Conflit au Moyen-Orient

Des frappes israéliennes font une douzaine de morts à Gaza, dont des policiers

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Des ambulanciers palestiniens arrivent à l'hôpital Al-Aqsa avec le corps d'une personne tuée dans une frappe israélienne sur un immeuble de Deir el-Balah, dans la bande de Gaza, le 15 juin 2026. Photo AP Des ambulanciers palestiniens arrivent à l'hôpital Al-Aqsa avec le corps d'une personne tuée dans une frappe israélienne sur un immeuble de Deir el-Balah, dans la bande de Gaza, le 15 juin 2026. Photo AP (Abdel Kareem Hana)

Les frappes aériennes israéliennes ont fait au moins une douzaine de morts à Gaza ces deux derniers jours, ont déclaré mercredi les autorités sanitaires locales, alors que ces attaques se poursuivent presque quotidiennement malgré le cessez-le-feu conclu avec le Hamas il y a plusieurs mois.

Mercredi, trois membres d’une même famille ont été tués dans le centre de Gaza, ont indiqué des responsables de l’hôpital Al-Aqsa.

Mardi, une femme et six policiers figuraient parmi les victimes d’une frappe aérienne visant un commissariat de police dans le camp de réfugiés de Jabaliya, une zone densément peuplée du nord de Gaza, ont indiqué des responsables de l’hôpital.

Un homme a trouvé la mort lors du bombardement d’un campement à Khan Younis, dans le sud, ont précisé des responsables de l’hôpital Nasser. Un enfant a été tué par les forces israéliennes dans la région de Muwasi, aux abords de Rafah, la ville la plus au sud de la bande de Gaza, selon des responsables hospitaliers.

L’armée israélienne n’a pas immédiatement commenté les frappes menées dans le centre et le sud de Gaza. Dans un communiqué concernant l’attaque de Jabaliya, elle a affirmé que quatre des policiers tués étaient des militants du Hamas, sans toutefois fournir de preuves quant à l’implication des personnes tuées dans la planification ou l’exécution d’attaques.

L’un de ces officiers, le colonel Mohamad Marwan Salem, était un haut responsable de la police et chef du commissariat de Jabaliya, a indiqué le ministère de l’Intérieur dirigé par le Hamas.

Des policiers visés

Le Hamas dispose d’une branche armée ainsi que d’une police civile et de services de sécurité placés sous la tutelle de son ministère de l’Intérieur. Tout au long de la guerre, Israël a pris pour cible la police locale, y compris les agents chargés d’escorter les convois d’aide humanitaire.

L’armée israélienne a affirmé qu’elle considérait les commissariats de police comme des cibles légitimes s’ils «sont utilisés pour mener des activités militaires, ou si les personnes présentes sont des agents militaires impliqués dans l’exécution d’activités terroristes».

Elle n’a pas précisé quelles activités militaires elle estimait avoir lieu au commissariat de Jabaliya, ni fourni de preuves indiquant que des attaques étaient en train d’être planifiées. Le Hamas soutient que les forces de police sont chargées de maintenir l’ordre public.

Les attaques israéliennes contre la police de Gaza ont été condamnées par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme.

Il a déclaré le mois dernier que des membres des forces policières avaient été attaqués au moins une douzaine de fois en 2026, notamment «lors d’opérations ordinaires de maintien de l’ordre, notamment lors de la régulation de la circulation et de patrouilles dans les rues et sur les marchés».

«La nature de ces attaques fait craindre que les forces israéliennes ne fassent aucune distinction entre les membres des forces de police et les combattants appartenant à des groupes armés à Gaza», a-t-il écrit dans un communiqué du 3 juin.

Ofer Guterman, chercheur à l’Institut israélien d’études sur la sécurité nationale, a déclaré que le fait qu’Israël vise ces cibles suggère qu’il considère certaines parties de l’appareil policier du Hamas comme étroitement intégrées à son infrastructure militaire, notamment par le biais de personnel à double fonction et de l’utilisation d’installations pour le stockage d’armes, les opérations et la logistique.

Le fragile accord de cessez-le-feu conclu en octobre visait à mettre fin à une guerre de deux ans entre Israël et le Hamas.

Les combats les plus violents se sont apaisés, mais au moins 1123 personnes ont été tuées à Gaza depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, selon le ministère de la Santé du territoire.

Ce ministère, qui fait partie du gouvernement dirigé par le Hamas, tient des registres détaillés des victimes, jugés globalement fiables par les agences des Nations unies et les experts indépendants. Il ne fournit pas de ventilation entre civils et militants, mais indique que les femmes et les enfants constituent la majorité des victimes.

Des militants ont mené des attaques à l’arme à feu contre des soldats, et Israël soutient que ses frappes constituent une riposte à ces actes ainsi qu’à d’autres violations. Cinq soldats israéliens ont été tués depuis le cessez-le-feu.

La guerre a éclaté après l’attaque menée par le Hamas contre le sud d’Israël le 7 octobre 2023, qui a fait environ 1200 morts et 251 otages.

L’offensive de représailles israélienne à Gaza a causé la mort de plus de 73 264 Palestiniens, y compris ceux tués depuis le cessez-le-feu, selon le ministère de la Santé de Gaza.