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Karl Malenfant refuse de parler d’un «fiasco» SAAQclic et affirme que sa réputation est «ruinée»

Dans une conférence de presse de plus de deux heures, l’ancien vice-président aux technologies de l’information a voulu «rétablir les faits».

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SAAQclic: «un fiasco financier préfabriqué», dit Karl Malenfant Par Lila Mouch | Le responsable du virage numérique, Karl Malenfant, a présenté sa vérité mercredi. Il nie en bloque les blâmes portés contre lui et parle d'un scandale financier qui a été fabriqué. Il ne cache pas vouloir «laver sa réputation» à quelques jours du dépôt du rapport de la Commission Gallant.

L’ancien vice-président aux technologies de l’information de la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ), Karl Malenfant, s’est présenté devant les médias mercredi avec l’intention de «faire le point» sur son implication dans le dossier SAAQclic.

Dans un discours-fleuve appuyé par de nombreuses diapositives orientées autour de «huit piliers de la vérité», M. Malenfant a tenu à «déconstruire les mythes» autour du dérapage qui devrait coûter aux contribuables québécois au moins 1,1 milliard $ d’ici 2027.

Il s’est notamment défendu d’être l’unique responsable de ce qui est maintenant qualifié de «fiasco» SAAQclic.

En conclusion de sa conférence de presse qui aura duré plus de deux heures, M. Malenfant a justement demandé aux médias de cesser d’attribuer à l’aventure SAAQclic cette étiquette.

«S’il vous plait, arrêtez de dire le mot fiasco.»

—  Karl Malenfant, ancien vice-président aux technologies de l’information de la SAAQ

Il a plutôt préféré parler d’un «déploiement difficile» et d’un projet «qui a coûté plus cher que l’étiquette de prix que le fournisseur nous avait dit».

Il a justifié sa requête en faisant allusion aux travailleurs qui ont œuvré à la transition numérique de la SAAQ.

«En respect des 500 équipiers qui ont travaillé des 50 semaines pendant six ans pour faire ce projet-là. C’est des hommes et des femmes comme vous et moi, à la sueur de leur front qui font que ça marche et qui se font dire que c’est un fiasco à tous les jours», a-t-il plaidé.

«C’est un projet qui a été géré au meilleur de nous-mêmes, en transparence. On a pris des décisions, pas toujours les bonnes. Ce n’est pas un homme orchestre qui était tout seul.»

Aux journalistes présents dans la salle, Karl Malenfant a réitéré que selon lui, il n’avait rien «d’illégal» à se reprocher et a évoqué un «character assassination» à son endroit.

«Ma réputation est ruinée. 40 ans de loyaux services, c’est derrière moi. Je devais être sur des conseils d’administration [...] C’est mon honneur qui est important [...] J’ai pas une cenne dans mes poches», a conclu M. Malenfant.

M. Malenfant prévoit aussi rendre publique mercredi «sa déclaration sous serment remise à la commission le 21 janvier dernier qui se veut sa réponse formelle aux préavis de blâmes qu’il a reçus».

Plus de 130 témoins ont été entendus durant les audiences publiques de la commission, qui se sont étalées sur 75 jours. Plus de 200 000 documents ont été étudiés, dont 2500 ont été déposés en preuve.

Le dépôt du rapport a été repoussé à deux reprises. Initialement prévue au plus tard le 30 septembre dernier, la publication du document a été repoussée au 15 décembre, puis au 13 février.

Dans sa déclaration de clôture, à la fin des audiences, le commissaire Gallant avait assuré que «toutes les pierres ont été soulevées» durant le processus. «Rien n’a été laissé au hasard», avait-il statué.

Le virage numérique raté de la SAAQ devrait coûter aux contribuables au moins 1,1 milliard $ d’ici 2027, soit 500 millions $ de plus que prévu, selon les calculs du Vérificateur général du Québec.

Les recommandations du juge Gallant doivent viser «à améliorer les pratiques dans le but d’éviter qu’une situation» comme celle connue avec la SAAQ se reproduise.

Avec de l’information de La Presse canadienne