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Visite d’un groupe hindou à la tour Eiffel: le monument rouvre après une grève

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La Tour Eiffel rouvre ses portes après une grève d'une journée organisée pour protester contre les restrictions imposées aux femmes lors de la visite d'une délégation hindoue, à Paris, mardi 8 septembre 2026. La Tour Eiffel rouvre ses portes après une grève d'une journée organisée pour protester contre les restrictions imposées aux femmes lors de la visite d'une délégation hindoue, à Paris, mardi 8 septembre 2026. (Christophe Ena/AP Photo/Christophe Ena)

La tour Eiffel a rouvert mardi au lendemain d’une grève des salariés, «choqués» par la mise à l’écart des femmes employées à la visite du célèbre monument français lors de la venue d’un groupe religieux hindou qui a présenté des excuses.

Le monument, qui a vu monter dans ses étages 6,75 millions de visiteurs en 2025, a rouvert comme prévu à 9h30, a constaté un journaliste de l’AFP.

Le mouvement spirituel hindou Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha (BAPS), critiqué comme conservateur et nationaliste par une partie de la diaspora indienne, a consacré dimanche son premier temple majeur en France à 30 kilomètres de Paris.

Ce temple, ou «mandir», est présenté comme le plus grand temple hindou construit en Europe continentale dans un style traditionnel. Et, pour l’événement, une délégation a effectué samedi une excursion en bateau sur la Seine et visité la tour Eiffel.

Or, selon un communiqué transmis par le syndicat CGT, des consignes avaient été données au personnel qui ont «conduit les femmes salariées à être écartées, remplacées et rendues invisibles en raison de leur sexe».

«Certaines (femmes) ont été invitées à quitter leur poste et à se mettre à l’écart dans des locaux. À certains postes, elles ont été remplacées par des hommes. Et toutes les femmes salariées ont reçu la consigne de ne pas passer ou de ne pas traverser certaines zones pendant la présence de la délégation», selon ce communiqué du personnel.

Une situation «grave et profondément contraire aux valeurs d’égalité et de non-discrimination», selon le communiqué, qui a conduit le personnel à se mettre en grève. Lundi, le monument est resté fermé tandis que des rencontres ont eu lieu entre direction et personnel.

La Société d’exploitation de la tour Eiffel (SETE) a reconnu que la délégation hindoue avait demandé que la visite soit organisée en limitant les «interactions avec les femmes» et admis que «ces conditions n’auraient pas dû être acceptées».

«Pas acceptable»

«Il n’est pas acceptable que (les) conditions» exigées par la délégation hindoue «puissent être tolérées», a réagi sur X le maire socialiste de Paris, Emmanuel Grégoire, ajoutant qu’une enquête serait «diligentée dans les plus brefs délais».

«On va faire la lumière sur ce qui s’est passé et on en tirera les conséquences», a affirmé à l’AFP un autre responsable, le président de la SETE Ariel Weil, élu socialiste parisien.

Le BAPS, lui, a formulé des excuses, mais nuancé les critiques.

«À notre connaissance, à aucun moment l’accès à la tour Eiffel n’a été refusé à qui que ce soit», a écrit sur X le BAPS de Paris lundi soir.

«Nous tenons néanmoins à présenter nos sincères excuses à toute personne qui aurait pu être blessée ou gênée par cette situation», a-t-il ajouté, précisant que la visite s’était déroulée «au début des horaires habituels d’ouverture, afin de limiter autant que possible toute gêne pour les autres visiteurs».

Dimanche, des milliers d’hindous ont célébré à Bussy-Saint-Georges à 30 km à l’est de la capitale française, la consécration du premier temple majeur bâti en France par l’organisation BAPS.

Avec ses dômes et ses flèches de pierres ciselées, il est présenté comme «un emblème de la culture indienne et de l’hindouisme».

Au sommet de l’édifice flottaient les drapeaux du mouvement spirituel Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha (BAPS), fondé en 1907 dans l’État indien du Gujarat.

L’organisation revendique un réseau mondial de plus de 1 300 «mandirs» (temples en hindi), parfois inaugurés par le premier ministre indien Narendra Modi lui-même.

Les visées de BAPS sont contestées par une partie de la diaspora indienne, comme l’association Indian Alliance Paris, qui a vu dans l’inauguration de son nouveau temple en France une nouvelle offensive du «suprémacisme hindou», avec «une vision du monde conservatrice et hindou-nationaliste».