Conflit au Moyen-Orient

Trump affirme que l’Iran demande un cessez-le-feu, Téhéran dément

Déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines, le conflit au Moyen-Orient ne présente pas de signe de répit.

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Un panneau d'affichage montre l'image d'un avion de l'armée de l'air américaine en flammes, le nom du chef militant irakien Abou Mahdi al-Muhandis, tué lors d'une frappe américaine en 2020, ainsi que la phrase en arabe « Ils ne seront plus en sécurité. Par Dieu, nous ne les épargnerons pas », à Bagdad, en Irak, le lundi 23 mars 2026. Un panneau d'affichage montre l'image d'un avion de l'armée de l'air américaine en flammes, le nom du chef militant irakien Abou Mahdi al-Muhandis, tué lors d'une frappe américaine en 2020, ainsi que la phrase en arabe « Ils ne seront plus en sécurité. Par Dieu, nous ne les épargnerons pas », à Bagdad, en Irak, le lundi 23 mars 2026. (Leo Correa/AP)

Donald Trump a assuré mercredi que le président iranien réclamait un cessez-le-feu, mais a exclu toute trêve sans réouverture de détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le pétrole du Moyen-Orient et dont le blocage par l’Iran déstabilise l’économie mondiale.

Le pouvoir iranien a rejeté les affirmations du président américain.

Les propos du dirigeant américain sur son réseau Truth social interviennent avant un discours plus solennel prévu à 21h et sa première allocution à la nation depuis le début d’un conflit.

Mardi, M. Trump, qui alterne propos rassurants et belliqueux, avait évoqué la fin du conflit d’ici «deux, peut-être trois semaines».

Selon sa publication de mercredi, le président iranien, Massoud Pezeshkian, «vient de demander un CESSEZ-LE-FEU». M. Trump a cependant écrit qu’il n’envisagera de trêve que «quand le détroit d’Ormuz sera ouvert», faute de quoi l’Iran sera bombardé «jusqu’à l’anéantissement».

Le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, cité par la télévision d’État, a balayé des affirmations «fausses et dénuées de tout fondement».

De son côté, Massoud Pezeshkian avait évoqué mardi une volonté «de mettre fin» au conflit, mais listé des exigences, comme des garanties de sécurité et des compensations financières.

Le conflit déclenché le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l’Iran a fait des milliers de morts, ébranle l’économie mondiale, a conduit à des bombardements iraniens de pays du Golfe et d’Israël, et à de nouvelles hostilités entre forces israéliennes et le mouvement pro-iranien libanais Hezbollah.

Économies malmenées

De nouvelles attaques aériennes ont secoué mercredi Téhéran.

S’agissant du détroit d’Ormuz, par où transite habituellement un cinquième du pétrole mondial, M. Trump avait jugé mardi que son blocage n’était plus son problème, avant finalement de conditionner mercredi un cessez-le-feu à sa réouverture.

La quasi-fermeture de ce passage maritime a entraîné une envolée des cours du pétrole et donc de l’énergie, nourrissant la peur d’une inflation durable.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont réaffirmé mercredi que le détroit resterait fermé aux «ennemis» du pays, opposant une nouvelle fin de non-recevoir au président américain.

Ils ont aussi confirmé avoir frappé un pétrolier dans le Golfe, assurant qu’il était israélien. Le Qatar avait indiqué plus tôt qu’il était affrété par Qatar Energy.

Néanmoins, portés par un espoir d’une désescalade, les Bourses européennes ont terminé en hausse mercredi. Et le baril de pétrole Brent, référence mondiale, est à la baisse, mais reste au-dessus de 100$.

Les répercussions économiques du conflit continuent pourtant de se faire sentir partout dans le monde.

Le premier ministre australien Anthony Albanese a prévenu que les mois à venir «pourraient ne pas être faciles» en raison de l’impact énergétique du conflit.

En Allemagne, les principaux instituts économiques ont revu à la baisse la croissance à 0,6% en 2026, divisant par deux la précédente prévision.

Les pays du Golfe ont, eux, été visés par de nouvelles attaques iraniennes. Aux Émirats, un Bangladais a été tué et un ressortissant indien blessé par des débris après l’interception de drones. La Banque Nationale du Koweït a annoncé fermer son siège pendant deux jours en raison de frappes.

Le pétrole hésite, suspendu à davantage de nouvelles sur le conflit au Moyen-Orient Prix du pétrole: les investisseurs restant circonspects quant à une accalmie sur le front du conflit au Moyen-Orient, après de nouvelles déclarations de Donald Trump.

«Nous résisterons»

Israël a également poursuivi ses bombardements, annonçant une «vague de frappes de grande ampleur» dans Téhéran.

De puissantes explosions ont retenti mercredi après-midi dans l’ouest de la ville, selon un journaliste de l’AFP. La télévision d’État avait annoncé plus tôt des détonations dans le nord, l’est et le centre de la capitale.

Mercredi soir, le gouverneur adjoint de la province d’Ispahan (centre),  Akbar Salehi, a indiqué à l’agence de presse Mehr que l’aéroport de la ville de Kashan avait subi une attaque américano-israélienne, faisant état de dommages.

À Téhéran, malgré les frappes, des milliers d’Iraniens ont assisté aux funérailles du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, tué par une frappe israélienne. «Vengeance», proclame en anglais une pancarte tenue par un enfant.

«Cela fait un mois que ça dure (…) et nous avons tenu bon, nous résisterons jusqu’au bout», affirme à l’AFP M. Nowruzi, un retraité de 57 ans.

Le gouvernement israélien a de son côté estimé qu’une partie de ses objectifs était atteint, en portant «un coup sévère à deux menaces existentielles», à savoir les programmes nucléaires et balistiques iraniens.

Une campagne pas terminée

«La campagne n’est pas terminée», a cependant insisté le premier ministre Benjamin Netanyahou.

Son pays est aussi toujours ciblé par des tirs de missiles iraniens, et les secours y ont fait état de 14 blessés, dont une fillette touchée grièvement.

À Tel-Aviv et dans sa région, l’AFP a vu des enfants pris en charge par les secouristes, ou encore des voitures endommagées et des fenêtres brisées dans un immeuble d’habitation.

Des personnes se tiennent près d'une camionnette endommagée, au milieu de débris éparpillés, à la suite d'une frappe israélienne à Beyrouth, au Liban, le mercredi 1er avril 2026. Des personnes se tiennent près d'une camionnette endommagée, au milieu de débris éparpillés, à la suite d'une frappe israélienne à Beyrouth, au Liban, le mercredi 1er avril 2026. (Hassan Ammar)

Israël a aussi essuyé une nouvelle attaque des Houthis, groupe rebelle yéménite allié de Téhéran.

Au Liban, le bilan d’un mois de frappes israéliennes s’élève désormais à plus de 1 300 personnes tuées, selon le ministère de la Santé. Le gouvernement a fait état mercredi de sept morts dans la région de Beyrouth. Un haut responsable du Hezbollah a notamment été tué dans un bombardement.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans le conflit le 2 mars en lançant une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei.

Israël a enfin averti prévoir d’occuper une partie du sud du Liban une fois le conflit terminé.