🌍 Conflit au Moyen-Orient

Trump envisage de nouvelles frappes contre l'Iran et renforce la présence militaire

Il a laissé entendre qu’une escalade après les élections de mi-mandat restait une option envisageable.

Publié le 

Le président Donald Trump s'adresse aux journalistes avant de monter à bord de Marine One sur la pelouse Sud de la Maison-Blanche, le jeudi 1er octobre 2026, à Washington. Photo AP Le président Donald Trump s'adresse aux journalistes avant de monter à bord de Marine One sur la pelouse Sud de la Maison-Blanche, le jeudi 1er octobre 2026, à Washington. Photo AP (Jacquelyn Martin)

L’armée américaine envoie environ 9000 soldats à bord d’une flotte de navires au Moyen-Orient, a indiqué jeudi un responsable américain.

Ce renforcement de la présence militaire américaine intervient alors que le président Donald Trump a de nouveau averti que de nouvelles frappes contre l’Iran pourraient être imminentes.

Ce déploiement de troupes, qui comprend un troisième porte-avions, souligne la dynamique en pleine évolution du conflit mené par M. Trump contre l’Iran, alors qu’il réfléchit à sa prochaine initiative, à l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis et face à de nouveaux signes indiquant que la nature du conflit pourrait se complexifier.

M. Trump a laissé entendre qu’une escalade après les élections de mi-mandat — malgré ses promesses initiales aux Américains d’une campagne qui ne durerait que quelques semaines — restait une option envisageable.

Pour compliquer encore davantage la situation, il a déclaré jeudi aux journalistes que les premières indications suggéraient que l’Iran était lié au copilote de FlyDubai qui a poignardé son commandant de bord et tenté de faire s’écraser un vol à destination d’Israël mercredi.

Lors d’un échange avec des journalistes à la Maison-Blanche, M. Trump a évoqué ce lien lorsqu’un journaliste lui a demandé s’il existait des liens entre le pilote à l’origine de l’attaque et Téhéran.

«Je dirais que la réponse, d’après ce que j’entends, est “oui”, mais nous y travaillons en ce moment même», a mentionné M. Trump, sans donner plus de détails.

M. Trump a ajouté que si le lien avec l’Iran était établi, les États-Unis riposteraient.

Vol reliant Dubaï à Israël dérouté: Netanyahou accuse l’un des pilotes d’avoir voulu provoquer un écrasement Voyez le compte-rendu du 30 septembre 2026 de Sabrina Rivet.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a affirmé jeudi matin, lors d’une entrevue accordée à Fox News, que les enquêteurs pensaient que le suspect de FlyDubai avait subi un «endoctrinement islamiste radical», sans toutefois fournir plus de détails.

«Oh, ils vont être frappés très fort, ne vous inquiétez pas», a souligné M. Trump. «Demandez-leur simplement. Ils savent ce qui s’est passé. Ils vont être frappés très fort.»

Par ailleurs, le groupe de navires actuellement en route vers le Moyen-Orient transporte au total plus de 7000 marins et 2000 Marines.

Il comprend le groupe aéronaval de l’USS Theodore Roosevelt, récemment déployé avec le croiseur USS Chosin, ainsi que le groupe amphibie de l’USS Makin Island, qui inclut les navires de débarquement amphibies USS John P. Murtha et USS Anchorage.

Cela pourrait signifier que trois porte-avions se trouveront dans la région dès la fin du mois d’octobre, selon ce responsable américain, qui s’est confié à l’Associated Press sous couvert d’anonymat pour évoquer des opérations militaires sensibles.

Compte tenu des effectifs déjà déployés au Moyen-Orient, cette mesure porterait la présence navale américaine à un niveau exceptionnellement élevé, avec plus de 20 000 marins et Marines, ainsi que des centaines d’appareils.

En avril dernier, la Marine disposait déjà de trois groupes aéronavals au Moyen-Orient, pour la première fois depuis 2003.

Les porte-avions USS George H.W. Bush et USS George Washington se trouvent actuellement dans la région, aux côtés du groupe amphibie de préparation opérationnelle USS Boxer.

Le George Washington est habituellement déployé dans l’océan Pacifique, mais il a été transféré au Moyen-Orient pour relever l’USS Abraham Lincoln, dont le déploiement éprouvant a contraint l’équipage à rester en mer pendant plus de 260 jours d’affilée.

Rejet de la dernière proposition de trêve de l’Iran

Dans une entrevue accordée au magazine Time et publiée jeudi, M. Trump a également évoqué la possibilité de nouvelles frappes, affirmant qu’il était «possible» qu’il intensifie les bombardements en Iran après les élections du 3 novembre aux États-Unis.

Pressé de s’expliquer, le président a indiqué qu’il ne pouvait pas donner plus de détails sur sa stratégie.

Il a déclaré lors de cette entrevue, réalisée lundi, qu’il avait rejeté la dernière proposition de cessez-le-feu de l’Iran, car «il y a des choses que je n’aurais pas approuvées il y a un an et que je n’approuverais pas aujourd’hui».

M. Trump a cité comme exemple une offre de l’Iran visant à «ouvrir» le détroit d’Ormuz, ce corridor énergétique crucial, mais a estimé que la proposition dans son ensemble n’était «pas assez bonne».

Lorsqu’on lui a demandé si ce conflit de plus en plus impopulaire risquait de compromettre les chances du Parti républicain en novembre, M. Trump a d’abord répondu: «C’est possible.»

Mais il a ensuite ajouté: «Cela devrait nous aider, car l’Iran ne disposera pas de l’arme nucléaire.»

Reprise des négociations entre l’Iran et les États-Unis, selon Trump Donald Trump a annoncé une reprise du dialogue avec l’Iran, démentie par Téhéran qui a assuré qu’il n’y avait pas de négociations en cours.

Le président a soutenu que «100 % de la population» s’opposait à ce que l’Iran dispose de capacités d’attaque nucléaire, «y compris à l’échelle mondiale».

«Donc, si on présente les choses ainsi, cela devrait aider, a ajouté M. Trump. Si on ne le dit pas, cela pourrait nuire.»

Pourtant, on s’inquiète de plus en plus de voir Téhéran se tourner vers des tactiques asymétriques à la suite de l’attaque contre FlyDubai et d’un autre incident suspect au Royaume-Uni.

Les autorités estiment que l’Iran pourrait chercher à changer de stratégie au moment même où les États-Unis parviennent de mieux en mieux à affaiblir l’emprise de l’Iran sur le détroit d’Ormuz et à acheminer le pétrole des alliés du Golfe vers les marchés, tandis qu’un blocus naval paralyse les exportations pétrolières de l’Iran.

Les autorités britanniques ont annoncé jeudi l’arrestation d’un ressortissant britannique et iranien, soupçonné d’avoir planifié un attentat terroriste à la suite d’un incident de sécurité survenu dans une base aérienne militaire gérée par les États-Unis en Angleterre, que les autorités britanniques ont attribué à Téhéran.

L’arrestation de cet homme de 27 ans dans le centre de Londres fait suite à celle, tôt dimanche matin, de cinq hommes, tous ressortissants britanniques âgés d’une vingtaine d’années et originaires de Londres, soupçonnés d’infractions liées aux explosifs et au terrorisme à proximité de la base aérienne de la RAF à Fairford.

Cette base a été utilisée par des bombardiers américains pour frapper l’Iran. Les suspects ont depuis été remis en liberté sous caution.