Avec l’arrivée imminente de 2026, c’est traditionnellement le moment de prendre un nouveau départ et de faire des résolutions pour la nouvelle année. Après une fin d’année 2025 tumultueuse, CTV News a demandé à l’analyste politique Raphaël Melançon quels devraient être les objectifs de chacun des partis politiques du Québec pour l’année à venir.
Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.
«L’année a été difficile pour presque tous les partis», a déclaré M. Melançon. «Pour tout le monde à Québec, la fin de l’année 2025 est quelque chose qu’ils veulent probablement oublier et ils ont hâte de commencer une nouvelle année.»
Coalition Avenir Québec
Pour la Coalition Avenir Québec (CAQ), après sept ans au pouvoir, M. Melançon estime qu’il est normal que les Québécois aspirent à un changement lors des prochaines élections provinciales.
Le premier ministre François Legault a fait référence à la célèbre citation de Pierre Elliott Trudeau à la fin de la session, déclarant qu’il était allé se promener dans la neige pour réfléchir à son avenir politique et qu’il avait décidé de se présenter à nouveau au poste de premier ministre en 2026.
«Je pense que pour la nouvelle année, il devrait retourner se promener et y réfléchir à deux fois», a soutenu M. Melançon.
Avec la chute de popularité du premier ministre, il estime que le parti fondé par M. Legault pourrait désormais être pénalisé par son maintien à la tête du parti.
«Voulez-vous vraiment que ce parti meure avec vous lors des prochaines élections parce que vous insistez pour vous accrocher à votre poste de chef, ou voulez-vous donner à ce parti une chance de survivre aux prochaines élections avec un nouveau chef?»
Au cours des quatre dernières années, plusieurs ministres de premier plan, dont Pierre Fitzgibbon, Lionel Carmant et Christian Dubé, ont démissionné de leurs fonctions et pris leurs distances avec le parti.
Parti libéral du Québec
M. Melançon estime que pour le Parti libéral du Québec, la fin de l’année ne saurait arriver trop tôt.
En l’espace d’environ dix mois, le parti est passé de l’élection d’un nouveau chef à la préparation d’une nouvelle course à la direction.
Pour 2026, M. Melançon estime que le parti doit « changer sa culture interne, car nous avons encore une fois constaté une culture du «fling flang» au sein du parti cet automne ».
Il ajoute que ces drames internes sont particulièrement malvenus, car les libéraux doivent courtiser des candidats pour les prochaines élections.
«À l’approche d’une élection, vous recrutez des candidats, vous organisez des événements de collecte de fonds, et en ce moment, personne ne veut être associé aux libéraux», a soutenu l’analyste.
Le parti a récemment annoncé qu’il organiserait une nouvelle course à la direction dans les mois à venir.
Parti québécois
Bien que le Parti québécois (PQ) ait connu une popularité croissante en 2025, M. Melançon estime qu’il reste du travail à faire en 2026.
«La résolution du PQ pour la nouvelle année, et celle de son chef en particulier, est de trouver un meilleur moyen de gérer son impulsivité et sa colère.»
M. Melançon a cité comme exemple la récente dispute entre Paul St-Pierre Plamondon et des artistes québécois au sujet d’un manque perçu de loyauté envers la province.
«Je pense qu’il projette l’image de quelqu’un qui sait mieux que tout le monde», a exprimé M. Melançon, faisant référence à une conclusion courante des sondages politiques : les électeurs veulent un chef avec lequel ils auraient envie de prendre une bière.
«Je pense qu’il vole un peu trop haut en ce moment, trop près du soleil. Il doit redescendre un peu sur terre.»
— Raphaël Melançon, analyste politique
Québec solidaire
Québec solidaire a élu un nouveau co-porte-parole l’année dernière.
Sol Zanetti est désormais à la tête du parti après le départ de Gabriel Nadeau-Dubois.
« Je dirais que la résolution du Nouvel An de Québec solidaire devrait être de trouver un bon équilibre entre un parti activiste, un parti qui met avant tout en avant une idéologie, et la volonté de séduire la majorité des électeurs, car à l’heure actuelle, s’ils continuent ainsi, ils se retrouveront beaucoup trop en marge lors des prochaines élections », a déclaré M. Melançon.
Parti conservateur du Québec
Enfin, pour Éric Duhaime et le Parti conservateur du Québec, M. Melançon estime que l’objectif pour cette année est de constituer une liste de candidats crédibles.
«Il faut que cela cesse d’être un one-man show», a-t-il affirmé. «Il doit montrer qu’il est capable de recruter des candidats vedettes et crédibles.»
Il ajoute que M. Duhaime doit prendre ses distances par rapport à l’image qu’il a donnée pendant la pandémie en adhérant à des théories du complot et en soutenant des causes plus marginales.
Alors que chacun des partis définit ses résolutions pour l’année, il est clair qu’avec les élections de 2026, de nombreuses questions restent encore à résoudre.

