Politique

Un caquiste et un conservateur séduits par le chef libéral Charles Milliard

Le PLQ tient son conseil général cette fin de semaine à Sherbrooke.

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Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec, prend la parole lors de la réunion du Conseil général du parti à Sherbrooke, au Québec, le vendredi 5 juin 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Graham Hughes Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec, prend la parole lors de la réunion du Conseil général du parti à Sherbrooke, au Québec, le vendredi 5 juin 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Graham Hughes)

L’ancien président de l’aile jeunesse de la Coalition avenir Québec (CAQ), Victor Pelletier, a décidé de faire défection et de prendre sa carte de membre des libéraux. Il dit avoir été déçu par les déficits de son ancien parti et d’avoir eu un «malaise» avec la manière dont les enjeux identitaires étaient abordés. 

«Lorsqu’on parle de l’immigration, il faut toujours faire attention. On parle de gens qui sont à la recherche de simplement vivre une vie meilleure que ce qu’ils avaient auparavant. Il faut tout le temps parler de ce sujet-là avec respect. Je trouvais des fois qu’on tournait les coins ronds. Qu’on avait un ton qui n’était peut-être pas nécessairement accueillant», a-t-il expliqué samedi lors du Conseil général du Parti libéral du Québec (PLQ) à Sherbrooke.

Victor Pelletier lors du Victor Pelletier lors du Parlement étudiant du Québec, janvier 2023. (Twitter)

Des observateurs ont affirmé que la nouvelle première ministre Christine Fréchette était plus «rouge» que son prédécesseur François Legault. Mais pour Victor Pelletier, il s’agit toujours du même parti. Il croit que la troisième voie «a perdu sa vocation première».

«Quand j’ai rejoint la CAQ en 2016, la saine gestion des finances publiques était quand même un des éléments numéro un. Et d’avoir des budgets déficitaires, c’est quand même crève-cœur», a-t-il affirmé. 

Le jeune homme de 24 ans dit avoir été attiré par l’ouverture du chef libéral Charles Milliard de renouveler le PLQ. «Il y a une certaine volonté d’aller au-delà de l’île de Montréal.»

Victor Pelletier a été candidat caquiste lors de la partielle dans Saint-Henri–Sainte-Anne en 2023. Il avait perdu face au solidaire Guillaume Cliche-Rivard. Il ne compte pas être candidat pour les libéraux lors des prochaines élections. 

Victor Pelletier n’est pas le seul à avoir été séduit par Charles Milliard. C’est aussi le cas de Ange Claude Bigilimana, qui a été candidat pour les conservateurs d’Éric Duhaime à deux reprises.

M. Bigilimana accuse désormais son ancien chef de ne pas avoir une «ligne directrice solide» et de tirer «sur tout ce qui bouge». 

«Moi, ça ne représente pas mes valeurs», lance-t-il.

Ange Claude Bigilimana prend la parole sous le regard du chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime (à gauche), lors d'une conférence de presse consacrée à la situation du chemin Roxham, le jeudi 2 mars 2023 à Québec. M. Bigilimana a évoqué l... Ange Claude Bigilimana prend la parole sous le regard du chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime (à gauche), lors d'une conférence de presse consacrée à la situation du chemin Roxham, le jeudi 2 mars 2023 à Québec. LA PRESSE CANADIENNE (Jacques Boissinot)

M. Bigilimana a tenté de se faire élire pour les conservateurs lors des élections générales de 2022 dans le comté de Mille-Îles, puis lors de la partielle dans Terrebonne en 2025. Il a aussi été vice-président national du Parti conservateur. 

Mais la rupture est bel et bien consommée avec son ancienne formation politique. La semaine dernière sur le réseau social LinkedIn, il a écrit que le chef conservateur avait «manqué de classe» envers la première ministre Christine Fréchette en la traitant de «matante». 

Ange Claude Bigilimana, qui était aussi présent samedi lors du Conseil général des libéraux, considère que Charles Milliard est le seul leader politique à avoir un discours positif sur les immigrants. 

«Ce que j’adore de M. Milliard, c’est cette maturité politique d’être équilibré. Parmi tous les chefs qui sont à l’Assemblée nationale présentement, on dirait que c’est lui l’adulte parmi les enfants», a-t-il illustré.

«J’ai écouté beaucoup de discours de M. Milliard et je me rends compte que c’est lui mon chef. Donc, il me répond plus, que ce soit côté économique, côté familial, mais aussi sur l’unité du Québec», a ajouté M. Bigilimana.

Ange Claude Bigilimana a déjà voté pour le Parti québécois à l’époque où la formation était dirigée par Pauline Marois. Il affirme maintenant que le parti souverainiste dirigé par Paul St-Pierre Plamondon «est dans la division». 

Thomas Laberge

Thomas Laberge

Journaliste