Conflit au Moyen-Orient

L’Iran et les États-Unis seraient sur le point de parvenir à un accord

«Il pourrait y avoir des nouvelles plus tard dans la journée», a affirmé Marco Rubio.

Mis à jour le 

Publié le 

Sur cette photo diffusée par la présidence iranienne, le président Masoud Pezeshkian, à droite, s'entretient avec le chef d'état-major de l'armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, à Téhéran, en Iran, le samedi 23 mai 2026. (Présidence iranienne v... Sur cette photo diffusée par la présidence iranienne, le président Masoud Pezeshkian, à droite, s'entretient avec le chef d'état-major de l'armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, à Téhéran, en Iran, le samedi 23 mai 2026. (Présidence iranienne via AP)

Les États-Unis et l’Iran sont sur le point de conclure un protocole d’accord visant à mettre fin à la guerre, ont indiqué samedi deux responsables régionaux et un diplomate, alors que les États-Unis envisagent une nouvelle série d’attaques contre la République islamique.

L’Iran a fait état samedi d’un «rétrécissement des divergences» dans les négociations avec les États-Unis, après que le chef de l’armée pakistanaise a tenu de nouveaux pourparlers à Téhéran. 

Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a mentionné aux journalistes en Inde qu’«il y a eu des progrès» et qu’«il pourrait y avoir des nouvelles plus tard dans la journée».

Les responsables et le diplomate ont exprimé l’espoir qu’une décision finale sur le projet préparé par le Pakistan puisse être prise dans les 48 heures, alors que les deux parties l’examinent. Ils se sont exprimés sous couvert d’anonymat, car ils n’étaient pas autorisés à s’adresser aux médias.

Ils ont indiqué que le vice-président JD Vance et les émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner avaient joué un rôle important pour aider à combler les divergences restantes, et que le Qatar avait joué un rôle clé en envoyant un haut responsable à Téhéran pour soutenir les efforts de médiation du Pakistan.

Pourtant, tant l’Iran que les États-Unis ont réaffirmé leurs positions fondamentales et mis en garde contre les risques d’une reprise des attaques et d’une rupture du cessez-le-feu. 

M. Rubio a réitéré la position américaine selon laquelle l’Iran ne doit en aucun cas se doter de l’arme nucléaire et doit remettre son uranium hautement enrichi, et que le détroit d’Ormuz doit rester ouvert.

Un «accord-cadre» en vue de nouvelles négociations

La télévision publique iranienne a cité le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, qui a qualifié le projet d’«accord-cadre».

«Nous voulons que celui-ci inclue les principales questions nécessaires pour mettre fin à la guerre imposée ainsi que d’autres questions d’une importance capitale pour nous. Ensuite, dans un délai raisonnable, compris entre 30 et 60 jours, les détails seront discutés et un accord final sera finalement conclu», a-t-il ajouté.

Il a indiqué que le détroit d’Ormuz figurait parmi les sujets abordés.

Les positions se sont rapprochées ces derniers jours, a précisé M. Baghaei, selon l’agence de presse officielle iranienne IRNA.

«Au cours de la semaine écoulée, la tendance a été à la réduction des divergences, a-t-il expliqué. Nous devrons attendre de voir ce qui se passera au cours des trois ou quatre prochains jours.»

M. Baghaei a souligné que les questions nucléaires ne faisaient pas partie des négociations actuelles, Téhéran cherchant d’abord à mettre fin à la guerre avant de discuter de son programme nucléaire, qui est depuis longtemps au cœur des tensions internationales.

«À ce stade, notre priorité est de mettre fin à la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban», a affirmé M. Baghaei, ajoutant que la levée des sanctions contre Téhéran «a été explicitement incluse dans le texte et reste notre position inchangée».

Mohammad Bagher Qalibaf, principal négociateur lors des pourparlers historiques en face-à-face avec les États-Unis le mois dernier, a déclaré que l’Iran avait reconstitué ses moyens militaires et que si le président américain Donald Trump reprenait les attaques, le résultat serait «plus écrasant et plus amer» qu’au début de la guerre.

Il s’est exprimé après avoir rencontré le chef de l’armée pakistanaise, Asim Munir, a rapporté la télévision publique.

Donald Trump avait déclaré plus tôt qu’il suspendait une frappe militaire contre l’Iran, car des «négociations sérieuses» étaient en cours, et à la demande de ses alliés au Moyen-Orient. Le président américain a fixé à plusieurs reprises des délais à Téhéran, avant de faire marche arrière.

Les États-Unis et Israël ont déclenché la guerre par des attaques le 28 février, mettant fin prématurément aux pourparlers avec l’Iran. Téhéran a riposté en fermant de facto le détroit d’Ormuz, une voie navigable essentielle pour le pétrole, le gaz naturel et les engrais de la région, provoquant des difficultés économiques mondiales.

Les États-Unis ont ensuite bloqué les ports iraniens, et le Commandement central américain a indiqué samedi que les forces américaines avaient refoulé plus de 100 navires commerciaux et en avaient immobilisé 4 depuis le début du blocus, le 13 avril.