Les cours du pétrole chutent mercredi, le marché se montrant optimiste sur les négociations entre l’Iran et les États-Unis et sur la réouverture prochaine du détroit d’Ormuz.
«La télévision d’État iranienne a rapporté un mémorandum officieux évoquant un rétablissement possible du trafic dans le détroit d’Ormuz, ainsi qu’un mécanisme de gestion du passage avec Oman», explique à l’AFP Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.
Les cours ont fortement reculé dans la foulée de cette annonce, perdant plus de 5%.
Mercredi, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, perdait 3,73% à 95,87$.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, chutait de 4,26% à 89,89$.
En fait, «rien n’indique qu’il s’agisse d’autre chose que ce que l’on entend déjà depuis le week-end, et les Iraniens ont indiqué qu’un accord n’était pas imminent», tempère auprès de le l’AFP Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.
Mais «le flux de nouvelles bilatérales suggère que les États‑Unis et l’Iran pourraient se rapprocher progressivement d’un compromis», estime Mme Ozkardeskaya.
Malgré les frappes américaines sur des sites de lancement de missiles en Iran lundi, l’accord reste possible, avait avancé mardi le secrétaire d’État américain Marco Rubio, parlant de discussions «autour de la formulation précise du texte initial» et disant que cela prendrait «quelques jours».
Et même si le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour les exportations d’hydrocarbures du Golfe, reste obstrué, «les flux physiques semblent montrer quelques premiers signes d’amélioration», souligne M. Plassard.
Les traversées de pétroliers de très fort tonnage non iraniens semblent effectivement reprendre. Sur les 27 recensées par Kpler depuis le début du conflit, plus de la moitié ont été effectuées en mai.
C’est pourquoi «le marché restera probablement optimiste, en partant du principe que ce n’est qu’une question de temps avant la réouverture du détroit d’Ormuz», déclare Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management.
Si la navigation à travers ce passage reprend, le Brent «pourrait passer sous les 90 dollars», selon l’analyste.
Mais il ne reviendra pas à ses niveaux du début d’année et restera significativement plus élevé car «les stocks mondiaux doivent être reconstitués, les capacités de raffinage endommagées doivent être restaurées, la production de pétrole à l’arrêt dans la région doit être relancée et, enfin, le pétrole brut et les produits raffinés doivent être acheminés», relève M. Rasmussen.
