🌍 Conflit au Moyen-Orient

La Syrie accuse Israël d’avoir frappé un aéroport militaire dans le nord-ouest

«L’attaque avait entraîné des dommages matériels à l’infrastructure de l’aéroport, sans faire de victimes.»

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La frontière entre la Syrie et la ville de Majdal Shams, située dans le plateau du Golan sous contrôle israélien, vue mardi 21 juillet 2026. Photo AP La frontière entre la Syrie et la ville de Majdal Shams, située dans le plateau du Golan sous contrôle israélien, vue mardi 21 juillet 2026. Photo AP (Ariel Schalit)

La Syrie a accusé mardi Israël d’avoir frappé un aéroport dans la province d’Idleb (nord-ouest), peu après qu’une délégation militaire turque s’y est rendue en vue de sa remise en état, selon une ONG syrienne.

Plus tôt, une source sécuritaire a indiqué à l’AFP que l’installation militaire, hors service, avait été touchée par des appareils non identifiés.

Israël a lancé des centaines de frappes contre la Syrie depuis le renversement, en décembre 2024, du président Bachar al-Assad par une coalition de groupes islamistes.

Il a aussi déployé des troupes dans la zone tampon placée sous surveillance de l’ONU, qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan, affirmant y avoir mis en place une «zone de sécurité» dont il revendique le maintien.

«Des avions de l’occupation israélienne ont tôt ce matin pris pour cible la piste de l’aéroport militaire d’Abou Dhouhour (…) avec huit frappes», a déclaré une source militaire non identifiée citée par la télévision d’État syrienne.

«L’attaque avait entraîné des dommages matériels à l’infrastructure de l’aéroport, sans faire de victimes», selon la même source.

Une source sécuritaire avait auparavant indiqué à l’AFP que tôt dans la matinée, des «appareils inconnus ont bombardé l’aéroport militaire d’Abou Dhouhour».

L’aéroport, qui a subi de lourds dégâts pendant la guerre civile syrienne, est hors service depuis 2012, selon la même source, et est actuellement protégé par les forces du ministère syrien de la Défense.

Sollicitée par l’AFP, l’armée israélienne a dans un premier temps décliné tout commentaire sur ces frappes.

Visite turque récente

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), ONG basée au Royaume-Uni et disposant d’un vaste réseau de sources en Syrie, ces frappes ont eu lieu après «la visite, ces derniers jours, d’une délégation militaire turque à l’aéroport dans le cadre des efforts en cours visant à le remettre en service».

La Turquie, dont les relations sont exécrables avec Israël depuis la début de la guerre à Gaza, en octobre 2023, est un allié clé des nouvelles autorités syriennes.

La Syrie a à de nombreuses reprises condamné les opérations israéliennes sur son territoire, et exigé le retrait des troupes qu’Israël y a déployées.

Reprise des négociations entre l’Iran et les États-Unis, selon Trump Donald Trump a annoncé une reprise du dialogue avec l’Iran, démentie par Téhéran qui a assuré qu’il n’y avait pas de négociations en cours.

Mais le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a réitéré la semaine dernière que son pays y maintiendrait des forces.

Malgré ces tensions, Israël et les nouvelles autorités syriennes ont tenu plusieurs séries de pourparlers directs et ont convenus de mettre en place un mécanisme de partage de renseignements.

Le nord-ouest du pays a également été frappé par le passé par une coalition internationale menée par les États-Unis dans le cadre de la lutte contre le groupe jihadiste «État islamique».

La Syrie est à présent membre de cette coalition.

À leur arrivée au pouvoir, les nouvelles autorités de Damas avaient pris le contrôle de l’aéroport d’Abou Dhouhour, tenu par les forces de Bachar al-Assad depuis fin 2018, après que des factions armées rebelles et djihadistes eurent pris le contrôle d’une grande partie de la province d’Idleb trois ans plus tôt.