🌍 Conflit au Moyen-Orient

Les dirigeants saoudien et égyptien appellent à une navigation «libre et sécurisée» en mer Rouge

Le président Sissi a par ailleurs réaffirmé le soutien de l’Égypte aux mesures prises par l’Arabie saoudite «pour protéger sa propre sécurité et sa stabilité».

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Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, assiste à une cérémonie de bienvenue à l'Hôtel des Invalides à Paris, dans le cadre d'une visite officielle de deux jours en France, le lundi 24 août 2026. Le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, assiste à une cérémonie de bienvenue à l'Hôtel des Invalides à Paris, dans le cadre d'une visite officielle de deux jours en France, le lundi 24 août 2026. (Julie Sebadelha/Julie Sebadelha/Pool AFP via AP)

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi ont appelé mardi à garantir la liberté et la sécurité de la navigation en mer Rouge, lors d’une rencontre au Caire, a annoncé la présidence égyptienne.

Les deux puissances régionales ont discuté de la menace que représente le contrôle des combattants yéménites anti-gouvernementaux sur le détroit de Bab el-Mandeb, une voie maritime stratégique à la fois pour l’exportation du pétrole saoudien et les flux commerciaux du canal de Suez.

Mohammed ben Salmane, dirigeant de fait de l’Arabie saoudite, et le président égyptien «ont souligné l’importance de garantir la liberté et la sécurité de la navigation maritime» dans les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb, a déclaré la présidence égyptienne.

Le président Sissi a par ailleurs réaffirmé le soutien de l’Égypte aux mesures prises par l’Arabie saoudite «pour protéger sa propre sécurité et sa stabilité», selon la même source.

Il y a quelques jours, les Houthis ont pris le contrôle de la côte ouest du Yémen sur la mer Rouge et du détroit de Bab el-Mandeb, menaçant ainsi la circulation des pétroliers d’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, vers les marchés asiatiques.

En raison du blocage du détroit d’Ormuz, à l’est de l’Arabie saoudite, consécutif au conflit entre l’Iran et les États-Unis, le détroit de Bab el-Mandeb est devenu ces derniers mois essentiel pour permettre à la monarchie d’exporter son pétrole.

Depuis que les Houthis ont décrété un blocus naval contre le royaume en juillet, l’Arabie saoudite dépend davantage de l’Égypte pour exporter ses hydrocarbures, principalement via l’oléoduc terrestre Sumed.

Des images des Houthis montrent des attaques contre les forces soutenues par l'Arabie saoudite Cette nouvelle escalade intervient alors que le conflit yéménite s’est de nouveau intensifié ces dernières semaines.

Le pétrole brut est acheminé depuis le port saoudien de Yanbu, sur la mer Rouge, jusqu’à Aïn Soukhna en Égypte, puis transporté par voie terrestre via cet oléoduc jusqu’à Sidi Kerir, sur la côte méditerranéenne orientale. Cependant, les attaques des Houthis ont contraint Riyad à fermer son oléoduc est-ouest, qui alimente le port de Yanbu.

Ces perturbations ont propulsé les cours mondiaux du pétrole au-delà de la barre des 100 dollars.

Une perturbation du trafic maritime à hauteur de Bab el-Mandeb pourrait également entraîner de lourdes pertes pour l’Égypte, qui tire des revenus en devises essentiels des droits de passage du canal de Suez.

Les recettes générées par cette voie navigable représentent actuellement environ la moitié de ce qu’elles étaient avant que les Houthis ne commencent à attaquer des navires en 2023, au nom de la solidarité avec les Palestiniens dans le contexte de la guerre menée par Israël à Gaza.

Le ministre égyptien des Affaires étrangères Badr Abdelatty a déclaré la semaine dernière que les pertes subies par l’Égypte liées à la baisse de trafic dans le canal de Suez s’élevaient à 11 milliards de dollars.