non plus manqué d’écorcher le chef péquiste, l’accusant d’être «complètement déconnecté des réalités des Québécois».
«Nous, M. St-Pierre-Plamondon, on ne veut pas séparer le Québec, on veut réparer le Québec», a lancé le chef libéral.
«Au Parti libéral du Québec, nous sommes fièrement régionalistes, nationalistes, fédéralistes. Pleinement, clairement, sans ambiguïté», a-t-il ajouté.
Paperasse et surréglementation
La majorité du discours du chef libéral a porté sur l’économie.
Il a promis de réduire le taux d’imposition des PME pour le faire passer de 11,5% à 10%.
Charles Milliard veut aussi réduire la «paperasse et la surréglementation» qui sont devenues l’un «des plus gros freins à notre croissance et à notre productivité».
«Je m’engage à instaurer un moratoire immédiatement après notre élection sur toute nouvelle réglementation qui alourdit le fardeau administratif des PME», a-t-il affirmé.
Il veut aussi que pour «chaque nouvelle obligation réglementaire», deux soient abolies.
Le chef libéral s’est aussi engagé à s’«attaquer de front» à la crise du logement avec «100 000 mises en chantier par année».
Son discours a aussi été l’occasion de présenter neuf nouveaux candidats en vue des prochaines élections qui auront lieu en octobre prochain.
Libre choix dans les cégeps
Alors que le plan pour le français du chef libéral se fait toujours attendre, des libéraux se sont prononcés pour ramener le libre choix dans les cégeps, un peu plus tôt samedi.
La loi 96 qui renforce la Charte de la langue française vient limiter les inscriptions des francophones et des allophones dans les cégeps anglophones. Elle impose aussi l’obligation pour tous les étudiants de suivre trois cours de français ou trois cours de leur programme en français.
«Chose certaine, on touche à des institutions qui sont importantes pour la communauté anglophone», a dit le président de la Commission politique nationale du Parti libéral du Québec (PLQ), André Pratte, en mêlée de presse.
Est-ce que cela doit changer ? «Absolument», a-t-il répondu.
Selon M. Pratt, le gouvernement caquiste a utilisé une manière détournée avec la loi 96 pour «limiter le choix des gens d’avoir l’éducation dans la langue qu’ils souhaitent à l’enseignement supérieur».
«Il n’y a aucun gouvernement du Québec qui a touché aux droits des adultes de choisir là où ils obtiennent leur enseignement supérieur. Parce qu’on considère que c’est une liberté de choix importante», a-t-il soutenu.
C’est d’ailleurs pour cette raison que le PLQ s’est opposé à l’extension de la loi 101 à la formation professionnelle et à l’éducation aux adultes plus tôt cette semaine.
La députée libérale de Westmount–Saint-Louis, Jennifer Maccarone, croit elle aussi qu’il faut retirer le plafonnement des places dans les cégeps anglophones.
«Rendu à 18 ans, si un jeune francophone souhaite apprendre l’anglais parce qu’il voit que ça va faire partie des options pour le futur, mais pourquoi on ne va pas le lui laisser l’apprendre ?» a-t-elle soutenu.
Sa collègue de Notre-Dame-de-Grâce, Désirée McGraw, s’est aussi prononcée en faveur du «libre choix pour les adultes».
Le ministre de la Langue française, Jean-François Roberge, n’a pas tardé à critiquer les libéraux.
«Pour Charles Milliard et le Parti libéral du Québec, le plan de match est clair: s’attaquer à la Charte de la langue française tout en prétendant protéger les acquis. “Avancez par en arrière”, voilà leur devise! » a-t-il écrit sur X samedi.
«Il faut avoir de l’ambition»
Vendredi, Charles Milliard a affirmé que son plan pour le français, qui doit être dévoilé d’ici le 21 juin, sera «meilleur» que celui de la CAQ.
«Il faut avoir de l’ambition au Québec», a-t-il ajouté samedi.
Il y a quelques semaines, le chef libéral a tergiversé sur la loi 96. Il a tout d’abord affirmé qu’il était en faveur de conserver la disposition de dérogation afin de protéger la loi des contestations devant les tribunaux, rompant ainsi avec une promesse électorale de son parti en 2022.
Sa prise de position a provoqué des remous dans son caucus et au sein de la communauté anglophone. Il a ensuite dit qu’il modifierait la loi 96 et verrait si la clause dérogatoire est encore nécessaire.
«Il n’y a aucun malaise avec la langue au Parti libéral du Québec. On est foncièrement francophones. On est fiers de notre langue», a assuré le chef libéral vendredi.

