Conflit au Moyen-Orient

Israël poursuit ses frappes au Liban qui ont fait au moins 380 morts depuis la trêve

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Women grieve as they carry the body of 6-month-old Mariam Fahos during a funeral procession for people killed a day earlier in an Israeli airstrike in the village of Saksakieh, in the southern port city of Sidon, Lebanon, Sunday, May 10, 2026. (AP Ph... Des femmes pleurent en portant le corps de Mariam Fahos, âgée de six mois, lors d'un cortège funèbre organisé pour les victimes d'une frappe aérienne israélienne survenue la veille dans le village de Saksakieh, près de la ville portuaire de Sidon, au sud du Liban, le dimanche 10 mai 2026. Photo AP (Mohammed Zaatari)

L’armée israélienne a poursuivi mardi ses frappes au Liban, tuant dans le sud deux secouristes, qui viennent s’ajouter aux 380 morts depuis l’instauration du cessez-le-feu le 17 avril, selon les autorités.

Alors que le Liban se prépare à de nouvelles négociations avec Israël jeudi à Washington, le chef du Hezbollah pro-iranien, qui s’y oppose fermement, a affirmé que le désarmement de sa formation ne faisait pas partie des discussions et a promis de transformer «en enfer» la bataille avec l’armée israélienne.

Celle-ci a indiqué avoir conduit une opération dans la zone du fleuve Litani et a mené mardi une frappe ayant tué deux secouristes à Nabatiyé (sud), où ils effectuaient une intervention, a annoncé la Défense civile.

«Depuis le cessez-le-feu, 380 personnes ont été tuées et 1122 blessées», a annoncé mardi le ministre de la Santé, Rakan Nassereddine, lors d’une conférence de presse.

Le ministre a également fait état de 108 secouristes et personnels de santé tués depuis le début du conflit avec Israël le 2 mars et dénoncé un «massacre».

Plus de quatre enfants ont été tués ou blessés chaque jour en moyenne durant les 25 premiers jours de la trêve, a indiqué l’ONG Save The Children.

Au total, les frappes israéliennes ont tué 2882 personnes depuis le début du conflit, dont 200 enfants, selon le ministère de la Santé.

D’après le Hezbollah, ce bilan inclut ses membres tués.

Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans le conflit régional en attaquant Israël pour venger la mort du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, tué au premier jour de l’offensive israélo-américaine contre Téhéran, le 28 février.

Israël a répondu en menant des frappes massives et une opération terrestre dans le sud.

«Nous ne nous rendrons pas»

Beyrouth a demandé aux États-Unis de faire pression sur leur allié israélien pour qu’il mette fin à ses frappes.

Le Hezbollah continue lui de revendiquer des attaques contre des positions militaires israéliennes.

«Nous ne nous rendrons pas», a affirmé le chef de l’organisation, Naïm Qassem.

«Les armes et la résistance ne concernent personne hors du Liban (…) C’est une question libanaise intérieure qui ne fait pas partie des négociations avec l’ennemi», a-t-il ajouté.

Dans un communiqué annonçant la reprise des négociations jeudi, le Département d’État américain avait affirmé que la paix entre le Liban et Israël «dépendait du rétablissement complet de l’autorité de l’État libanais (sur son territoire) et du désarmement total du Hezbollah».

Les États-Unis et l’Iran s’accusent de violer le cessez-le-feu Par Lila Mouch | Des affrontements ont éclaté vendredi dans le détroit d’Ormuz entre l’Iran et les États-Unis, nouveaux accrocs au cessez-le-feu au moment où Washington attend une réponse de Téhéran à sa dernière proposition en vue de mettre durablement fin aux hostilités.

Washington fait pression pour que les discussions aboutissent à un accord de paix, alors que Beyrouth veut d’abord consolider le cessez-le-feu et obtenir le retrait d’Israël du Liban.

Après l’entrée en vigueur de la trêve, l’armée israélienne a établi en territoire libanais une «ligne jaune» à une dizaine de km de la frontière.

Elle a indiqué mardi qu’au cours de la semaine écoulée, ses soldats avaient mené une «opération spéciale visant à retirer des infrastructures terroristes dans la zone du Litani».

Des médias israéliens ont rapporté que des troupes avaient dépassé le fleuve Litani, à une trentaine de km de la frontière.

Interrogée par le bureau de l’AFP à Jérusalem, l’armée israélienne a indiqué ne pas pouvoir confirmer si les soldats avaient franchi le fleuve, mais a publié des photos montrant des soldats marchant sur un pont le traversant.