Patrouille

Deux policiers de la SQ risquent une suspension pour profilage racial

À l’époque, ces agents travaillaient au sein de la division du crime organisé.

Mis à jour le 

Publié le 

Leslie Blot Le jeudi 15 octobre 2026, Leslie Blot a évoqué son expérience de profilage racial par des agents de la police provinciale du Québec en 2020. Crédit image | CTV News

Deux agents de la Sûreté du Québec (SQ) risquent une suspension sans solde après que le Tribunal de déontologie policière a conclu qu’ils ont fait du profilage racial à l’encontre d’un homme noir lors d’un contrôle routier.

Pour la victime, Leslie Blot, cette décision va bien au-delà de la simple sanction de deux agents.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News

«C’est une question de liberté», a déclaré M. Blot. «Le profilage racial est une pratique qui ne devrait pas exister et nous allons nous battre pour que les choses changent.»

En décembre 2020, deux agents de la SQ ont intercepté M. Blot alors qu’il rentrait chez lui en auto. Craignant pour sa sécurité, il a filmé une grande partie de l’interaction.

Un agent l’a qualifié de «drama queen» – «reine du drame», traduction libre – et de «victime nationale du siècle» après qu’il les a accusés de profilage racial.

Le sac à dos de M. Blot a également été fouillé à la recherche de drogues présumées.

Le tribunal a conclu que l’origine ethnique de M. Blot et son véhicule de luxe, une Cadillac, avaient influencé la manière dont il avait été traité. Il a également jugé que la fouille était abusive.

Un problème plus vaste?

Pour Fo Niemi, directeur général du groupe de défense des droits civils Center for Research-Action on Race Relations (CRARR), cette affaire reflète un problème plus vaste.

«Cela peut toucher toute personne considérée comme noire ou de couleur», a dit M. Niemi.

Le tribunal a sanctionné les deux agents, qui, à l’époque, travaillaient au sein de la division du crime organisé de la SQ.

Le sergent Simon Deveault-Bonenfant a écopé d’une suspension totale de 35 jours ouvrables sans salaire. L’agent François Bleau-Goulet a écopé de 20 jours ouvrables sans salaire.

Tous deux doivent également suivre une formation de 19 heures sur le profilage racial.

«Espérons que cela puisse peut-être modifier leur compréhension du profilage racial et changer les perceptions à l’égard des conducteurs noirs», a affirmé M. Niemi.

Il a ajouté que cela ne représentait peut-être qu’une goutte d’eau dans l’océan, mais que chaque affaire comptait. Il a également encouragé ceux qui ont dû attendre longtemps avant que justice soit faite.

«Le système peut prendre beaucoup de temps, mais les gens ne doivent pas se laisser décourager par ces longs délais», a souligé M. Niemi. «Seul le fait de déposer des plaintes peut apporter des changements.»

Une pratique récurrente

Ce n’est pas la première fois que M. Blot est victime de profilage racial.

En 2017, il a été menotté et a reçu une contravention alors qu’il gonflait des ballons pour ses enfants dans une auto stationnée.

Dans cette affaire, la Commission des droits de la personne du Québec s’est prononcée en sa faveur. M. Blot affirme que c’est une pratique qu’il subit depuis son adolescence.

«Ils m’arrêtent environ deux fois par mois», a-t-il mentionné.

Aujourd’hui, il affirme se battre également pour ceux dont les témoignages sont restés sans écho.

«Beaucoup de gens ont tenté de s’exprimer il y a de nombreuses années, [mais] personne n’était là pour les écouter, personne n’était là pour les croire», a-t-il ajouté. «Ce qui me pousse, ce qui me motive à agir ainsi, ce sont mes enfants. C’est ma responsabilité — notre responsabilité — de faire ce que nous devons faire aujourd’hui, afin qu’ils puissent vivre libres demain.»

L’Association provinciale des policiers du Québec (APPQ) a refusé de commenter.