Un règlement de compte possiblement lié au crime organisé a fait deux morts dans la communauté Crie de Mistissini, qui a été placée en confinement une bonne partie de la matinée jeudi matin.
C’est vers 21h mercredi soir que les premiers appels concernant des détonations ont été effectués auprès des autorités, qui ont déclenché une vaste opération.
Selon nos informations, deux hommes au lourd passé judiciaire ont été retrouvés criblés de balles dans une voiture. Pour l’heure, aucun suspect n’a été arrêté dans cette affaire.
Le Bureau du coroner a confirmé jeudi après midi l’identité des deux hommes retrouvés sans vie. Il s’agit de Bedadin Neeposh, 30 ans, et de Daniel Benac, 29 ans de Mistissini.
La Sûreté du Québec (SQ), qui mène conjointement l’enquête avec la Police d’Eeyou Eenou (EEPF), a indiqué que le confinement n’était pas le résultat d’un «tireur actif», mais bien d’un «règlement de compte» en lien avec le trafic de stupéfiants.
Dans un communiqué transmis en fin d’avant midi jeudi, le chef de la nation, Michael Petawabano, a confirmé que le confinement avait été levé dans cette communauté située sur les rives du lac Mistassini, à 600 kilomètres au nord-ouest de Québec.
Tous les bâtiments communautaires, écoles, bureaux et installations ont été fermés le temps que les autorités sécurisent les alentours. «Le confinement avait été mis en place à la suite d’une grave fusillade. Bien que l’enquête soit toujours en cours, les forces de l’ordre ont déterminé qu’il n’y avait plus de menace pour la sécurité publique», a expliqué M. Petawabano.
«Nos pensées vont aux familles, et nous continuons à nous serrer les coudes en tant que communauté pour soutenir les personnes touchées par cette tragédie», a-t-il dit.
Le ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, a confirmé s’être entretenu avec le chef Petawabano «afin de lui offrir tout [son] soutien.»
«Nous sommes de tout cœur avec la Nation crie de Mistissini qui vit présentement un drame humain important. Le gouvernement du Québec doit tout faire pour les soutenir. J’aimerais offrir mes plus sincères condoléances, au nom du Parti Québécois, aux familles des deux victimes», a pour sa part mentionné le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon.
«Nous sommes de tout cœur avec la communauté crie. Mes pensées vont aux victimes et aux familles touchées par cette tragédie», a commenté de son côté le chef intérimaire du Parti libéral, Marc Tanguay, sur X.
Le co-porte-parole de Québec solidaire, Sol Zanetti, s’est quant à lui dit «bouleversé» par ce drame en marge du caucus présessionnel du parti à Montréal.
La population ébranlée
Charlene Awashish, qui habite depuis toujours à Mistissini, a raconté à La Presse canadienne qu’elle n’avait pratiquement pas dormi de la nuit après avoir appris la tragédie.
Mercredi soir, elle et son mari rentraient chez eux en voiture lorsqu’un ami les a appelés pour prendre de leurs nouvelles et les avertir qu’une fusillade avait eu lieu dans la communauté et que le suspect était toujours en fuite.
«J’ai immédiatement commencé à paniquer, puis j’ai demandé à mon fils de monter à l’étage, de fermer tous les rideaux, d’éteindre toutes les lumières et de verrouiller la porte», a relaté Mme Awashish.
Le couple est resté éveillé jusqu’à environ 2 h du matin. Son mari, un travailleur des services essentiels, s’est ensuite levé pour aller travailler à 6 h. Son départ a laissé Mme Awashish «un peu effrayé», a-t-elle avoué.
Elle a souligné que Mistissini est une communauté où tout le monde se connaît. «C’est vraiment triste de savoir que beaucoup de familles sont touchées par cette situation», a-t-elle déploré.
Avec la collaboration de Sébastien Auger, la Presse canadienne et de Marie-Claude Paradis Desfossés, Noovo Info

