Politique

Constitution: le solidaire Haroun Bouazzi accuse le projet d’être «assimilationniste»

«Le ministre de la Justice a proposé un projet colonial et assimilationniste. C’est ce que disent les Premières Nations et c’est ce qu’on comprend du texte.»

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Le député Haroun Bouazzi, de Québec solidaire, questionne le gouvernement à l'Assemblée nationale du Québec, le mardi 6 mai 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot Le député Haroun Bouazzi, de Québec solidaire, questionne le gouvernement à l'Assemblée nationale du Québec, le mardi 6 mai 2025. LA PRESSE CANADIENNE (Jacques Boissinot)

Le ton monte autour de la constitution du Québec. Le député solidaire Haroun Bouazzi accuse le projet de loi d’être «assimilationniste». Le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, lui rétorque qu’il «dérape» et qu’il «méprise l’ensemble de ses collègues à l’Assemblée nationale».

«Le ministre de la Justice a proposé un projet colonial et assimilationniste. C’est ce que disent les Premières Nations et c’est ce qu’on comprend du texte», a lancé le député Bouazzi en mêlée de presse jeudi au sortir de la période de questions de l’Assemblée nationale.

Au cœur du litige: l’article 3 du projet de loi 1 qui stipule que le «peuple du Québec est composé de toutes les Québécoises et de tous les Québécois» et que le «peuple québécois forme une nation».

«Le texte, ce qu’il dit, c’est qu’il y a un seul peuple qui est composé de tout le monde, incluant les Premières Nations, et que ce peuple forme une seule nation, c’est la nation québécoise», a expliqué Haroun Bouazzi.

«Les représentants des Premières Nations, dans leur mémoire qu’ils nous ont produit, parlent d’un projet assimilationniste digne des politiques du XIXe siècle», a-t-il ajouté.

L’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) demande le retrait pur et simple de la pièce législative.

«Cette constitution-là est une honte pour notre démocratie. (...) Heureusement, il n’y a pas un monde où cette constitution peut passer dans le temps qui nous est imparti», a renchéri Haroun Bouazzi.

Un projet «inclusif»

Quelques minutes plus tard, le ministre Jolin-Barrette a défendu son projet de constitution.

«C’est un projet de loi qui est inclusif et qui n’impose absolument rien aux Premières Nations. Ça respecte leur autonomie et leur choix, notamment par rapport à la participation de la nation québécoise», a-t-il argué.

«M. Bouazzi, ce n’est pas la première fois qu’il fait des dérapages. Il méprise l’ensemble de ses collègues à l’Assemblée nationale», a ajouté le ministre.

Mercredi, Simon Jolin-Barrette a accusé les oppositions de faire de l’«obstruction» pour ralentir l’étude de son projet de constitution du Québec.

Il reste peu de temps pour faire adopter la pièce législative, puisque la session parlementaire se termine le 12 juin.

Thomas Laberge

Thomas Laberge

Journaliste