Les politiques israéliennes ne se contentent plus de compromettre la solution à deux États, elles menacent désormais «la vie et l’existence mêmes» des Palestiniens, a dénoncé jeudi le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à la tribune de l’ONU.
«Le danger ne se limite plus à saper la solution à deux États et à empêcher la création de l’État palestinien. Il en est désormais arrivé à menacer la vie et l’existence mêmes du peuple palestinien sur sa terre natale», a affirmé M. Abbas, qui s’exprimait dans une vidéo pré-enregistrée devant l’Assemblée générale de l’ONU.
«Ce qui se déroule à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est ne sont pas des incidents isolés, mais bien un projet colonial malveillant visant à rendre la vie des Palestiniens plus difficile dans leur patrie et à les contraindre à la quitter», a-t-il poursuivi.
L’intensification de la colonisation «vise à séparer le nord de la Cisjordanie de son sud, à isoler Jérusalem-Est de son environnement palestinien et à empêcher la création d’un État palestinien géographiquement continu», a-t-il également déploré.
Gaza traverse actuellement la «pire crise économique jamais observée» dans le monde, selon l’agence de l’ONU pour le commerce et le développement (CNUCED). En Cisjordanie, les violences des colons extrémistes israéliens se sont multipliées conduisant des pays comme le Royaume-Uni, la France et le Canada à prendre des sanctions économiques.
Alors que 160 pays reconnaissent désormais un État de Palestine, il a appelé le Conseil de sécurité des Nations unies «à intervenir de manière urgente et responsable».
«Aujourd’hui, nous disons au monde que sauver la solution commence par préserver la terre sur laquelle l’État palestinien doit être établi et protéger les personnes qui y vivent», a lancé Mahmoud Abbas.
Il a par ailleurs dénoncé le refus d’octroi de visa par les autorités américaines l’empêchant de prononcer ce discours en personne à New York.
«Nous rejetons les accusations et les justifications» sur lesquelles le refus de visa a été formulé, a-t-il dit.
«Nous affirmons avoir rempli nos obligations, mené un vaste programme national de réforme globale, et respecté notre engagement envers le droit international, en renonçant à la violence et au terrorisme», a-t-il ajouté.
Mahmoud Abbas a en outre assuré que la réforme du système éducatif se poursuivait «sur la base des normes internationales et en coopération avec l’UNESCO, afin de promouvoir les valeurs de paix, de tolérance, et le respect des autres tout en préservant l’identité nationale et les droits» de son peuple.
Cette réforme s’inspire notamment d’un rapport de l’ancienne ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna préparé à la demande du secrétaire général de l’ONU qui avait relevé des biais politiques dans certains contenus des manuels scolaires palestiniens.
