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Après une attaque, des infirmières réclament plus de sécurité à l’hôpital de Rimouski

Un incident violent survenu dans la nuit de lundi inquiète les travailleurs et travailleuses.

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Hôpital de Rimouski Hôpital de Rimouski (Maude Parent | Noovo Info)

Des infirmières de l’urgence de l’hôpital de Rimouski ont refusé de travailler dans la nuit de mercredi à jeudi afin de réclamer plus de sécurité à l’urgence, une demande qui survient alors que quatre de leurs collègues ont été blessés dans l’attaque d’un usager.

C’est dans la nuit de lundi, autour de 2 heures du matin, qu’un homme de 28 ans, résident de Rimouski, s’est montré violent envers des employés de l’hôpital de Rimouski déclenchant un code blanc.

La Sûreté du Québec a confirmé jeudi matin à Noovo Info que des policiers ont été appelés à intervenir. Selon les informations obtenues par la police, la vie des employés blessés n’est pas en danger.

Le suspect, Andrii Halyanovskyy, a été arrêté et a comparu dès le lendemain au palais de justice de Rimouski pour y être accusé de quatre chefs d’accusation de voies de fait.

Sentiment d’insécurité

Au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent, le conseiller aux relations médias, Gilles Turmel, a fait savoir par courriel à Noovo Info que l’organisation était «préoccupée par la sécurité du personnel, particulièrement celui des urgences» et que dans ce cas, des agents de sécurité additionnels avaient été affectés à l’urgence de Rimouski lundi et mardi.

Les effectifs supplémentaires ont toutefois été retirés au bout de 48 heures, ce que déplorent les infirmiers et infirmières.

Des milliers d’infirmières en congé de maladie: que se passe-t-il au Québec? L’état du réseau de la santé est inquiétant. Selon des données dévoilées par le Journal de Montréal, plus de 4500 infirmières du réseau public seraient en congé de maladie.

Pour démontrer leur mécontentement, les infirmières et infirmiers de nuit ont refusé d’entrer au travail.

«Les travailleurs et travailleuses demandent la présence d’un agent de sécurité en tout temps la nuit en raison d’un grand sentiment d’insécurité», a partagé à Noovo Info le Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires du Bas-Saint-Laurent – FIQ.

Le dossier devant le TAT

Le refus de travail des infirmiers et des infirmières de nuit de l’hôpital de Rimouski n’a pas eu d’incidence sur les soins aux patients selon le CISSS du Bas-Saint-Laurent.

«Autrement, le personnel de soir est venu en renfort la nuit dernière, ce qui fait que les services ont été maintenus normalement. Le personnel de jour s’est aussi présenté comme prévu au travail ce matin [jeudi]. L’urgence de Rimouski fonctionne normalement aujourd’hui [jeudi]», a partagé Gilles Turmel.

M. Turmel ajoute que des enquêteurs de la CNESST ont été envoyés à l’hôpital jeudi et que «nous allons collaborer à son enquête».

Le CISSS du Bas-Saint-Laurent a déposé le dossier devant le Tribunal administratif du travail (TAT).

Selon la partie syndicale, une entente est survenue jeudi matin en conciliation «assurant le retour au travail ainsi que la création d’un groupe de travail sur la sécurité à l’urgence.»

«Les incidents violents comme celui qui s’est produit dans la nuit de dimanche sont malheureusement de plus en plus fréquents à l’urgence», a déclaré la vice-présidente Relations de travail du Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires du Bas-Saint-Laurent, Célina Caron, dans un communiqué transmis à Noovo Info. Même s’ils sont imprévisibles, l’employeur a l’obligation de mettre en place des mesures pour diminuer les risques et faciliter les interventions pour assurer la sécurité du personnel et des patients».