Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a voulu montrer samedi que l’harmonie était de retour entre son parti et le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon lors du congrès du PQ. Il a aussi demandé au premier ministre Mark Carney de s’excuser pour ses propos tenus sur la Bataille des Plaines d’Abraham.
«Je suis un militant du Parti québécois. Votre engagement est mon engagement. Votre lutte est ma lutte. Et comme militant péquiste, votre chef est mon chef», a lancé Yves-François Blanchet devant des militants péquistes réunis au Centre de congrès de Saint-Hyacinthe samedi. Son discours a été applaudi à plusieurs reprises.
Les deux partis souverainistes ont eu des tensions récemment.
L’an dernier, le PQ a dénoncé les «manques de respect» du Bloc et l’a accusé d’avoir recruté des employés et des candidats vedettes, notamment Alexis Deschênes, qui s’est présenté dans la circonscription de Gaspésie–Les Îles-de-la-Madeleine–Listuguj lors des dernières élections fédérales. M. Deschênes avait été candidat péquiste en 2022 et en 2014.
Paul St-Pierre Plamondon avait alors dit qu’il y avait des «enjeux d’arrimage» avec le Bloc québécois.
Puis, au lendemain de l’élection fédérale, le chef péquiste a critiqué la stratégie de son parti frère à Ottawa, qui s’est dit prêt à collaborer avec Mark Carney.
En mêlée de presse samedi après son discours, le chef bloquiste n’a pas voulu s’épancher sur ces «enjeux d’arrimage».
«Moi, je n’ai jamais vraiment parlé de ça parce que nous, notre attitude est, était et sera d’être en pleine collaboration avec le Parti québécois vers son élection, très préférablement majoritaire, vers un référendum qu’on essaiera de gagner», a-t-il affirmé.
Une vingtaine de députés bloquistes sont présents au congrès à Saint-Hyacinthe.
«Très heureux d’accueillir Yves-François Blanchet ainsi qu’une vingtaine de députés du Bloc Québécois lors de notre congrès. Nous sommes déterminés plus que jamais à ce que le pays devienne une réalité dans un horizon très rapproché», a, pour sa part écrit, le chef péquiste sur Facebook en partageant une photo de lui avec M. Blanchet.
Des excuses demandées
Yves-François Blanchet a aussi critiqué Mark Carney en raison de son discours sur la Bataille des Plaines d’Abraham et a demandé qu’il présente des «excuses sincères» à tous les «francophones du Québec et du Canada».
Le premier ministre canadien a dit jeudi que les Plaines d’Abraham symbolisaient «un champ de bataille, mais aussi le lieu où le Canada a commencé à faire le choix historique de privilégier l’adaptation plutôt que l’assimilation, le partenariat plutôt que la domination, la collaboration plutôt que la division».
«On savait que Mark Carney ignorait le Québec parce que ses politiques sont canadiennes, ontariennes, pétrolières, multiculturalistes, néolibérales et centralisatrices. Mais on constate de nouveau, et de plus, que Mark Carney ignore tout du Québec et de son histoire», a dit le chef bloquiste.
«Est-ce que la répression dans le sang des patriotes est un geste de collaboration? Est-ce que l’Acte d’Union est un geste de collaboration? Est-ce que le rapport Durham est un geste de collaboration? Est-ce que la pendaison et la répression violente des Métis est un geste et de collaboration ? Est-ce que la déportation des Acadiens est un geste de collaboration? Est-ce que l’interdiction du français dans des écoles est un geste de collaboration», a énuméré Yves-François Blanchet.
Questions auxquelles les militants présents dans la salle ont répondu «Non!» en coeur.
Vendredi, Paul St-Pierre Plamondon a affirmé que le discours de Mark Carney s’inscrivait dans une «longue tradition de colonialisme» qui a débuté avec Lord Durham.

