🌍 Conflit au Moyen-Orient

De Gaza à Ramallah, peu d’espoir de changement après les législatives israéliennes

«Il est impératif qu’une voix plus humaine s’élève au sein de la société israélienne pour exiger la fin de cette guerre.»

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Israël: Netanyahou se bat pour sa survie aux premières élections depuis le 7 octobre Israël: Netanyahou a multiplié les attaques contre les partis arabes, affirmant que certains membres tentaient de «voler» l’élection.

Un Benjamin Netanyahou reconduit avec ses alliés d’extrême droite ou un gouvernement plus modéré mené par Gadi Eisenkot : à Gaza et en Cisjordanie occupée, les Palestiniens guettent l’issue des législatives en Israël avec inquiétude. Et sans vrai espoir d’amélioration.

«Nous craignons que ces élections n’entraînent l’émergence (d’une politique) encore pire» qui se traduirait «par une destruction et une dévastation accrues pour Gaza», dit à l’AFP Huda Al-Houli, une déplacée de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza ravagée par la guerre entre Israël et le Hamas.

«Il est impératif qu’une voix plus humaine s’élève au sein de la société israélienne pour exiger la fin de cette guerre, quel que soit le résultat des élections israéliennes», plaide-t-elle.

À Ramallah, en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967, Ahmed Awad, 67 ans, ne croit pas davantage à un bouleversement, devant l’ancrage à droite de la société israélienne.

Des membres des forces israéliennes arrivent près d'une route barrée empêchant les Palestiniens d'accéder aux oliveraies pour la récolte des olives, dans la ville de Turmus Ayya, en Cisjordanie, ce mercredi 21 octobre 2026. Photo AP Des membres des forces israéliennes arrivent près d'une route barrée empêchant les Palestiniens d'accéder aux oliveraies pour la récolte des olives, dans la ville de Turmus Ayya, en Cisjordanie, ce mercredi 21 octobre 2026. Photo AP (Leo Correa)

«Quels que soient les résultats du scrutin, et même si les acteurs changent, je ne pense pas qu’il y aura de changement radical ou spectaculaire dans les politiques relatives au conflit israélo-palestinien», souligne-t-il.

Après le dépouillement de 85% des bulletins des législatives de mardi, le camp de Benjamin Netanyahou arrive en tête, mais sans majorité qui se dessine, laissant planer l’incertitude sur le prochain gouvernement.

«Rien de révolutionnaire»

Ce scrutin, le premier depuis l’attaque du mouvement palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 intervient, intervient dans un contexte de frappes israéliennes régulières à Gaza, malgré le cessez-le-feu d’octobre 2025, et d’intensification des violences de colons contre les Palestiniens en Cisjordanie.

Pour M. Netanyahou, qui joue sa survie politique, plusieurs scénarios restent ouverts: reconduire son alliance avec l’extrême droite, former une coalition plus large ou se retrouver dans une impasse électorale.

En cas de maintien de la coalition actuelle, le ministre d’extrême droite Itamar Ben Gvir a déjà fait savoir qu’il briguerait le portefeuille de la Défense, avec comme priorité l’expulsion de la population de Gaza.

Si M. Netanyahou restait au pouvoir, «ce serait une évolution négative. Q’importe la coalition qu’il formerait, il continuerait sur la même voie», estime Abdallah Abou Rahma, 54 ans.

Mais cet habitant de Ramallah veut croire en une issue «meilleure que ce que nous avons connu ces dernières années».

Pour Beth Oppenheim, chercheuse au Conseil européen pour les relations internationales (ECFR), un gouvernement mené par Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major israélien, pourrait contenir l’influence de l’extrême droite favorable aux colonies, faciliter le fonctionnement de l’Autorité palestinienne ou encore assouplir les positions israéliennes sur l’aide humanitaire et le cessez-le-feu à Gaza.

Mais «rien de révolutionnaire» ne serait à attendre, et «certainement pas un changement de paradigme en ce qui concerne la création d’un État palestinien et le processus de paix», souligne-t-elle, ces questions étant largement exclues du débat politique, «surtout depuis l’attaque du 7 octobre».

Risque de surenchère

Une reconduction de M. Netanyahou signifierait, à l’inverse, la poursuite des politiques actuelles, notamment l’expansion des colonies et l’impunité des violences de colons, poursuit-elle.

Yousef Munayyer, directeur du programme Palestine-Israël de l’Arab Center Washington, va plus loin: même une défaite de l’actuel Premier ministre pourrait aggraver la situation des Palestiniens à court terme, et donc leurs «inquiétudes (…) sont tout à fait justifiées».

Il rappelle que Gadi Eisenkot a lui-même siégé au cabinet de guerre israélien pendant l’offensive à Gaza. Un gouvernement alternatif, fragile et attaqué par Benjamin Netanyahou sur sa droite, pourrait chercher à démontrer sa fermeté en adoptant une politique plus agressive encore.

Les défis de l’accord sur le désarmement du Hamas et un retrait israélien de Gaza Voyez le compte-rendu de la situation de Juliette Poireau.

En Cisjordanie, les violences pourraient même s’intensifier si l’extrême droite quittait le pouvoir, avec la possibilité que les colons défient le nouvel exécutif.

«Il est important de comprendre que la plupart des actes de violence qu’ils commettent sont de nature structurelle», explique l’expert. «Cela tient au fait qu’ils vivent dans des zones qui encerclent la population palestinienne (…) et qu’il n’existe aucune force de protection pour les Palestiniens».

À Gaza, Adnan al-Assar ne nourrit guère d’illusions. «Tous agissent selon une seule et même politique, dirigée contre le peuple palestinien».