La Régie de police de Memphrémagog intensifie ses interventions près du barrage de la Grande-Dame-de-Magog avec la phase 2 de l’opération «Buisson». Une vingtaine d’hommes ont été expulsés du secteur et quatre suspects ont été arrêtés, dont un en lien avec une agression sexuelle sur un mineur de moins de 14 ans.
Dans le secteur du barrage, on retrouve notamment un parc à chiens et c’est aussi un endroit très populaire et facilement accessible chez les jeunes qui viennent pêcher. Autre caractéristique connue des lieux: un boisé connu des policiers comme un lieu de rencontre entre des hommes à la recherche de relations sexuelles.
«Cet endroit-là, ça fait une quinzaine d’années qu’on sait qu’il y a des hommes qui vont là pour se donner du sexe entre eux», a expliqué à Noovo Info le lieutenant Nicholas Marcoux de la Régie de police de Memphrémagog, jeudi. «Ils se cachaient dans le boisé. C’était connu.»
Au mois d’août, la police a lancé son opération «Buisson» après avoir pris connaissance de plusieurs gestes d’indécence et même d’une agression sexuelle rapportée dans le secteur.
«Pendant l’été, on a eu quatre appels différents en lien avec des actions indécentes, puis un pour une agression sexuelle sur un jeune homme de moins de 14 ans», dit le lieutenant Marcoux. «Donc, on a [lancé] la phase 1 de l’opération Buisson, qui était une phase de renseignement stratégique, où on expulsait les individus qui étaient reliés à cette problématique-là avant de les identifier.»
«On a procédé à quatre arrestations criminelles depuis le début de l’été.»
— Le lieutenant Nicholas Marcoux, de la Régie de police de Memphrémagog

«Pas le choix d’agir»
Ce qui se passait d’abord dans le boisé s’est rapidement déplacé à la vue de tout le monde. Pendant son entretien avec Noovo Info, le lieutenant Marcoux a montré du doigt vers un pêcheur actif. «Il y a souvent plusieurs pêcheurs qui viennent ici, puis il y en a qui se font importuner par ces individus-là», a dit le policier.
«Quand on a vu la recrudescence de comportements déviants, de comportements où il semble y avoir des prédateurs, on n’avait pas le choix, il fallait agir», a expliqué le lieutenant Marcoux avant de donner un exemple d’évènement qui s’est produit.
«Un patrouilleur est tombé sur deux hommes qui étaient en train de se faire chacun une fellation à la vue; des hommes qui sont allés se masturber devant des personnes, carrément; des hommes qui ont suivi des gens en se touchant…»
La Régie de police de Memphrémagog ne serait possiblement pas intervenue si des gestes inappropriés avaient été posés à l’abri des regards, mais «quand c’est fait volontairement pour être vu puis pour choquer, à ce moment-là, ça devient une action indécente», a commenté le lieutenant Marcoux.
L’objectif est de mettre fin aux gestes d’indécence et d’intervenir auprès de ceux qui les commettent, d’autant plus que certains de ces gestes se produisent sur un terrain privé qui appartient à l’entreprise Nouryon. Ceux qui s’y aventurent sans autorisation peuvent recevoir un constat d’infraction.
Ailleurs, soit autour du barrage hydroélectrique, en dessous du viaduc de l’autoroute 55 ou dans le stationnement du parc canin, «on va automatiquement appliquer tous les règlements municipaux», note le lieutenant Marcoux, qui souligne aussi que la présence policière sera accrue.
«Les gens qui fréquentent l’endroit de façon légitime, comme des pêcheurs ou les gens qui viennent avec le parc à chiens» n’ont donc pas à être surpris de voir beaucoup plus de policiers: «c’est normal qu’ils soient là», dit le lieutenant Marcoux. «C’est vraiment juste pour essayer de contrer cette problématique.»

