L’histoire de la famille de Jessica Prats-Le Dentec, qui s’est installée au Québec il y a près de deux ans et qui est menacée d’expulsion depuis l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), a fait du bruit chez la classe politique.
Pour le maire de Québec, Bruno Marchand, le témoignage de Jessica illustre la détresse que vivent de nombreuses familles qui espéraient que le PEQ leur offre la chance de s’établir au Québec de façon permanente.
«C’est complètement invivable et c’est pour ça que depuis des mois on se bat à dire qu’il faut être meilleur que ça», a-t-il lancé au micro de Noovo Info.
L’aspirante au poste de première ministre, Christine Fréchette, de son côté, a réitéré sa volonté de prolonger de deux ans le PEQ pour éviter les orphelins du programme.
«Je pense que quand on travaille avec sur des parcours de vie, sur des familles, sur des gens qui ont investi et qui ont cru dans le Québec, c’est important qu’on fasse preuve de souplesse. C’est exactement le genre de situations pour lesquelles je pense qu’il est important de remettre en place, de réactiver le PEQ», a-t-elle indiqué en entrevue avec Noovo Info.
Pour Jessica, ces réactions font «chaud au cœur», mais ne sont pas assez pour la faire souffler.
«Je voudrais que ce soit plus vite. Je voudrais juste qu’on enclenche la seconde, puis qu’on y aille parce que des paroles c’est bien, ce sont de belles paroles, mais nous ce qu’on a besoin c’est que ça bouge plus vite», a indiqué la mère de famille.
Le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, a aussi réagi au témoignage de Jessica, soulignant qu’il est très sensible à la situation. Il soutient qu’il comprend les préoccupations de la famille et les invite à aller chercher l’aide nécessaire «compte tenu de la sévérité des propos tenus».
Des propos qui n’ont pas bien passé pour Jessica, qui aurait aimé plus de compassion de la part du ministre.
«Il n’a pas compris mon témoignage parce que mon enfant a vécu en France et il s’est relevé ici grâce au Québec, grâce au système éducatif. Donc, mon enfant, tant qu’il est ici, il est heureux. Par contre, si M. Roberge ne fait rien et qu’on doit repartir en France, c’est là que je vais devoir faire attention à mon enfant», dit-elle.
Bernard Drainville, candidat à la chefferie de la CAQ, a refusé notre demande d’entrevue, citant un agenda trop chargé.
Voyez le reportage de Félix-Antoine Audet dans la vidéo.

