La possibilité d’une enquête publique sur les allégations de racisme au sein du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) n’irait pas assez loin pour le Sommet socio-économique pour le développement des jeunes des communautés noires (SdesJ), qui réclame la mise sur pied d’une commission d’enquête publique sur le racisme au sein de tous les corps policiers du Québec.
Le démantèlement d’une équipe de policiers du poste 39 de l’arrondissement de Montréal-Nord qui sont soupçonnés de discrimination et racisme est un pas dans la bonne direction, mais n’est pas un cas isolé, martèle le Sommet Jeunes Afro.
«Les faits récents s’inscrivent dans une dynamique documentée de longue date», souligne le SdesJ.
Selon un sondage Léger commandé par l’Observatoire des communautés noires du Québec, 83% des jeunes Noirs affirment avoir vécu de la discrimination en raison de leur identité et 66% ont dit avoir subi un traitement injuste dans leurs interactions avec les services publics.
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Selon le Sommet Jeunes Afro, une commission d’enquête publique sur le racisme, la discrimination et le profilage raciale au sein des corps policiers de la province permettra notamment de mettre en lumière l’ampleur du problème, mais aussi de formuler des recommandations «concrètes» qui pourront renforcer la confiance du public.
«Les actes racistes et dégradants récemment révélés nous rappellent l’urgence de comprendre, de corriger et de prévenir les situations qui minent la confiance envers nos institutions», soutient Édouard Staco, président du Sommet Jeunes Afro.
Le SdesJ rappelle d’ailleurs que les communautés afrodescendantes de partout au Québec espèrent plus qu’une «opération de relation publique» limitée à la ville de Montréal.
«Nous saluons les mesures prises à la suite de ces événements, tout en rappelant que la lutte contre le racisme et le profilage racial demeure un défi qui interpelle l’ensemble de nos institutions. Les préoccupations soulevées par ces révélations trouvent également écho dans d’autres régions du Québec, notamment en Outaouais», mentionne Raymond Kashiba, président-directeur général du Conseil canadien de représentation des communautés congolaises (CCRCC).
Rappelons que des centaines de personnes ont manifesté devant le poste 39 de Montréal-Nord lundi soir, demandant du changement.
La première ministre Christine Fréchette a mentionné lundi qu’elle ne fermait pas la porte à une enquête publique sur les allégations de racisme au SPVM. Elle a aussi rappelé qu’il y avait deux projets pilotes de caméra corporelle pour les policiers.
Selon Robert Poëti, ancien policier de la Sûreté du Québec, les caméras corporelles pourraient venir améliorer la confiance entre les agents et la population.
«Les policiers doivent faire leur travail d’une façon honnête, juste, équitable et complètement neutre. Je pense que les caméras sur les policiers, dans leur travail quotidien, vont venir d’une certaine façon calmer la situation», a-t-il indiqué en entrevue avec Noovo Info.

