Conflit au Moyen-Orient

Journaliste tuée au Liban: les dirigeants dénoncent un «crime de guerre»

«Israël cible délibérément les journalistes dans le but de cacher la vérité sur ses crimes contre le Liban», a affirmé le président Joseph Aoun.

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Cette photo, diffusée par la Défense civile libanaise, montre des bénévoles de la Croix-Rouge libanaise et un membre de la Défense civile assis sur une pelleteuse transportant le corps de la journaliste libanaise Amal Khalil, qui travaillait pour le quotidien Al-Akhbar et a été tuée lors d'une frappe aérienne israélienne, dans le village d'Al-Tiri, au sud du Liban, le mercredi 22 avril 2026. Cette photo, diffusée par la Défense civile libanaise, montre des bénévoles de la Croix-Rouge libanaise et un membre de la Défense civile assis sur une pelleteuse transportant le corps de la journaliste libanaise Amal Khalil, qui travaillait pour le quotidien Al-Akhbar et a été tuée lors d'une frappe aérienne israélienne, dans le village d'Al-Tiri, au sud du Liban, le mercredi 22 avril 2026. (Uncredited)

Les dirigeants libanais ont accusé jeudi Israël d’avoir perpétré un «crime de guerre» après la mort d’une journaliste dans une frappe aérienne israélienne dans le sud du pays.

Amal Khalil, 42 ans, journaliste du quotidien Al-Akhbar, a été tuée mercredi et sa collègue indépendante Zeinab Faraj blessée dans cette frappe dans le sud, où les forces israéliennes occupent plusieurs régions.

«Israël cible délibérément les journalistes dans le but de cacher la vérité sur ses crimes contre le Liban», a affirmé le président Joseph Aoun, dénonçant «des crimes de guerre».

Le premier ministre Nawaf Salam a estimé lui aussi que «cibler des journalistes et entraver l’accès des équipes de secours constitue un crime de guerre», assurant que son pays poursuivra l’affaire devant les instances internationales.

Les deux journalistes s’étaient réfugiées dans une maison du village d’al-Tiri, après qu’une frappe israélienne a visé une voiture qui les précédait, selon l’Agence nationale d’information (Ani, officielle).

Les deux occupants du véhicule, le maire de la ville voisine de Bint Jbeil, occupée par Israël, et un homme qui l’accompagnait, ont été tués, a précisé la même source.

Une frappe israélienne a ensuite visé la maison où s’étaient réfugiées les deux journalistes. Les secours ont évacué dans un premier temps la journaliste blessée, avant que «des tirs israéliens visent l’ambulance», selon le ministère de la Santé.

Trump avance qu’il y aura un cessez-le-feu de 10 jours entre Israël et le Liban Donald Trump a annoncé jeudi qu’Israël et le Liban s’étaient mis d’accord sur un cessez-le-feu de dix jours incluant le Hezbollah pro-iranien et que les dirigeants des deux pays se rencontreraient prochainement à la Maison-Blanche.

Les autorités libanaises ont dû mener des contacts avec les Casques bleus déployés dans le sud du Liban et il a fallu plusieurs heures avant que les secouristes puissent à nouveau accéder au secteur pour retirer des décombres le corps de l’autre journaliste.

Le ministère de la Santé a accusé jeudi Israël d’avoir «entravé les opérations de sauvetage» et «visé une ambulance portant clairement le signe de la Croix-Rouge».

L’armée israélienne a de son côté affirmé avoir frappé dans le secteur d’ al-Tiri deux véhicules à bord desquels se trouvaient des «terroristes», qui avaient «franchi la ligne de défense avancée» de ses troupes dans le sud du Liban.

Israël dit avoir tracé une «ligne jaune» ou ligne de défense avancée en profondeur dans le sud du Liban où ses troupes sont entrées, et interdit aux habitants d’y retourner.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril, après un confit entre Israël et le Hezbollah pro-iranien qui a fait plus de 2 400 morts au Liban.

L’armée israélienne a démenti avoir «empêché les équipes de secours d’accéder à la zone». Elle a indiqué que «des informations font état de deux journalistes blessés lors des frappes» et affirmé que l’incident était «en cours d’examen».

Correspondante dans le sud du Liban pour le journal al-Akhbar, proche du Hezbollah, Amal Khalil a couvert les différents conflits dans cette région. Elle était connue pour son courage et était respectée par ses collègues.

Le 28 mars, trois journalistes avaient été tués dans une frappe israélienne dans le sud et des experts de l’ONU avaient réclamé une enquête internationale.