Justice

EXCLUSIF | Textos par centaines: un Montréalais devant la justice pour harcèlement d’une étudiante de l’UQTR pendant trois ans

«Il m’a montré des vidéos de moi qu’il avait prises au café en me disant qu’il les regardait tout le temps.»

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Un Montréalais devant la justice pour avoir harcelé une jeune femme de Trois-Rivières pendant trois ans

Une jeune femme, étudiante à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), aurait vécu l’enfer pendant trois ans alors qu’un homme qui disait être amoureux d’elle l’aurait harcelée.

Mohamed Derouich fait face à trois chefs d’accusation: harcèlement criminel, menaces et bris de promesse de non-contact.

Jeanne Bédard est déménagée du Saguenay à Trois-Rivières en 2023 afin de poursuivre ses études à l’UQTR. Elle a notamment intégré les Patriotes en cross-country.

C’est quelques mois après son arrivée, alors qu’elle fréquente régulièrement un café avec des amis et amies, qu’elle se rend compte qu’un homme la fixe intensément.

Mme Bédard a confié en exclusivité à Noovo Info que l’homme sera ainsi présent au café pratiquement chaque fois qu’elle y sera et qu’il aura le même comportement d’une fois à l’autre, soit de se rapprocher de sa table et de la fixer.

Au fil des mois, Mohamed Derouich aurait poussé l’audace plus loin en filmant la jeune femme alors qu’il feint d’être au téléphone et en la suivant à l’extérieur du café.

«Il m’a approché pour me dire qu’il était en amour avec moi», a confié la jeune femme, insistant sur le fait qu’elle n’était pas intéressée.

Jeanne Bédard affirme que le manège de Derouich s’est poursuivi en 2024, même si elle avait choisi de moins fréquenter le café trouvant la situation «trop bizarre».

Dès qu’elle y mettait les pieds, Derouich reprenait son harcèlement. «La session d’après en septembre 2024, j’ai recommencé à aller au café», a-t-elle raconté. «Même chose qu’avant, il changeait de place, me fixait.»

«Une journée en octobre, je suis partie du café et il m’a suivi jusqu’à mon auto, mais je me suis cachée avant qu’il me voie.»

—  Jeanne Bédard

À ce moment, l’idée d’aller voir la police lui vient en tête, mais elle hésite croyant qu’elle n’a pas assez d’éléments de preuve en main pour que les autorités interviennent.

En 2025, Jeanne Bédard croise Mohamed Derouich à l’UQTR et décide de le confronter pour qu’il cesse de la fixer et de la suivre.

Le message ne passe pas.

Au retour du congé estival, en septembre 2025, Jeanne Bédard décide de ne plus aller au café. «J’avais trop peur», a-t-elle confié.

Elle finit tout de même par croiser Derouich à l’épicerie en mars 2025.

«Il m’a attendu dehors et m’a suivie jusqu’à mon auto», a relaté la jeune fille, avouant avoir cédé devant l’insistance de Derouich et lui avoir remis son numéro de téléphone «pour qu’il me lâche» et «pour avoir des preuves. «Il était vraiment insistant, il m’a montré des vidéos de moi qu’il avait prises au café en me disant qu’il les regardait tout le temps.»

Une première plainte en mars 2025

Mohamed Derouich en aurait rajouté. «Il a commencé à me harceler de textos et d’appels, il m’a dit qu’il allait s’enlever la vie si je ne voulais pas être avec lui», témoigne-t-elle. «Je suis allée voir la police en mars 2025 pour une première plainte.»

Derouich est alors visé par un interdit de contact.

Jeanne Bédard n’aura plus de nouvelles de son harceleur jusqu’en août 2025, moment où elle affirme avoir reçu 500 messages et plusieurs appels de Derouich.

«J’ai refait une plainte à la police», a affirmé Mme Bédard qui précise que Derouich aurait proféré des menaces de mort envers son copain.

Mohamed Derouich a donc été arrêté à la suite de la plainte de Jeanne Bédard. Il a été remis en liberté pour la suite des procédures judiciaires intentées contre lui, mais avec des conditions strictes, notamment l’interdiction d’être à Trois-Rivières et l’obligation de porter un bracelet antirapprochement.

Derouich n’a pas encore déposé de plaidoyer. Il doit revenir en cours en mars.

L’importance d’aviser la police

Si Mme Bédard a hésité longtemps avant de porter plainte à la police, et ce pour différentes raisons, les autorités suggèrent d’agir le plus rapidement possible.

«À partir du moment où on se sent menacé ou intimidé et à partir du moment où on se pose la question, est-ce que je devrais aller voir la police, c’est que possiblement on est rendu-là», a expliqué Isabelle Blanchette, policière au Service de police de la Ville de Trois-Rivières, rappelle du coup qu’il ne faut pas hésiter à demander de l’aide.