Tout indique que des membres de la Coalition avenir Québec (CAQ) ont accepté l’offre «deux pour un» d’Éric Duhaime: il avance que des organisateurs de la campagne perdante de Bernard Drainville à la succession de François Legault se joignent au Parti conservateur du Québec (PCQ).
M. Duhaime a refusé d’identifier publiquement ces nouveaux membres, jeudi lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale, mais si on se fie aux dires du chef du PCQ, ces collaborateurs de M. Drainville disent oui à la deuxième année gratuite «à l’achat d’une carte de membre d’un an».
«Depuis 72 heures, je suis en contact avec énormément d’organisateurs qui ont travaillé activement à la campagne de Bernard Drainville», a dit le chef du PCQ, refusant d’officialiser les acquisitions. «Je vais attendre que ma tournée soit finie avant de vous donner le résultat des courses.»
M. Duhaime a répété, comme il l’avait dit mercredi, que pour «42 % de caquistes qui ont voté pour un candidat qui a mis de l’avant des idées et des valeurs conservatrices pendant la course à la direction de la CAQ», «notre main, elle est toujours tendue vers ces gens-là».
À ces membres de la CAQ, M. Duhaime affirme que «c’est important qu’ils comprennent que, si on veut unir la droite autonomiste au Québec, c’est dans la tente du Parti conservateur qui faut le faire».
«Ceux et celles qui partagent nos valeurs sont les bienvenus.»
— Éric Duhaime, chef du PCQ
M. Duhaime se défend d’avoir approché des députés de la CAQ – surtout pas M. Drainville lui-même, arrivé deuxième derrière Christine Fréchette, ainsi devenue cheffe de la CAQ dimanche et assermentée comme première ministre du Québec mercredi.
«On s’est juste texté Bernard et moi», a affirmé le chef du PCQ. «C’était des mots de félicitations. […] J’ai compris qu’il restait à la CAQ, qu’il voudrait même être candidat à la prochaine élection et je respecte son choix.»
Mme Fréchette a été élue cheffe de la CAQ avec 57,9 % du vote des membres. M. Drainville incarnait davantage le camp nationaliste conservateur.
Le chef conservateur ne s’est jamais caché de courtiser les caquistes. L’ancienne ministre Maïté Blanchette Vézina s’est d’ailleurs jointe aux conservateurs il y a quelques semaines. Elle était d’ailleurs présente jeudi au point de presse.
Le PQ aussi
Et M. Duhaime n’est pas le seul à courtiser des membres déçus de la CAQ.
Lundi, c’est le Parti québécois (PQ) qui courtisait les partisans du candidat déçu avec une offensive publicitaire dans plusieurs médias comme La Presse, Le Devoir ou le Journal de Montréal.
«Au Parti québécois, nous sommes fermement convaincus que les Québécois méritent de faire leurs propres choix, librement, que ce soit pour l’épanouissement de leur langue, de leur culture, le choix de leur modèle de vivre-ensemble ou une saine gestion des finances publiques», pouvait-on lire. «Nationalistes, bienvenue chez vous»,
Dans son message de félicitations à Christine Fréchette, le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon a écrit que la défaite de Bernard Drainville marquait «la défaite du courant nationaliste “bleu” au profit des caquistes qui s’inscrivent davantage dans le courant de pensée “rouge” de ce parti». Il a aussi qualifié de «courageuse» la campagne à la chefferie du candidat Drainville.
Les conservateurs prêts à appuyer la constitution de Jolin-Barrette
Parlant de nationalisme, M. Duhaime a indiqué jeudi que son parti est prêt à appuyer la constitution du ministre Simon Jolin-Barrette.
La nouvelle première ministre, Christine Fréchette, avait dit que l’appui d’au moins un parti d’opposition était nécessaire pour que le controversé projet de loi aille de l’avant.
«On a toujours été en faveur d’une constitution. Je pense que c’est important pour le Québec. (...) On souhaite travailler avec le gouvernement pour faire avancer ce projet de loi important», a expliqué sa députée, Maïté Blanchette Vézina.
Le projet de constitution est loin de faire consensus dans la société civile. Tous les autres partis d’opposition, le PQ, le Parti libéral (PLQ) et Québec solidaire (QS), s’y opposent.
Initialement, Simon Jolin-Barrette avait inséré un article pour protéger le droit à l’avortement. Son initiative avait provoqué une levée de boucliers de groupes de femmes.
Le ministre a finalement reculé. Il a aussi fait plusieurs autres modifications afin de rendre son projet de loi plus acceptable.
«Adoptons quelque chose, puis le prochain gouvernement le mettra à sa sauce s’il veut le bonifier et s’il veut rassembler plus de membres. Mais au moins, on aura déjà les fondations d’une constitution qui seront mises de l’avant», a expliqué Éric Duhaime.
Avec de l’information de la Presse canadienne
