Conflit au Moyen-Orient

Les négociations semblent compromises entre l’Iran et les États-Unis

La décision de suspendre les négociations a été prise à cause des «crimes» qu’Israël «continue à commettre» au Liban.

Mis à jour le 

Publié le 

Des manifestants iraniens pro-gouvernementaux brandissent des drapeaux iraniens ainsi qu'un portrait du Guide suprême, l'ayatollah Mojtaba Khamenei (à droite), et de son père assassiné, l'ayatollah Ali Khamenei, lors d'un rassemblement sur une place de Téhéran, en Iran, le vendredi 29 mai 2026. Des manifestants iraniens pro-gouvernementaux brandissent des drapeaux iraniens ainsi qu'un portrait du Guide suprême, l'ayatollah Mojtaba Khamenei (à droite), et de son père assassiné, l'ayatollah Ali Khamenei, lors d'un rassemblement sur une place de Téhéran, en Iran, le vendredi 29 mai 2026. (Vahid Salemi/AP Photo/Vahid Salemi)

Les négociations pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient apparaissent de plus en plus compromises, l’agence de presse iranienne Tasnim affirmant lundi que Téhéran a rompu le dialogue indirect avec Washington, notamment à cause de l’offensive israélienne au Liban.

Téhéran a accusé lundi les États-Unis de violer à nouveau le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril après des frappes américaines ce week-end suivies de représailles militaires iraniennes.

La décision de suspendre les négociations a été prise selon Tasnim à cause des «crimes» qu’Israël «continue à commettre» au Liban, et des violations «sur tous les fronts» du cessez-le-feu.

«L’équipe de négociations iranienne suspend donc le dialogue et les échanges de textes via les médiateurs», affirme le média iranien.

Selon des sources diplomatiques à l’AFP, une réunion d’urgence sur le Liban est prévue lundi au Conseil de sécurité des Nations Unies, à la demande de la France, qui a estimé dimanche que «rien ne justifiait l’escalade majeure en cours au Liban».

«Pas de calme au Liban» tant que durent les attaques du Hezbollah, avertit Israël Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a affirmé lundi qu’il n’y aurait «pas de calme» sans l’arrêt des attaques du Hezbollah pro-iranien, disant en outre vouloir établir une zone sous contrôle militaire dans une vaste partie du sud du Liban.

Les forces israéliennes, qui disent vouloir «éliminer» le Hezbollah pro-iranien, s’y sont avancées comme jamais depuis plus de 25 ans.

L’Iran avait rappelé plus tôt dans la journée par la voix de son ministère des Affaires étrangères qu’un cessez-le-feu au Liban était «une condition essentielle à tout accord».

Drones «hostiles»

Les négociations indirectes patinent depuis des semaines pour mettre fin au conflit, déclenché le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine contre l’Iran.

D’autant que Téhéran a redit lundi que le nucléaire iranien ne faisait pas partie «à ce stade» des discussions, contrairement aux attentes de Donald Trump, qui a affirmé dimanche soir qu’un protocole d’accord devrait stipuler «très clairement que l’Iran n’aura pas d’arme nucléaire».

L’armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes «défensives» sur le sud de l’Iran, la troisième en un peu plus d’une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l’île de Qeshm dans le détroit d’Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont affirmé lundi de leur côté avoir attaqué une base utilisée par l’armée américaine pour des frappes contre son territoire, sans nommer le pays visé.

Le Koweït a dit avoir intercepté des missiles et drones «hostiles», attribuant l’attaque à l’Iran.

Washington et Téhéran s’étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l’Iran suivies d’une attaque contre le Koweït.

Le conflit a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranle l’économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

L’Iran verrouille depuis fin février le détroit d’Ormuz, voie maritime essentielle pour le transport mondial d’hydrocarbures, et les États-Unis imposent un blocus des ports iraniens.

Le président iranien a promis lundi lors d’un appel téléphonique à la première ministre japonaise que son pays faciliterait le passage du détroit d’Ormuz aux navires japonais.

Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours avancer vers un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d’un protocole d’accord à Téhéran.

L’Iran et les États-Unis ont établi un cadre d’accord, en attente de validation par Trump Les États-Unis et l’Iran ont établi un cadre d’accord en vue de mettre fin au conflit au Moyen-Orient, entrée dans son quatrième mois, mais qui n’a pas encore été validé par Donald Trump.

Plus de fermeté

Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime à Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington.

La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses pour la réouverture d’Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

L’Iran, qui revendique son droit à un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l’arme atomique, malgré les accusations en ce sens des États-Unis et d’Israël.

Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps et exige le déblocage d’avoirs gelés à l’étranger par les sanctions américaines.

De la fumée s'élève à la suite d'une frappe aérienne israélienne dans la ville portuaire de Tyr, au sud du Liban, le dimanche 31 mai 2026. De la fumée s'élève à la suite d'une frappe aérienne israélienne dans la ville portuaire de Tyr, au sud du Liban, le dimanche 31 mai 2026. (AP Photo/undefined)