Un tribunal a statué qu’une femme de la Colombie-Britannique avait le droit de conserver les 112 235$ que son ex-conjoint avait gagnés en utilisant son compte de casino en ligne quelques semaines avant leur rupture.
Timothy Jones avait poursuivi son ex-conjointe, Cheryl Johnson, devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique au sujet de ces gains, faisant valoir qu’elle s’était enrichie injustement grâce à cette manne inattendue.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Le juge Ronald Tindale n’était pas de cet avis, estimant que cette somme considérable appartenait à Mme Johnson seule — peu importe qui jouait à la machine à sous en ligne au moment du gros lot remporté en avril 2022.
«Il ne s’agit pas ici d’un cas où les gains de casino auraient été versés par erreur à la défenderesse», peut-on lire dans la décision du juge Tindale, rendue la semaine dernière. «Il s’agissait du compte de casino de la défenderesse et c’était l’argent de la défenderesse qui a été utilisé pour jouer la partie gagnante.»
Le juge a également conclu que M. Jones avait joué sans autorisation. Mme Johnson, une travailleuse sociale de 51 ans, a témoigné qu’elle lui avait demandé de cesser d’utiliser son compte pour jouer plusieurs mois avant le gain, en décembre 2021, ce qu’il n’a pas contesté.
Et bien que le tribunal ait entendu que Cheryl Johnson avait laissé entendre, dans un message texte envoyé quelques semaines après le gros lot, que M. Jones pourrait avoir droit à une partie des gains, et qu’elle lui avait versé une série de paiements totalisant environ 5200$, elle a témoigné qu’elle l’avait fait uniquement pour «le faire sortir de sa vie», selon la décision.
Différend sur les circonstances
M. Jones, également âgé de 51 ans et pêcheur commercial, vivait avec Mme Johnson au moment du tour chanceux, au printemps 2022.
Comme il travaillait de façon saisonnière, M. Jones dépendait alors de l’assurance-emploi — et a expliqué au tribunal qu’il avait reçu une prestation le 13 avril de cette année-là, et qu’il avait déposé 190$ dans le compte bancaire de Mme Johnson.
M. Jones a ensuite transféré 80$ de ce dépôt sur le compte de Mme Johnson sur une plateforme de casino en ligne appelée JackpotCity, et a utilisé ces fonds pour remporter environ 120 000 $ le même jour. Il a fait valoir qu’il avait droit à tout ce qui restait après que Mme Johnson lui eut envoyé 5200$ et donné quelques centaines de dollars à son fils adolescent.
«Le demandeur affirme que, puisqu’il a fourni les fonds permettant de remporter ces gains au casino, il est le bénéficiaire effectif de ces gains et que la défenderesse a reçu ces fonds à titre de fiduciaire présumée», peut-on lire dans le jugement de Tindale.
Mme Johnson a toutefois contesté cette version des faits, affirmant dans son témoignage que c’était elle qui avait transféré les 80$ sur le compte, pour son usage personnel, alors qu’elle faisait des achats chez Costco.
Le juge a noté que Jones, lors d’une déposition antérieure, avait déclaré qu’il n’était «pas certain» de savoir lequel des deux avait effectué le virement.
L’ex-petit ami — qui a témoigné qu’il devait de l’argent à Mme Johnson à l’époque, mais qu’il la rembourserait dès qu’il le pourrait — avait également utilisé 140$ des 190 $ qu’il avait déposés ce matin-là pour emmener Mme Johnson et sa fille chez Denny’s, selon la décision.
Il ne serait donc resté que 50$, et non 80$.
Une publication Facebook remise en question
Un désaccord existait également quant à savoir qui jouait réellement à la machine à sous au moment du gros lot.
Le fils adolescent de Mme Johnson a mentionné au tribunal que M. Jones l’avait appelé pour jouer après avoir atteint une ronde de bonus, et que c’était lui qui appuyait sur les boutons lorsque les 120 000$ ont été remportés.
M. Jones a seulement reconnu avoir permis au garçon — qui n’a pas l’âge légal pour jouer dans la province — de «faire quelques tours» plus tôt dans la journée, selon la décision du juge Tindale.
Le tribunal a également appris que M. Jones avait publié sur Facebook un message indiquant en substance «il a gagné» après le gain. M. Jones a admis l’avoir fait, mais a déclaré qu’il faisait référence à lui-même, et non au fils de son ex-conjointe.
«À mon avis, cette explication n’a guère de sens», a conclu le juge,
Le juge a estimé que peu importait qui se trouvait derrière l’ordinateur, puisque l’argent utilisé appartenait à Mme Johnson.
Un autre argument avancé par Jones — selon lequel c’était sa propre stratégie de jeu qui avait permis d’atteindre la ronde de bonus — a également été rejeté.
«À mon avis, dans un jeu de hasard, aucune stratégie employée par le demandeur n’a pu entraîner les gains au casino au-delà du simple fait que le demandeur ait joué au jeu», peut-on lire dans la décision du juge Tindale.

