L’ancien candidat de l’opposition vénézuélienne, Edmundo González, a réclamé samedi la tenue d’élections présidentielles alors que l’on approche du cap des cinq mois du mandat de la présidente par intérim, Delcy Rodríguez, dans le sillage de l’intervention militaire américaine qui a renversé Nicolás Maduro en janvier.
Cet ancien diplomate de 76 ans a été reconnu par plusieurs pays comme le vainqueur légitime des élections de juillet 2024, dans un contexte de crise postélectorale et de manifestations de rue, l’opposition ayant dénoncé une fraude.
Les résultats électoraux attestant de la victoire de M. González sur M. Maduro ont été jugés crédibles par les observateurs internationaux.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, M. González a déclaré qu’il était temps de «créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections présidentielles qui servent d’instruments de changement pour les citoyens», de contribuer à la réinstitutionnalisation du pays et de jeter les bases d’un gouvernement stable.
Son message intervient à quelques jours du cinquième mois de l’arrivée au pouvoir de Mme Rodríguez, le 5 janvier, à la suite de l’arrestation de M. Maduro et de son épouse, qui font l’objet de poursuites aux États-Unis.
Ancienne alliée de M. Maduro, Mme Rodríguez a été reconnue comme présidente par l’administration du président américain Donald Trump. Depuis, les deux pays ont progressé sur une série d’accords, dont la levée des sanctions et des négociations dans les secteurs pétrolier et énergétique, ainsi que la normalisation des relations diplomatiques.
Ni Caracas ni Washington n’ont laissé entendre que des élections étaient imminentes au Venezuela. Les États-Unis ont reconnu Mme Rodríguez comme seule cheffe d’État du Venezuela, lui permettant ainsi de rétablir des liens avec les banques occidentales et de travailler plus librement avec les investisseurs américains.
Selon M. González, un processus électoral doit comporter, entre autres conditions non négociables, des «arbitres indépendants», une observation nationale et internationale, un pluralisme politique, la libération des prisonniers politiques et la fin de la persécution.
Le chef de l’opposition a affirmé qu’il était le «gardien» du mandat de ses électeurs, qui ont choisi la «liberté» pour le Venezuela aux élections de 2024. Depuis septembre 2024, M. González est en exil en Espagne après que le gouvernement Maduro a lancé un mandat d’arrêt à son encontre pour complot, usurpation et falsification de documents publics — des accusations qu’il a vigoureusement niées.
M. González s’est fait connaître lorsqu’il a été désigné candidat suppléant de la cheffe de l’opposition, María Corina Machado, qui avait été interdite de participation aux élections.
Mme Machado a récemment rencontré des dirigeants de l’opposition au Panama, plaidant en faveur d’une transition démocratique au Venezuela. Elle a insisté sur le fait qu’elle reviendrait avant la fin de l’année pour se présenter aux élections présidentielles.
