Justice

Recherché au Canada, un ex-doyen de la faculté de droit de l’Université du Manitoba arrêté en Europe

Une procédure d’extradition est en cours, selon les autorités.

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Sur cette photo non datée, on voit Jonathan Black-Branch, ancien doyen de la faculté de droit de l'Université du Manitoba. Il a été arrêté en Europe à la suite d'une demande d'extradition, après qu'un mandat d'arrêt a été émis à l'échelle nationale pour fraude d'un montant supérieur à 5000$. (Université du Manitoba) Sur cette photo non datée, on voit Jonathan Black-Branch, ancien doyen de la faculté de droit de l'Université du Manitoba. Il a été arrêté en Europe à la suite d'une demande d'extradition, après qu'un mandat d'arrêt a été émis à l'échelle nationale pour fraude d'un montant supérieur à 5000$. (Université du Manitoba)

Un ancien doyen de la faculté de droit de l’Université du Manitoba, qui faisait l’objet d’un mandat d’arrêt pancanadien pour fraude, a été arrêté en Europe, a confirmé la police.

Un porte-parole du Service de police de Winnipeg a confirmé à CTV News que Jonathan Black-Branch avait été arrêté en Europe «à la suite d’une demande d’extradition».

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Le porte-parole de la police, l’agent Stephen Spencer, a indiqué mardi dans un communiqué envoyé par courriel que la procédure d’extradition était en cours.

CTV News a contacté le Service de police de Winnipeg pour obtenir plus de détails sur l’arrestation et l’extradition, et attend une réponse.

Le Service de police de Winnipeg avait précédemment rapporté qu’un mandat d’arrêt valable dans tout le Canada avait été émis contre Jonathan Black-Branch le 30 mars 2026 pour une accusation de fraude de plus de 5000$.

Il a occupé le poste de doyen de la faculté de droit de l’Université du Manitoba de 2016 à 2020, un mandat initialement prévu pour cinq ans. Une enquête interne, lancée à la suite d’une plainte, a révélé qu’il avait détourné plus de 660 000$ de fonds universitaires pendant cette période — une somme dépensée pour des programmes de perfectionnement professionnel, des adhésions à des clubs, des hébergements et des repas.

L’Université du Manitoba a intenté une poursuite contre lui devant la Cour du Banc du Roi du Manitoba en août 2024 pour récupérer ces fonds.

Selon la poursuite, Jonathan Black-Branch avait accès à plusieurs fonds de l’université en tant que doyen de la faculté de droit, notamment les fonds de fonctionnement généraux et les fonds de dotation de la faculté, en plus du Fonds Desautels, un compte soumis à des restrictions imposées par les donateurs.

Les dossiers judiciaires indiquent que plus de 518 000$ ont été dépensés pour des programmes de perfectionnement professionnel entre décembre 2017 et juillet 2019, notamment un MBA pour cadres et un LLM pour cadres, ainsi que des cours à l’Université Harvard, à la Cambridge Judge Business School et au Yale Global Executive Leadership Program.

Le bâtiment administratif de l'Université du Manitoba, photographié le 2 avril 2026. (Jeff Keele/CTV News Winnipeg) Le bâtiment administratif de l'Université du Manitoba, photographié le 2 avril 2026. (Jeff Keele/CTV News Winnipeg)

Sur ce total, 472 281,52 $ ont été imputés au Fonds Desautels, ce qui, selon l’université, constitue une violation à la fois de la politique de l’université et de l’entente régissant ce fonds.

La poursuite allègue également que M. Black-Branch a fait en sorte que l’établissement verse 75 000$ à un organisme sans but lucratif voué au désarmement nucléaire, dont il était président du conseil d’administration, en imputant ce paiement à un autre fonds de l’université destiné aux programmes de droit et au personnel.

La poursuite allègue qu’il a contourné la surveillance en faisant passer les paiements d’honoraires par un système d’approbation différent de celui que son superviseur direct aurait examiné, puis en approuvant lui-même les paiements en utilisant ses propres pouvoirs au sein de la Faculté de droit.

M. Black-Branch a été congédié en juillet 2020, et à un moment donné, il a quitté le pays.

L’Université du Manitoba a obtenu un jugement par défaut en mai 2025 pour un montant de 679 269,98 $, plus les frais juridiques, portant intérêt à un taux de trois pour cent par année.

Un porte-parole de l’université a déclaré en avril 2026 que les efforts pour récupérer les fonds se poursuivaient. CTV News a contacté l’université pour obtenir des nouvelles.

L’établissement a depuis mis en place des mesures supplémentaires pour prévenir la fraude et les irrégularités financières, notamment une nouvelle politique et un cours sur la gestion financière et la conduite éthique.

On ignorait où se il trouvait

Les documents judiciaires déposés par l’avocat de l’Université du Manitoba indiquent que la dernière adresse connue de Jonathan Black-Branch se trouve à Oxford, en Angleterre. Un huissier de justice basé au Royaume-Uni, engagé pour lui signifier l’acte de poursuite, n’a pas réussi à le localiser à cette adresse, ni dans une autre propriété qu’il pourrait posséder en Angleterre, selon ces documents.

Une déclaration sous serment faite en décembre 2024 indique qu’un voisin pensait que M. Black-Branch avait déménagé en Suisse, en citant un appel provenant d’un numéro avec un indicatif régional suisse et le témoignage d’un autre résident selon lequel il était parti pour la Suisse sans donner de date de retour.

Les documents indiquaient qu’il y avait «des soupçons» selon lesquels Jonathan Black-Branch se trouvait peut-être en Suisse, mais que son adresse restait inconnue à ce moment-là, et que les tentatives pour le joindre par courriel et par téléphone avaient échoué.

Avant de rejoindre l’Université du Manitoba, M. Black-Branch avait enseigné et travaillé dans plusieurs pays, dont la Suisse, le Danemark et le Royaume-Uni, selon un profil de membre du corps professoral de l’Université du Manitoba archivé via Wayback Machine, qui n’est plus accessible en ligne.

Il a aussi reçu la Médaille du jubilé d’argent de la reine Elizabeth II, selon ce profil, pour «ses services méritoires et dévoués à la communauté».

Un mandat d'arrêt valable sur l'ensemble du territoire canadien a été émis à l'encontre de Jonathan Black-Branch, ancien doyen de la faculté de droit de l'Université du Manitoba de 2016 à 2020. (Université du Manitoba) Un mandat d'arrêt valable sur l'ensemble du territoire canadien a été émis à l'encontre de Jonathan Black-Branch, ancien doyen de la faculté de droit de l'Université du Manitoba de 2016 à 2020. (Université du Manitoba)

Radié du barreau au Manitoba, en Angleterre et au Pays de Galles

Jonathan Black-Branch a été radié du barreau par le Barreau du Manitoba en février 2024 après qu’un comité disciplinaire l’ait déclaré coupable de faute professionnelle et de conduite indigne d’un avocat.

Les conclusions du comité, rendues le 15 décembre 2023, faisaient suite à une audience qui avait débuté en septembre de la même année, à laquelle il n’avait pas assisté. Au cours des dates d’audience prévues entre septembre et novembre 2023, il a demandé à plusieurs reprises des ajournements de dernière minute, invoquant ce qu’il décrivait dans ses courriels comme une «affection chronique» comprenant de la dépression, de l’anxiété, des crises de panique et ce qu’il appelait des «accès de paranoïa» qui, selon lui, étaient antérieurs à son déménagement à Winnipeg.

La commission a rejeté chaque demande, estimant que les documents médicaux à l’appui ne constituaient pas un véritable diagnostic ou pronostic, et a procédé à l’audition de l’affaire en son absence.

M. Black-Branch a également été radié du Barreau par le Bar Standards Board d’Angleterre et du Pays de Galles, après qu’un tribunal eut conclu que les cinq chefs d’accusation portés contre lui étaient fondés, notamment celui selon lequel il avait omis de divulguer la procédure au Manitoba à son organisme de réglementation britannique. Selon la décision écrite, il ne s’est pas présenté ni n’était représenté à l’audience.

Le tribunal a conclu que sa conduite constituait une «malhonnêteté flagrante et persistante».

CTV News a aussi contacté la GRC pour obtenir des commentaires, mais sans retour au moment de publier cet article.

Milan Lukes

Milan Lukes

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CTV News Winnipeg Editorial Producer