L’Iran a de nouveau riposté tous azimuts vendredi après une nouvelle nuit de bombardements des États-Unis contre son sol, revendiquant des attaques contre des installations utilisées par l’armée américaine à Bahreïn, en Jordanie ainsi qu’au Koweït.
Les affrontements entre Téhéran et Washington ont repris le 7 juillet, se focalisant autour du détroit d’Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures.
Washington refuse que Téhéran maintienne le contrôle instauré depuis le début du conflit sur cette voie maritime.
Et de l’autre côté de la péninsule arabique, les Houthis yéménites ont annoncé un blocus en mer Rouge et dans le golfe d’Aden visant les navires d’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, et revendiqué jeudi l’attaque de deux de leurs pétroliers Seule l’Arabie saoudite est ciblée, ont-ils cependant précisé vendredi.
«Il n’y a pas de fermeture de Bab el-Mandeb, comme certains le suggèrent», ont-il assuré, au sujet de ce détroit reliant la mer Rouge au golfe d’Aden, également très stratégique pour le commerce international — encore plus depuis qu’Ormuz est verrouillé.
Après avoir flambé jeudi, les cours du pétrole ont nettement reflué vendredi, le prix du baril de Brent repassant sous les 100$, loin cependant de l’accalmie qui avait suivi la signature d’un protocole d’accord irano-américain mi-juin.
«Ce matin, des drones kamikazes Arash ont pris pour cible les réservoirs de carburant, les grands entrepôts de matériel, les silos et les casernes des forces de l’armée terroriste américaine sur la base aérienne Isa à Bahreïn», a déclaré l’armée iranienne, selon la télévision d’État, tandis que les autorités bahreïnies disaient avoir repoussé plusieurs attaques.
Sur place, un journaliste de l’AFP a entendu de fortes explosions après le déclenchement de sirènes d’alertes.
Les Gardiens de la Révolution, puissante force armée de la République islamique, ont également affirmé avoir causé «d’importants dégâts» à une tour de surveillance de la Cinquième flotte de la marine américaine, et détruit un centre de données d’Amazon à Bahreïn.
Ni le géant du commerce en ligne, ni les autorités de Bahreïn n’ont commenté à ce stade.
L’armée iranienne a par ailleurs revendiqué des attaques de drones contre la Jordanie où «des hangars pour aéronefs, hangars de maintenance aéronautique et des casernes» à la base d’Al-Azraq ont été visés.
Sept missiles et six drones iraniens ont été abattus, selon la Jordanie.
Appels à évacuer
Au Koweït, l’Iran a affirmé avoir ciblé la base aérienne Ali al-Salem, détruit des «dépôts de matériel de l’armée» américaine à Camp Udairi ainsi que des installations militaires à la base américaine de Camp Arifjan.
L’Iran considère comme cible légitime toute installation au Moyen-Orient mise à disposition de l’armée américaine pour frapper son territoire, et les Gardiens de la Révolution ont appelé vendredi les civils au Moyen-Orient à s’écarter de tout site abritant des forces américaines.
«Pour chaque fier citoyen iranien de la République islamique tué, un soldat américain sera envoyé en enfer», a aussi menacé le chef de l’armée Ali Abdollahi.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a lui affirmé que son pays se réservait le droit de prendre «toutes les mesures nécessaires» contre tout pays «participant, coopérant ou aidant» les États-Unis.
Dans la nuit, l’armée américaine, qui n’a pas confirmé d’attaques sur ses bases, a annoncé avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran.
D’après des médias iraniens, elle a ciblé huit provinces, notamment celles de Markazi, Yazd et Ispahan, soit davantage vers l’intérieur du territoire iranien, après avoir surtout visé les régions bordant Golfe.
La dispute irano-américaine sur le contrôle du détroit d’Ormuz, par lequel transitait d’ordinaire un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures, a déclenché la reprise des hostilités.
L’Iran veut y instaurer des frais de passage et n’autorise qu’un itinéraire, le long de ses côtes, menaçant de s’en prendre à tout navire contrevenant.
En réaction, les États-Unis imposent un blocus maritime à l’Iran.
