Justice

Mission de l’Esprit-Saint : cinq mères accusées d’avoir exploité une école illégale

Ces constats d’infraction sont déposés dans la foulée de l’enquête ordonnée par le ministère de l’Éducation sur les activités de ce mouvement religieux aux dérives sectaires.

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Mères accusées d’avoir exploité une école illégale: une ex-membre de la Mission de l'l’Esprit-Saint réagit Noovo Info a appris que le Directeur des poursuites criminelles et pénales a déposé des constats d’infraction contre cinq mères liées à la Mission de l’Esprit-Saint accusées d’avoir exploité un établissement d’enseignement privé sans permis.

Noovo Info a appris que le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a déposé des constats d’infraction contre cinq mères liées à la Mission de l’Esprit-Saint accusées d’avoir exploité un établissement d’enseignement privé sans permis.

Les accusations découlent d’une enquête menée depuis plusieurs mois ordonnée par le ministère de l’Éducation sur les activités éducatives de la faction de Joliette de ce mouvement religieux aux dérives sectaires.

Les cinq femmes sont visées par des constats d’infraction dont Noovo Info a obtenu copie pour avoir «tenu un établissement d’enseignement privé auquel s’applique la présente loi sans être titulaire d’un permis» – une infraction prévue aux articles 10 et 128 de la Loi sur l’enseignement privé.

Les accusées sont Providence Francoeur, Sabrina Richard, Eugénie Savard, Eugénelle Savard et Richelle Giguère. Les infractions alléguées auraient été commises entre novembre 2025 et avril 2026, principalement à Saint-Liguori et, dans certains cas, à Crabtree.

Chaque constat réclame le paiement d’une amende minimale de 500 $, à laquelle s’ajoutent les frais et la contribution, pour un montant total de 747 $.

L’école se poursuit, mais uniquement pour leurs enfants

Selon les informations obtenues par Noovo Info, les activités d’enseignement se poursuivent désormais sous la forme d’école à la maison, mais uniquement pour les enfants des familles concernées. Les mères ne recevraient plus d’autres élèves.

Le ministère de l’Éducation continuerait toutefois d’assurer un suivi étroit des activités éducatives liées à la Mission de l’Esprit-Saint afin de s’assurer du respect de la législation en vigueur.

Une ex-membre «agréablement surprise»

En entrevue mercredi au Noovo Info 22 avec la journaliste et cheffe d’antenne Marie-Claude Paradis-Desfossés, Fée Larivière qui est une ex-membre de la Mission, a indiqué être «agréablement surprise» du fait que le ministère de l’Éducation prenne des mesures et «bouge enfin».

«Selon moi, c’est une bonne chose que ça bouge.»

—  Fée Larivière, ex-membre de la Mission de l’Esprit-Saint

Toutefois, Mme Larivière indique qu’il manque de «structure» au niveau du ministère. Elle ajoute que c’est un bon moyen de «structurer» les personnes qui font l’école à la maison, les sectes et les mouvements religieux.

Concernant les cinq mères, Mme Larivière soutient qu’elles sont des victimes de «leurs croyances» alors qu’on enseigne notamment aux femmes qu’il faut être des mères à un jeune âge.

Dans la foulée des révélations de Noovo Info

Ces accusations surviennent plusieurs mois après le lancement de l’enquête du ministère de l’Éducation et dans la foulée des révélations de la journaliste Marie-Christine Bergeron sur les pratiques du groupe religieux.

Le documentaire La prison de l’Esprit-Saint, diffusé sur Crave, avait mis en lumière plusieurs allégations d’emprise psychologique et de dérives sectaires au sein du mouvement.

En réaction aux constats d’infraction, des ex-membres ayant dénoncé les activités de la Mission de l’Esprit-Saint ont accueilli favorablement le dépôt de ces constats d’infraction, y voyant une première reconnaissance concrète de leurs démarches auprès des autorités.