Conflit au Moyen-Orient

L’Iran et les États-Unis ont établi un cadre d’accord, en attente de validation par Trump

Il prévoit une extension du cessez-le-feu de 60 jours.

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Des femmes musulmanes irakiennes brandissent des portraits de l'ayatollah Ali Khamenei, ancien Guide suprême de l'Iran, et de son fils, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, lors d'une manifestation contre les frappes américaines et israéliennes visant plusieurs villes iraniennes, à Bagdad, en Irak, le samedi 25 avril 2026. Photo AP Des femmes musulmanes irakiennes brandissent des portraits de l'ayatollah Ali Khamenei, ancien Guide suprême de l'Iran, et de son fils, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, lors d'une manifestation contre les frappes américaines et israéliennes visant plusieurs villes iraniennes, à Bagdad, en Irak, le samedi 25 avril 2026. Photo AP (Hadi Mizban)

Les États-Unis et l’Iran ont établi un cadre d’accord qui prévoit une extension du cessez-le-feu de 60 jours, mais qui n’a pas encore été validé par Donald Trump, ont indiqué jeudi à l’AFP des sources américaines.

L’information a d’abord été révélée par le site Axios, selon lequel cet accord préalable ne règle pas la question du programme nucléaire iranien, mais ouvre la voie à des négociations plus poussées à ce sujet.

Sur l’autre front du conflit, au Liban, malgré un cessez-le-feu théoriquement en vigueur, Israël a étendu sa «zone de combat» alors même que la fin des hostilités contre le Hezbollah pro-iranien est une exigence claire de Téhéran pour parvenir à un accord.

Le conflit au Moyen-Orient, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine, a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. Et elle ébranle l’économie mondiale, la République islamique verrouillant le détroit d’Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures.

Les derniers affrontements sont les plus graves depuis le début de la trêve le 8 avril.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, les États-Unis ont abattu quatre drones d’attaque iraniens qui représentaient une «menace autour du détroit d’Ormuz» et ont frappé «une station de contrôle au sol à Bandar Abbas qui menaçait de lancer un cinquième drone», selon un responsable américain.

En représailles, les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé avoir visé une base américaine, sans préciser laquelle. De leur côté, le Koweït et l’armée américaine ont fait état de frappes, attribuées à l’Iran, sur le territoire de cette monarchie du Golfe.

Ce qu’ils ont condamné: l’armée américaine dénonçant une «violation flagrante du cessez-le-feu» et le ministère des Affaires étrangères koweïtien «une dangereuse escalade».

«À genoux»

L’Iran a rejeté la responsabilité sur Washington, fustigeant des «violations continues du cessez-le-feu» après les frappes menées ces derniers jours par Washington sur le sud du pays.

Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, blessé au début de ce conflit et qui n’est pas apparu en public depuis, a estimé de son côté qu’Israël et les États-Unis cherchaient «à mettre la nation à genoux», dans une déclaration écrite diffusée par la télévision d’État .

Et les Gardiens, armée idéologique du régime, ont promis une «riposte ferme» en cas de nouvelle attaque américaine.

Les forces iraniennes ont par ailleurs effectué des tirs de semonce à l’intention de quatre navires qui tentaient de franchir le détroit d’Ormuz, selon la télévision d’État (Irib), qui n’a pas fourni de détails sur le type de bateaux ni sur leur nationalité.

Trump n'est «pas satisfait» pour l’instant des propositions de l’Iran L’Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les États-Unis, malgré les récentes frappes américaines, sur fond de regain d’optimisme des marchés où les cours du pétrole reculaient.

Dans ce climat, des habitants de Téhéran confient leur inquiétude. «On se demande tous les jours: “Y aura-t-il des frappes de missiles ce soir?“», explique à l’AFP Amir, développeur de logiciels de 27 ans.

Mahtab, 62 ans, coiffeuse dans la capitale iranienne, se félicite que sa fille ait pu quitter le pays car «c’est l’enfer ici» et se lamente de voir son fils vivre lui «au jour le jour», sans perspective.

«Entre guerre et paix»

Pour la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, l’Iran et les États-Unis se trouvent «dans cette zone très dangereuse entre la guerre et la paix». «Il n’est dans l’intérêt de personne que cette guerre continue», a-t-elle souligné.

Face au regain de tensions, les Bourses européennes évoluent en repli jeudi et les prix du pétrole sont repartis en hausse, le Brent de la mer du nord, référence du brut, se rapprochant à nouveau du seuil des 100$.

Car cette situation repousse la perspective d’une rapide réouverture du détroit d’Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.

Mercredi, le président américain Donald Trump avait une nouvelle fois agité la menace d’une reprise des hostilités: l’Iran «veut vraiment conclure un accord. Ils n’y sont pas encore. Nous ne sommes pas satisfaits mais nous finirons par l’être (…). Ou alors nous devrons simplement finir le travail».

Au moins 14 morts au Liban

Les positions des deux camps restent éloignées.

Outre la fin des combats sur tous les fronts et la levée du blocus américain des ports iraniens, Téhéran cherche à obtenir le déblocage de 24 milliards d’avoirs gelés à l’étranger.

C’est un des principaux points de contentieux, aux côtés du volet nucléaire que l’Iran souhaite aborder dans un second temps. Les États-Unis réclament la destruction du stock iranien d’uranium hautement enrichi, dont le sort est incertain. Téhéran dément de son côté vouloir se doter de la bombe atomique.

Des personnes récupèrent des objets dans les décombres d'un immeuble détruit lors d'une frappe aérienne israélienne dans la ville portuaire de Sidon, au Liban, le jeudi 28 mai 2026. Des personnes récupèrent des objets dans les décombres d'un immeuble détruit lors d'une frappe aérienne israélienne dans la ville portuaire de Sidon, au Liban, le jeudi 28 mai 2026. (Mohammed Zaatari/AP Photo/Mohammed Zaatari)

Au Liban, au moins 14 personnes sont mortes dans le sud du pays, où Israël a étendu sa «zone de combat» contre le Hezbollah.

Et une frappe «ciblée» israélienne a aussi visé Beyrouth selon l’armée israélienne, une source militaire libanaise faisant état de son côté d’une frappe sur un appartement au sud de la capitale.