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Viol collectif présumé à l’Université Cornell: la plaignante a été «abandonnée» par ceux qui devaient la protéger

La gouverneure de l’État de New York a également critiqué le service de police de l’Université Cornell pour ne pas avoir transmis intégralement le récit de la plaignante aux procureurs.

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Viol collectif présumé à Cornell: la plaignante a été «abandonnée» par ceux qui devaient la protéger La gouverneure de New York, Kathy Hochul, a affirmé vendredi que la femme qui a accusé des membres d’une fraternité de l’Université Cornell de viol collectif avait été «laissée pour compte» par les personnes tenues de la protéger, notamment la police et le procureur du comté.

La gouverneure de New York, Kathy Hochul, a affirmé vendredi que la femme qui a accusé des membres d’une fraternité de l’université Cornell de viol collectif avait été «laissée pour compte» par les personnes chargées de la protéger, notamment la police et le procureur du comté.

Mme Hochul a tenu ces propos lors d’une conférence de presse au cours de laquelle elle a donné des détails sur sa décision de confier l’affaire à une procureure spéciale, la procureure générale de l’État, Letitia James.

La gouverneure a expliqué avoir pris cette décision après avoir pris connaissance de «détails troublants» concernant la manière dont les autorités avaient traité les allégations de la jeune femme jusqu’à présent.

Elle a notamment pointé le fait que le procureur du district ait classé l’affaire sans qu’aucune personne n’ait interrogé la victime ou toute autre personne impliquée dans l’agression présumée.

Elle a également critiqué le service de police de l’université Cornell pour ne pas avoir transmis intégralement le récit de la jeune femme aux procureurs.

«Dans quel monde le procureur du district ne l’interroge-t-il même pas, ni aucune autre personne impliquée, ni ne demande-t-il la transcription intégrale? s’est interrogée Mme Hochul. Cette femme, cette jeune femme, avait déjà enduré quelque chose d’absolument indicible. Et puis, à chaque étape, elle a été laissée pour compte par des personnes et des institutions qui avaient l’obligation de la protéger.»

Mme Hochul a déclaré jeudi qu’elle avait chargé le bureau de la procureure générale James de superviser l’affaire, car elle avait perdu confiance dans la capacité du procureur local à la traiter.

L’enquête avait initialement été classée sans suite en 2024.

Le mois dernier, la jeune femme a intenté une action en justice et le procureur du comté de Tompkins, Matthew Van Houten, a rouvert l’enquête. Il a depuis été la cible de nombreuses critiques, qui lui reprochent d’avoir abandonné trop rapidement l’enquête initiale.

La procureure générale supervisera l’enquête et, si cela s’avère justifié, présentera des éléments de preuve devant un grand jury, a annoncé Mme Hochul.

«La jeune femme au cœur de cette affaire mérite de savoir que chaque fait sera examiné et que justice sera rendue», a insisté jeudi la gouverneure dans un communiqué.

«La jeune femme au cœur de cette affaire mérite de savoir que chaque fait sera examiné et que justice sera rendue.»

—  Extrait d'un communiqué de la gouverneure de l'État de New York, Kathy Hochul

Le procureur Van Houten n’a pas immédiatement répondu aux messages envoyés jeudi pour obtenir ses commentaires.

Cette affaire a secoué le campus de cette université et a soulevé des questions quant à la manière dont le prestigieux établissement a réagi, ainsi qu’à la question plus large de la gestion des agressions sexuelles sur les campus universitaires.

La jeune femme, identifiée uniquement sous le nom de Jane Doe dans les documents judiciaires, a rapporté à la police du campus en novembre 2024 qu’elle avait été victime d’une agression sexuelle, puis en a discuté avec les enquêteurs internes de l’université dans le cadre de la procédure disciplinaire de Cornell.

La résidence de la fraternité Chi Phi à l'université Cornell, à Ithaca, lundi. (Heather Ainsworth/AP via CNN Newsource) La résidence de la fraternité Chi Phi à l'université Cornell, à Ithaca, lundi. (Heather Ainsworth/AP via CNN Newsource)

La plainte déposée contre sept membres de la fraternité, l’université, la fraternité Chi Phi et d’autres parties allègue qu’elle a été droguée et alcoolisée, puis soumise à des actes sexuels par un groupe d’hommes alors qu’elle était partiellement ou totalement inconsciente. L’un des hommes a envoyé un message sur les réseaux sociaux à d’autres membres de la fraternité pour les alerter de ce qui se passait et les inviter à y prendre part, selon la plainte.

Les avocats de deux des hommes qu’elle poursuit ont nié toute participation à une agression sexuelle. L’un d’eux a déclaré que son client n’avait pas touché la jeune femme. Les tentatives de l’Associated Press pour joindre les autres hommes ou leurs représentants ont été vaines.

Par le passé, les gouverneurs de New York ont déjà fait appel à des procureurs généraux pour superviser des affaires importantes.

En 2018, le gouverneur de l’époque, Andrew Cuomo, avait nommé Madeline Singas, alors procureure du comté de Nassau, au poste de procureure spéciale chargée d’enquêter sur Eric Schneiderman, qui avait démissionné de son poste de procureur général de l’État de New York après que des femmes l’eurent accusé de gifles violentes, d’étranglements et d’autres abus.

En 2021, la procureure générale Letitia James a supervisé une enquête non pénale sur des allégations de harcèlement sexuel visant le gouverneur de l’époque, Andrew Cuomo, ce qui a conduit à sa démission. Andrew Cuomo avait d’abord tenté de choisir la personne qui dirigerait l’enquête sur ces allégations. Il a ensuite autorisé Letitia James à désigner deux avocats indépendants pour la mener à sa place.

Le bureau de Mme James traite également d’autres affaires pénales et dispose, en vertu de la loi de l’État, du pouvoir d’enquêter sur tous les décès impliquant les forces de l’ordre dans l’État. Cependant, en règle générale, elle ne peut pas ouvrir d’enquêtes pénales sans qu’une affaire lui soit transmise par un procureur de district local, le gouverneur ou une agence d’État, ou sans une nomination telle que celle effectuée jeudi par Mme Hochul.