Une voiture piégée a explosé samedi dans le sud-ouest de la Colombie, a indiqué l’armée, au lendemain de la prestation de serment d’Abelardo de la Espriella, nouveau venu sur la scène politique conservatrice, en tant que nouveau président de la Colombie.
L’armée a affirmé que l’attaque avait été perpétrée par deux groupes dissidents des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), aujourd’hui dissoutes.
Ces groupes n’ont pas accepté l’accord de paix signé il y a dix ans par les FARC avec le gouvernement colombien.
L’explosion s’est produite à un péage de la route panaméricaine, l’artère principale du sud-ouest du pays.
L’armée a souligné que deux agents de sécurité avaient été légèrement blessés lors de l’attaque. L’un d’eux a déclaré aux autorités que l’explosion avait été provoquée par un véhicule abandonné par un individu qui s’était enfui à moto.
La route touchée relie les départements du Cauca et de la Valle del Cauca, dont la capitale, Cali, a accueilli vendredi la cérémonie d’investiture de M. de la Espriella.
Lors de son discours d’investiture, il a exposé sa politique de sécurité et a averti les groupes illégaux qu’«ils ont deux voies: se soumettre à l’État de droit ou affronter les forces de sécurité».
L’armée a indiqué samedi sur les réseaux sociaux que des soldats sécurisaient la zone et utilisaient des chiens dressés pour rechercher d’autres engins explosifs. Des débris du véhicule, dont le châssis calciné, étaient éparpillés autour du péage.
L’explosion a réveillé les familles qui vivent dans des maisons situées à quelques mètres de la scène du crime.
Elizabeth Zapata, 57 ans, a raconté avoir senti l’onde de choc «les soulever hors de leur lit» et les vitres voler en éclats. Les membres de sa famille, qui vivent avec plusieurs enfants, «sont arrivés avec des éclats de verre enfoncés dans le dos».
Le gouverneur du Cauca, Jorge Octavio Guzmán, a mentionné aux journalistes qu’il estimait que ces attaques visaient à isoler le département afin de maintenir le contrôle sur des milliers d’hectares.
«Il ne s’agit pas d’un incident isolé; c’est une action systématique.»
— Le gouverneur du département de Cauca, Jorge Octavio Guzmán
La ministre des Transports, Elsa Noguera, a condamné cette attaque et a indiqué que des travaux étaient en cours pour rétablir la circulation dans la région.
«La Colombie ne cédera pas face à la violence, pas plus qu’elle ne permettra la destruction des infrastructures qui relient nos régions», a-t-elle écrit sur les réseaux sociaux.
Samedi également, M. de la Espriella a annoncé le transfert de 117 détenus liés aux pourparlers de paix menés par l’administration précédente vers 8 prisons de haute sécurité.
Selon l’administration pénitentiaire du pays, cette mesure vise à «reprendre le contrôle permanent des prisons» et à «contenir toute capacité des organisations criminelles» à coordonner des activités illicites depuis l’intérieur des établissements pénitentiaires.
M. de la Espriella a rejeté le dialogue avec les groupes armés promu par son prédécesseur, Gustavo Petro.
Sans aucune expérience politique préalable, M. de la Espriella, âgé de 48 ans, avocat et homme d’affaires, a battu de justesse Iván Cepeda, sénateur progressiste et allié de M. Petro, lors d’un second tour électoral en juin, dans un climat politique polarisé.
Son mandat débute dans un contexte d’opposition farouche menée par Petro, qui a refusé de reconnaître sa victoire et a insisté sur des allégations de fraude malgré la déclaration officielle de l’autorité électorale et l’évaluation positive des observateurs internationaux.
