Justice

Coupable de crimes sexuels, l’ex-skieur Dominique Laroche «regrette» et souhaite aller de l’avant

Les observations sur la peine surviennent cinq ans après son arrestation pour divers crimes sexuels à l’endroit d’une personne d’âge mineur.

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Dominique Laroche au palais de justice de Québec - Archives Noovo Info Dominique Laroche au palais de justice de Québec - Archives Noovo Info

Après plusieurs reports, les observations sur la peine ont pu avoir lieu vendredi dans le dossier de l’ancien skieur acrobatique Dominique Laroche, au palais de justice de Québec.

La procédure survient cinq ans après son arrestation pour divers crimes sexuels à l’endroit d’une personne d’âge mineur.

L’accusé de 65 ans a amorcé la journée avec la lecture, parfois entrecoupée de sanglots, d’une longue lettre dans laquelle il revient sur plusieurs éléments de sa vie, dont les nombreuses maîtresses qu’il a côtoyées dans ce qu’il qualifie de «mode de vie», reconnaissant que son statut de vedette sportive aurait rendu les rencontres du genre particulièrement faciles.

Il a précisé que la victime était pour lui une maîtresse comme les autres, mais reconnaît qu’il a enfreint avec elle la règle du «three times is too much», ajoutant qu’il aurait dû comprendre qu’elle commençait à avoir des sentiments pour lui.

M. Laroche a également exprimé les impacts que son arrestation en juin 2021 a eus sur sa vie, lui faisant perdre à la fois sa conjointe, de nombreux amis et son travail. Par ailleurs, il a évoqué qu’en prison, son statut vedette fait de lui une cible pour les autres détenus.

À la fin de son témoignage, l’accusé a dit avoir des regrets pour ce qu’il considère avoir été une «erreur», espérant que tout s’arrête et que tout se replace, pour lui comme pour la victime.

L’avocate de Laroche, Me Maria Vivas Rodriguez, a expliqué de son côté que la médiatisation de l’affaire a eu un impact majeur sur son client.

Me Vivas estime d’ailleurs que les derniers mois passés en prison par son client lui ont permis d’amorcer une réflexion sur la situation, ajoutant que les conditions y sont difficiles et que la période de détention provisoire devrait compter pour le double.

Elle fait aussi valoir que la violence exercée envers la victime n’était pas intentionnelle ou le but de lui faire du mal.

À son tour, le procureur Michel Bérubé a souligné plusieurs éléments qui, selon lui, démontrent l’absence de cheminement de l’accusé pour reconnaître ses torts.

«Ce dernier continue de nier et de minimiser sa responsabilité. Il va même jusqu’à évoquer “un complot” des autorités carcérales pour le placer dans des secteurs violents de la prison.»

—  Me Michel Bérubé, procureur au Directeur des poursuites criminelles et pénales

Selon lui, on n’a par ailleurs aucune preuve d’un début de travail amorcé par l’accusé pour régler sa déviance sexuelle.

Les nombreuses conséquences des agressions sur la vie de la victime et de ses proches ont aussi été rappelées à la Cour, Me Bérubé soulignant que celles-ci sont survenues dans une période charnière de la vie de la jeune femme, alors qu’elle était vulnérable et qu’elle avait confiance.

Pour le procureur, il est clair que la victime a été réduite à l’état d’objet par M. Laroche.

La Couronne réclame une peine de 12 ans de prison, alors que la défense espère un maximum de quatre à cinq ans.

La juge rendra sa décision en septembre.

«J’ai été manipulée, utilisée, exploitée, trahie», avait raconté la victime

M. Laroche avait été reconnu coupable l’automne dernier de cinq chefs d’accusation d’agression sexuelle, contacts sexuels, incitation à des contacts sexuels et d’exploitation sexuelle.

En mai dernier, son avocate avait déposé une réouverture d’enquête lors des observations sur la peine. Une manœuvre qui compliquerait les choses pour la suite. C’est aussi une procédure qui est «très rare», selon Me Cédric Materne, avocat en droit criminel. Il a souligné le fait que la demande est effectuée tardivement.

La victime de M. Laroche avait d’ailleurs donné un témoignage émotif au tribunal. «Mon adolescence s’est passée comme ça: à la manière d’un lent cauchemar […] Mes pensées, mes émotions ont été volées, puis polluées par les fantasmes dérangés d’un esprit malade», avait-elle dit.

«J’ai été manipulée, utilisée, exploitée, trahie», la victime de Dominique Laroche témoigne en cour L’ex-skieur acrobatique Dominique Laroche était de retour jeudi au palais de justice de Québec huit mois après sa condamnation pour des gestes à caractère sexuel sur une victime qui avait de 13 à 16 ans au moment des faits.

Ce qui aurait commencé par des compliments se serait rapidement transformé en attouchements et en relations sexuelles complètes sur plus d’une décennie. La victime était âgée de 25 ans lorsque les actes allégués auraient pris fin.

La victime se serait sentie coupable et aurait décidé de garder le silence. Ce n’est qu’en 2021 qu’elle aurait décidé de raconter son histoire pour la première fois à ses proches, alors que les réseaux sociaux l’auraient convaincu qu’elle n’était pas seule dans cette situation.

Avec des informations de Félix-Antoine Audet pour Noovo Info