La femme reconnue coupable d’avoir aspergé d’eau bouillante un enfant de 10 ans s’est vu refuser l’accès à des permissions de sortie temporaire de prison.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Stéphanie Borel, 47 ans, a purgé cinq mois de prison après avoir plaidé coupable de voies de fait graves en septembre, pour avoir ébouillanté le garçon en octobre 2024.
«La commission estime que votre niveau d’introspection demeure insuffisant et que la compréhension des mécanismes ayant mené à un acte d’une telle gravité doit être encore approfondie», a écrit la Commission québécoise des libérations conditionnelles dans sa décision.
La Commission a décidé que l’incarcération «demeure la mesure à privilégier».
L’enfant jouait au «sonne-décrisse» avec des camarades de classe depuis plusieurs mois avant que Mme Borel ne lui jette de l’eau bouillante dessus en lui disant: «C’est chaud, hein? Décalissez!»
La Commission québécoise des libérations conditionnelles a indiqué que Mme Borel n’avait fait aucune tentative pour communiquer avec la police ou les parents des enfants au sujet de leurs farces à sa porte avant d’agresser le garçon.
Elle a toutefois appelé la police deux jours après avoir ébouillanté le garçon pour «dénoncer ce que vous perceviez comme du harcèlement de la part de votre voisinage» et pour admettre qu’elle avait jeté de l’eau bouillante sur quelqu’un, mais a affirmé qu’elle ne savait pas qu’il s’agissait d’un enfant.
«Lors de votre arrestation et de votre interrogatoire subséquent, vous avez réitéré ne pas connaître la victime et avez soutenu que vous faisiez chauffer de l’eau afin de déboucher vos tuyaux. Vous avez également expliqué votre réaction par les désagréments causés par les coups répétés à votre porte, lesquels, selon vous, perturbaient vos chats, ainsi que par un contexte de stress associé à des changements sur le plan professionnel.»
Elle a été condamnée à 27 mois derrière les barreaux.
Le document indique que Mme Borel reconnaît désormais avoir fait chauffer de l’eau dans l’intention de la jeter sur «la personne qui viendrait frapper» à la porte, et qu’elle soupçonnait qu’il s’agissait d’enfants.
Toutefois, précise le document, elle soutient qu’il ne s’agissait pas d’un acte prémédité, «mais plutôt impulsif, ayant envisagé celui-ci peu de temps avant de passer à l’acte».
Elle cherchait, selon le document, à mettre fin à la situation et ne pensait pas que l’eau était assez chaude pour causer des brûlures, ce qui a pourtant été le cas.
Mme Borel a grandi avec un père violent et a été victime de maltraitance pendant son enfance, indique le document, ce qui a«contribué à l’apparition de difficultés émotionnelles et d’un sentiment d’insécurité persistant».
Bien que la Commission des libérations conditionnelles admette que son risque de récidive est faible et qu’elle ait participé à plusieurs programmes et ateliers visant à améliorer son comportement, plusieurs facteurs négatifs viennent contrebalancer les progrès qu’elle a accomplis.
«La Commission ne peut passer sous silence la nature et la gravité objective des délits commis», écrit l’organisme.
«Elle retient notamment que vous avez volontairement projeté de l’eau bouillante en direction d’un enfant de […] ans, geste dont les conséquences auraient pu être encore plus dramatiques. Elle considère également la gravité des séquelles subies par la victime, lesquelles ont été multiples et durables.»
«La Commission estime par ailleurs que les gestes posés apparaissent gratuits, d’une grande cruauté et dirigés vers une personne particulièrement vulnérable en raison de son âge.»
Il a également été indiqué qu’elle avait fait preuve d’un manque de jugement impulsif, qu’elle n’avait pas expliqué pourquoi elle avait décidé de faire bouillir de l’eau et qu’elle avait prétendu ne pas savoir que la victime était un enfant.

