États-Unis

Ce que fera Donald Trump s’il gagne les élections de mi-mandat 2026 aux États-Unis

Une victoire qui pourrait paver la voie à un 3e mandat?

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President Donald Trump speaks during a campaign rally at the Shoemaker Center at Ohio University Chillicothe in Chillicothe, Ohio, Wednesday, Oct. 28, 2026. (AP Photo/Mark Schiefelbein) Le président Donald Trump prend la parole lors d'un rassemblement électoral au Shoemaker Center de l'université de l'Ohio à Chillicothe, dans l'Ohio, le mercredi 28 octobre 2026. (Mark Schiefelbein)

Les élections de mi-mandat qui auront lieu le 3 novembre prochain aux États-Unis pourraient être déterminantes pour la suite de la présidence de Donald Trump.

Au moment d’écrire ces lignes, l’agrégateur de sondages de CNN prévoyait avec seulement 43% de probabilités que les républicains conservent le contrôle des deux chambres du Congrès après le scrutin.

Noovo Info s’est entretenu avec le chercheur en résidence à l’Observatoire sur les États-Unis de la chaire Raoul-Dandurand de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) Victor Bardou-Bourgeois afin de comprendre ce qu’impliquerait néanmoins une victoire républicaine dans les élections de mi-mandat.

Quels changements au Congrès?

Un statuquo au Congrès ne changerait pas grand-chose sur le plan législatif, d’après Victor Bardou-Bourgeois, puisque Donald Trump détient déjà une majorité au Sénat et à la Chambre des représentants.

«Malgré tout, c’est un président qui a surtout gouverné par décret, donc sans demander l’avis du Congrès, sans porter ses projets de loi devant les législateurs», rappelle le chercheur.

Victor Bardou-Bourgeois, chercheur en résidence à l'Observatoire sur les États-Unis de la chaire Raoul-Dandurand de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) Victor Bardou-Bourgeois, chercheur en résidence à l'Observatoire sur les États-Unis de la chaire Raoul-Dandurand de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). (Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques)

Depuis le retour au pouvoir de Trump, il y a deux ans, un seul projet de loi est ainsi passé à travers le processus législatif : son Big Beautiful Bill adopté à l’été 2025, qui comprenait notamment des réductions d’impôts massives et des centaines de milliards de dollars destinés à la lutte à l’immigration.

Une victoire républicaine aux élections de mi-mandat pourrait toutefois avoir un impact sur certaines nominations. Ce sont en effet les sénateurs qui confirment les candidatures présidentielles à la Cour suprême.

«Si les républicains conservent ne serait-ce que le Sénat, il y a de bonnes chances qu’il y ait au moins un des juges de la Cour suprême qui décide de prendre sa retraite pour être remplacé par un juge conservateur plus jeune», évalue M. Bardou-Bourgeois.

Advenant une défaite le 3 novembre, Donald Trump se retrouverait plutôt devant une assemblée législative qui lui est hostile et qui pourrait enquêter sur sa présidence.

Ce qui arrivera à Trump en cas de défaite aux élections de mi-mandat Les élections de mi-mandat qui auront lieu le 3 novembre prochain aux États-Unis pourraient être déterminantes pour la suite de la présidence de Donald Trump.

Un ton qui s’adoucit ou qui s’aggrave?

Donald Trump a multiplié les sorties publiques en faveur de candidats républicains au cours des dernières semaines et il n’a pas ménagé ses propos envers leurs adversaires. Peut-on s’attendre à ce qu’il adoucisse le ton en cas de victoire… ou plutôt à ce qu’il garde ses gants de boxe?

«Considérant le principal intéressé, c’est sûr que si les républicains battent les pronostics et qu’ils réussissent à maintenir le contrôle d’une ou des deux chambres du Congrès, je ne pense pas qu’il y aura une réaction humble, au contraire […] Ça serait rapidement interprété comme un contrôle total et un mandat fort de la population», avance Victor Bardou-Bourgeois.

D’après le chercheur, Donald Trump continuerait à diriger le pays comme il le fait depuis deux ans avec une telle victoire.

Une victoire qui pourrait paver la voie à un 3e mandat?

Une victoire convaincante le 3 novembre pourrait-elle encourager Donald Trump à briguer un troisième mandat, une possibilité qu’il a évoquée à plusieurs reprises? C’est plutôt improbable, de l’avis de Victor Bardou-Bourgeois.

«Depuis deux ans, quand il parle d’un troisième mandat, c’est un peu une manière de changer le discours de la journée. C’est que ça ne va pas très bien dans l’actualité politique pour Donald Trump et on cherche à faire diverger la conversation», explique-t-il.

Le chercheur avoue ne simplement pas croire aux allusions à un troisième mandat en général. C’est un scénario qu’il rappelle être «100% illégal».

«Ça créerait une crise constitutionnelle jamais vue dans l’histoire des États-Unis», souligne-t-il. Selon lui, il s’agit surtout d’un discours entretenu pour provoquer ses adversaires.

Le président américain serait d’ailleurs confronté à deux obstacles supplémentaires, d’après M. Bardou-Bourgeois.

Il a 80 ans, ce n’est plus une jeunesse. Il démontre des signes de fatigue cognitive, mais aussi physique. En 2028, il va avoir 82 ans, est-ce qu’il va avoir l’énergie de renverser une des plus vieilles républiques au monde? Ça ne se fait pas en criant ciseaux.

—  Victor Bardou-Bourgeois, chercheur en résidence à l’Observatoire sur les États-Unis de la chaire Raoul-Dandurand de l’UQAM

«Il n’a pas les moyens de ses ambitions.»

Guerre commerciale, guerre en Iran

L’impopularité du président américain – son taux d’approbation se situe à 34% d’après CNN – est en partie due à ses tarifs et la guerre en Iran.

Une victoire républicaine le 3 novembre ne changerait pas grand-chose à la gestion de ces deux dossiers, d’après Victor Bardou-Bourgeois. «Je ne crois pas que le Parti républicain mettrait des bâtons dans les roues du président», avance-t-il.

Le chercheur n’estime pas pour autant que Donald Trump obtiendrait carte blanche, surtout en ce qui concerne la guerre en Iran. «Ça serait une victoire assez mince qui reposerait sur une poignée de sièges et ça ne voudrait pas dire que l’ensemble de ces élus suivent le président dans ses politiques, particulièrement si elles sont impopulaires», mentionne-t-il.

M. Bardou-Bourgeois rappelle d’ailleurs que la Chambre des représentants, par exemple, est sujette à des élections aux deux ans. «Même si vous venez d’être réélu, vous savez que dans un an, vous devrez faire face à des primaires, et dans deux ans, à des générales. Vous n’avez pas nécessairement intérêt à donner carte blanche au président des États-Unis pour une guerre très impopulaire», évalue-t-il.

Noovo et Crave présentent une édition spéciale des Débatteurs de Noovo le 3 novembre prochain à l’occasion des élections de mi-mandat aux États-Unis.

Les débatteurs de Noovo seront en émission spéciale dès 21h sur Crave qui se poursuivra à 22h sur Crave et sur Noovo.