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Xi prévient Trump du risque de «conflit» sur Taïwan au sommet des grandes puissances

«La question de Taïwan est la plus importante dans les relations sino-américaines», a dit le président chinois.

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Xi déroule le tapis rouge à Trump sur fond de tensions multiples Donald Trump est arrivé en Chine alors qu'il s'agit de la première visite pour un président américain depuis 2017.

Le président Xi Jinping a émis jeudi une sévère mise en garde à l’adresse de son homologue Donald Trump sur le risque de «conflit» au sujet de Taïwan, dès l’ouverture d’un sommet, placé sous le signe de multiples tensions bilatérales et globales.

Sur un mode plus conciliant, M. Xi a promis d’ouvrir davantage son pays aux entreprises étrangères, y compris américaines. La Maison-Blanche a fait état d’une convergence de vues entre MM. Trump et Xi sur la nécessité que le détroit d’Ormuz reste ouvert.

En dehors de propos faisant assaut de cordialité devant les caméras au début des entretiens, M. Trump est resté inhabituellement discret à l’entame de son séjour. Il a promis un «avenir fabuleux» aux relations entre États-Unis et Chine.

Les propos de M. Xi sur Taïwan rapportés par la télévision d’État alors que les discussions avec M. Trump étaient toujours en cours ont détonné.

«La question de Taïwan est la plus importante dans les relations sino-américaines. Si elle est bien traitée, les relations entre les deux pays (Chine et États-Unis) pourront rester globalement stables. Si elle est mal traitée, les deux pays se heurteront, voire entreront en conflit», a déclaré M. Xi, employant un mot en mandarin ne signifiant pas nécessairement conflit militaire.

La Chine considère Taïwan comme l’une de ses provinces, qu’elle n’a pas réussi à unifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Elle plaide pour une solution pacifique mais se réserve la possibilité de recourir à la force.

Tapis rouge

La politique américaine sur Taïwan repose sur un soutien militaire robuste à l’île, sans reconnaissance à part entière ni soutien ouvert aux velléités d’indépendance.

La question de Taïwan est l’un des sujets de crispation qui abondent à l’ouverture du sommet: relations commerciales, conflit avec l’Iran, accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle… autant de querelles aux prolongements internationaux.

M. Trump entend faire pression pour que la Chine, un partenaire stratégique et économique primordial de l’Iran — elle est le principal pays importateur de son pétrole — use de son influence en vue d’une sortie de crise dans le Golfe, avait dit préalablement l’administration.

L’Iran écarte tout compromis après le rejet de sa proposition par Trump L’impasse diplomatique se prolonge au Moyen-Orient: le pouvoir iranien a écarté mardi l’idée d’amender ses propositions pour mettre durablement fin à la guerre, qui sont jugées par le président Donald Trump comme bonnes «à mettre à la poubelle».

MM. Trump et Xi «ont convenu que le détroit d’Ormuz devait rester ouvert afin de garantir la libre circulation des produits énergétiques», a dit la Maison-Blanche. Son compte rendu n’évoque pas le sujet de Taïwan.

Mais, selon la Maison-Blanche, M. Xi a exprimé son intérêt pour acheter davantage de pétrole américain pour réduire sa dépendance aux importations transitant par le détroit d’Ormuz. La Chine n’a pas évoqué un tel intérêt dans son propre compte rendu.

Au-delà du caractère exceptionnel de la visite, la première d’un président américain depuis celle que M. Trump avait lui-même effectuée en 2017, le sommet est largement présenté comme l’occasion pour les deux parties de maintenir une certaine stabilité entre les deux premières puissances économiques mondiales et de ne pas envenimer les crises existantes.

M. Xi a déroulé le tapis rouge à Donald Trump à son arrivée au monumental Palais du Peuple, haut lieu du pouvoir jouxtant au cœur de la capitale l’immense place Tiananmen pavoisée aux couleurs chinoises et américaines.

Après avoir passé en revue une garde militaire au son d’une salve de canons, puis salué une foule d’enfants portant des fleurs et agitant les drapeaux des deux pays en scandant «bienvenue, bienvenue, chaleureuse bienvenue!», MM. Xi et Trump sont rapidement entrés dans le dur des sujets qui fâchent.

«Stabilité»

Avant que les portes ne se referment sur les journalistes pour deux heures et quart d’entretiens, M. Trump, qui croit fort dans les relations personnelles entre puissants, a proclamé son «honneur d’être à (ses) côtés» et «l’honneur d’être (son) ami». Il a promis des relations bilatérales «meilleures que jamais» et «un avenir fabuleux».

M. Trump n’a évoqué spécifiquement aucune des querelles du moment, se concentrant sur les affaires qu’il espère voir réaliser par les nombreux chefs d’entreprise qui l’ont accompagné.

En haut de la liste de vœux de Washington figurent des accords dans le domaine de l’agriculture par exemple et peut-être la confirmation d’une commande massive d’avions auprès de Boeing.

M. Xi a promis devant les patrons américains que les portes de son pays allaient «s’ouvrir toujours plus grand», selon un média d’État.

MM. Xi et Trump se sont entendus pour désigner désormais les rapports sino-américains comme une «relation de stabilité statégique constructive», ont dit les Affaires étrangères chinoises.

Les deux superpuissances se sont livré en 2025 une farouche guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples, dès après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.

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«Pas des rivaux»

MM. Xi et Trump ont conclu en octobre une trêve dont les suites devraient figurer parmi les sujets de discussion du sommet. Le sommet a été précédé de consultations commerciales en Corée du Sud. Elles ont eu des «résultats généralement équilibrés et positifs», a dit Pékin.

Depuis octobre, la Chine ressent directement l’impact d’autres politiques conduites par M. Trump, au Venezuela et plus encore en Iran.

«Nous devons être des partenaires, pas des rivaux», a dit M. Xi à M. Trump.