La séance de la Commission de la sécurité publique de mardi soir lors de laquelle le chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Fady Dagher, a répondu aux questions du public en lien avec des allégations de racisme visant des policiers de Montréal-Nord a été «vraiment difficile», mais «nécessaire» selon le directeur du SPVM.
Lors de cette audience publique, plusieurs citoyens ont témoigné sur la présence policière dans Montréal-Nord, dénonçant un racisme systémique qui perdure depuis de nombreuses années.
«Il y avait des témoignages de jeunes personnes de 17 ans qui ne voulaient pas de présence policière dans Montréal-Nord et d’autres personnes, dont une mère qui voulait savoir quoi dire à ses enfants», s’est remémoré M. Dagher.
«Ce genre de témoignages sont venus me chercher émotionnellement», dit-il.
Il soutient que la séance de mardi a été «vraiment difficile», mais qu’il était «nécessaire de l’entendre».
Le chef du SPVM soutient que beaucoup de travail a été effectué cet été dans Montréal-Nord et qu’il est lui-même allé rencontrer les gens du quartier, les groupes communautaires et les différents partenaires du SPVM.
«On voyait qu’il y avait plus d’espoir et que les gens ont été soulagés de nous voir poser un geste important en lien avec le racisme», dit-il, ajoutant que le SPVM continuera de travailler pour améliorer le lien entre le public et la police.
Il a à nouveau fait valoir qu’un «changement de culture» s’impose au sein du SPVM, mais qu’il prendra du temps et que ce sera un processus «difficile» et «long», mais que des actions coconstruites avec la communauté seront mises en place sur le terrain.
«On va s’asseoir avec eux, ça, c’est dans l’immédiat, dans les prochaines semaines et prochains mois pour monter ces recommandations et en faire un plan d’action, mais qui appartient aux deux et non pas au SPVM», explique M. Dagher.
Un ensemble de mesures plus concrètes devrait d’ailleurs être annoncé à l’automne.
M. Dagher souligne également que des allégations criminelles sont présentement en train d’être préparées avec le DPCP pour les trois policiers qui ont été suspendus.
«Ce sont des conséquences extrêmement graves», rappelle-t-il.

