🌍 Conflit au Moyen-Orient

La Turquie nie toute présence militaire sur l’aéroport syrien visé par Israël

«Les attaques contre l’aéroport militaire d’Abu Ez-Zuhur visent à attenter à la stabilité, à la sécurité, à l’unité et à l’intégrité de la Syrie­.»

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Des avions de l'armée de l'air syrienne mis hors service sont visibles à la base aérienne militaire d'Abu Duhur, à l'est d'Idlib, après la prise de contrôle de la zone par les combattants de l'opposition syrienne, samedi 7 décembre 2024. Photo AP Des avions de l'armée de l'air syrienne mis hors service sont visibles à la base aérienne militaire d'Abu Duhur, à l'est d'Idlib, après la prise de contrôle de la zone par les combattants de l'opposition syrienne, samedi 7 décembre 2024. Photo AP (Omar Albam)

La Turquie a démenti jeudi toute présence militaire de sa part sur l’aéroport syrien visé mardi par Israël, se déclarant prête à protéger la souveraineté de Damas, sans toutefois envisager de riposte.

Israël a frappé mardi une base aérienne dans la province d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, fortement endommagée durant la guerre et restée hors service depuis 2012, estimant que le déploiement de troupes turques constituait une «menace».

«Nous affirmons qu’il n’y avait aucune délégation militaire turque sur la base aérienne d’Abu Ez-Zuhur avant ou pendant l’attaque menée par Israël contre cette base en Syrie», a déclaré à la presse un responsable du ministère turc de la Défense.

En retour, Ankara a prévenu jeudi qu’il continuera «résolument» de protéger l’intégrité et la souveraineté de la Syrie.

En revanche, la présidence turque a tenu à préciser qu’elle n’envisageait pas de riposte et qu’Ankara «ne tombera pas dans le piège» tendu par le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

«Nous sommes suffisamment expérimentés pour ne pas tomber dans le piège de personnages comme Netanyahu, qui visent à saper la paix et la stabilité dans notre région» affirme le directeur de la communication de la présidence, Burhanettin Duran, dans un entretien à l’agence étatique Anadolu.

M. Duran dénonce les calculs politiques de M. Netanhyahou : ce dernier, estime-t-il, en accusant la Turquie, «s’accroche à cette position irrationnelle en raison des élections à venir, des tensions politiques internes et des craintes. Il perçoit l’hostilité envers la Turquie comme une bouée de sauvetage politique» ajoute-t-il.

Le contre-amiral Zeki Akturk, conseiller de presse du ministère de la Défense, a dénoncé les frappes israéliennes de mardi qui «visent à attenter à la stabilité, à la sécurité, à l’unité et à l’intégrité de la Syrie».

«Dans ce contexte, nous poursuivrons résolument nos efforts pour protéger la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie», a-t-il prévenu.

Avec cette attaque, condamnée par les États-Unis, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s’est prévalu d’avoir «clairement» signifié à la Turquie qu’elle ne devait pas installer de base en Syrie.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), ONG basée au Royaume-Uni et disposant d’un vaste réseau de sources en Syrie, une délégation militaire turque s’est récemment rendue à l’aéroport «dans le cadre des efforts en cours visant à le remettre en service».