Justice

Audience reportée pour un ex-prêtre accusé de possession de matériel pédopornographique

Selon les documents judiciaires, les infractions présumées se sont déroulées entre le 7 et le 9 avril.

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On voit Brian Boucher sur cette photo de police non datée. (La Presse canadienne/SPVM) On voit Brian Boucher sur cette photo de police non datée. (La Presse canadienne/SPVM)

Un ancien prêtre de Montréal, reconnu coupable en 2019 d’avoir abusé sexuellement de deux garçons, fait face à des accusations de possession et de consultation de matériel pédopornographique.

L’avocat de Brian Boucher s’est présenté aujourd’hui devant un tribunal de Montréal en son nom, et l’audience a été reportée au 8 septembre.

Selon les documents judiciaires, les infractions présumées se sont déroulées entre le 7 et le 9 avril.

Cet homme de 64 ans a été condamné en 2019 à huit ans de prison pour avoir agressé sexuellement deux garçons, après avoir été reconnu coupable dans l’une des affaires et avoir plaidé coupable dans l’autre.

M. Boucher a travaillé dans dix églises de la région de Montréal entre 1985 et 2015. Les abus ont eu lieu dans deux églises : entre 1995 et 1999 pour l’une des victimes, et entre 2008 et 2011 pour l’autre.

Il a obtenu sa libération d’office en 2024 et purgeait le reste de sa peine en milieu communautaire, dans un établissement résidentiel agréé, avant son arrestation récente.

Dans un rapport de 2024 rédigé avant sa libération, la Commission des libérations conditionnelles a indiqué à Boucher que son équipe de gestion de cas «mentionne qu’il y a une forte probabilité que tu aies commis d’autres actes sexuels dans le passé».

«En fait, un rapport d’enquête publique de septembre 2020 a révélé que plusieurs plaintes avaient été déposées contre toi depuis le début des années 1980 concernant ton comportement inacceptable et ton intérêt pour les jeunes garçons», pouvait-on y lire. «En 2002, ton nom figurait sur une liste officielle de prêtres potentiellement pédophiles, dressée par un membre du clergé.»

Selon la loi, la libération d’office est accordée lorsqu’un détenu a purgé les deux tiers de sa peine, mais la commission a imposé un certain nombre de conditions, notamment l’obligation pour Boucher de vivre dans un établissement agréé et de ne pas entrer en contact avec des enfants ou les victimes.

À la fin de 2025, la Commission des libérations conditionnelles a modifié les conditions de libération de Boucher pour lui ordonner de rester à l’écart de certaines zones des arrondissements de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce et de la Ville de Mont-Royal, sauf pour des raisons médicales, après qu’une des victimes eut signalé l’avoir aperçu.

On l’a également vu dans des endroits où la victime et sa famille sont susceptibles de se trouver, précise le rapport.

«Le Service correctionnel du Canada estime que tu n’es pas digne de confiance, que tu as déjà montré que tu ne respectais pas les limites émotionnelles des autres, ce qui expose les victimes et leurs familles à un risque de traumatisme supplémentaire», peut-on lire dans le rapport.

Brian Boucher a été officiellement déchu de ses fonctions sacerdotales en 2020. Sa condamnation et l’enquête indépendante qui a suivi ont suscité des critiques à l’encontre du diocèse catholique de Montréal, accusé de ne pas avoir pris au sérieux les plaintes portées contre Boucher.

L’archevêque de Montréal a promis en 2020 de mettre en œuvre une série de recommandations issues de l’enquête, notamment des protocoles stricts pour gérer les cas d’abus et des sanctions pour ceux qui enfreignent les règles.